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Trump s'en prend au juge qui a bloqué la rénovation du Kennedy Center

Manifestement irrité par ce dernier revers juridique, le président a déclaré qu’il était «impossible» pour lui d’être «traité équitablement».

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Cette photo du Kennedy Center a été prise à Washington, le 29 mai 2026. Donald Trump a qualifié samedi le juge fédéral qui a bloqué son projet de rénovation du Kennedy Center d’«ennemi anti-Trump». AP/Cliff Owen Cette photo du Kennedy Center a été prise à Washington, le 29 mai 2026. Donald Trump a qualifié samedi le juge fédéral qui a bloqué son projet de rénovation du Kennedy Center d’«ennemi anti-Trump». AP (Cliff Owen)

Donald Trump a qualifié le juge fédéral qui a bloqué son projet de rénovation du Kennedy Center d’«ennemi anti-Trump» et a prédit que ce centre des arts du spectacle de premier plan, qu’il souhaitait fermer pour une rénovation de deux ans, serait «bientôt fermé et ne rouvrirait probablement jamais».

Dans un long message publié samedi sur sa plateforme Truth Social, le président américain s’est indigné de la décision rendue vendredi par le juge fédéral Christopher Cooper, qui a également ordonné que le nom de Donald Trump soit retiré du centre.

Manifestement irrité par ce dernier revers juridique, le président a déclaré qu’il était «impossible» pour lui d’être «traité équitablement», établissant un lien entre la décision du juge Cooper et ses précédentes défaites, notamment le rejet par la Cour suprême, en février, de ses droits de douane généralisés.

Son message visait à défendre le projet, mais ne précisait pas s’il continuerait à le défendre devant les tribunaux. Quelques heures après la décision de Cooper, M. Trump a affirmé qu’il se retirait du projet de rénovation et prenait des dispositions pour céder au Congrès le contrôle de ce qui, jusqu’au second mandat du président républicain, était connu sous le nom de John F. Kennedy Center for the Performing Arts.

La Maison-Blanche n’a pas encore clarifié sa position ni indiqué si M. Trump continuerait à occuper le poste de président du conseil d’administration du Kennedy Center.

Sans fournir de preuves, M. Trump a laissé entendre que l’épouse de M. Cooper, l’avocate Amy Jeffress, était en partie responsable de cette décision. Le président a souligné que Mme Jeffress, associée au cabinet d’avocats Hecker Fink, est une ancienne procureure fédérale qui a occupé le poste de conseillère auprès du ministre de la Justice Eric Holder sous l’administration du président démocrate Barack Obama, qui a nommé M. Cooper à la magistrature.

M. Trump a également souligné que Hecker Fink représente l’ancien président Joe Biden dans un procès contre le ministère de la Justice visant à empêcher la publication d’enregistrements audio et de transcriptions d’entretiens du démocrate obtenus dans le cadre d’une enquête sur la gestion par M. Biden de documents classifiés datant de son mandat de sénateur et de vice-président.

M. Trump a affirmé que le Kennedy Center, nommé en l’honneur du défunt président démocrate et inauguré en 1971, était «rouillé, pourri et infesté de rats et d’insectes», et que le «nouveau bâtiment aurait été incomparable».

Dans sa décision, le juge Cooper a déclaré que le vote du conseil d’administration du centre, le 16 mars, visant à fermer le site était «mal informé et apparemment prédéterminé», sans tenir compte de ses obligations légales.

L’administration Trump avait annoncé que les travaux commenceraient en juillet et dureraient environ deux ans. La décision du juge suspend ces projets pour l’instant.

M. Cooper a également estimé que le conseil d’administration avait «outrepassé ses limites juridiques» en ajoutant le nom de M. Trump au centre. C’est le Congrès qui a donné son nom au Kennedy Center, et seul le Congrès peut le changer, a-t-il affirmé. Le juge a ordonné que le nom de M. Trump soit retiré dans un délai de deux semaines.

Samedi, le président a soutenu que c’était le conseil d’administration, et non lui, qui avait ajouté son nom au centre. «Ils pensaient que ce serait bon pour cette institution moribonde», a-t-il écrit.

Peu après son retour au pouvoir en janvier 2025, il a évincé l’ancienne direction du centre et l’a remplacée par un conseil d’administration trié sur le volet qui l’a nommé président.

M. Cooper a tenu des audiences à la fin avril dans le cadre de deux procès parallèles contestant le projet. L’un des procès a été intenté par un groupe d’organisations de préservation culturelle et historique. L’autre a été intenté par la représentante Joyce Beatty, une démocrate de l’Ohio qui siège d’office au conseil d’administration en raison de son poste au Congrès. Le juge a statué en faveur de la requête de Mme Beatty, mais a rejeté l’autre recours.

Dans son message, M. Trump a également souligné que le cabinet de Mme Jeffress représentait E. Jean Carroll, la chroniqueuse qui a déclaré que le milliardaire l’avait agressée sexuellement dans un grand magasin new-yorkais il y a 30 ans.

Mme Jeffress n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Collin Binkley, The Associated Press