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Trump propose une redevance de 70 000 $ pour les étudiants étrangers souhaitant travailler aux États-Unis

Ce changement porterait un coup dur aux universités américaines.

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A Morehouse College student lines up before the school commencement, May 19, 2024, in Atlanta. (AP Photo/Brynn Anderson, File) Crédit image | (Brynn Anderson)

Le ministère américain de la Sécurité intérieure a proposé mercredi d’instaurer une redevance de 70 000 dollars américains pour les étudiants étrangers souhaitant travailler aux États-Unis, dans le cadre de la dernière initiative en date de l’administration Trump visant à restreindre les inscriptions d’étudiants étrangers.

Un projet de règlement obligerait les établissements à s’acquitter de ces frais pour chaque étudiant participant au programme facultatif de formation pratique (OPT), qui permet aux étudiants d’exercer des emplois en lien avec leur filière pendant ou après leurs études. Les étudiants ont généralement droit à une année de travail après l’obtention de leur diplôme, bien que certains diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques puissent bénéficier de deux années supplémentaires.

Les établissements seraient tenus de verser 70 000 dollars pour la première demande d’inscription au programme de chaque nouvel étudiant, ainsi que 30 000 dollars pour chaque renouvellement.

Ce changement porterait un coup dur aux universités américaines qui recrutent massivement des étudiants étrangers pour générer des revenus liés aux frais de scolarité, ainsi qu’aux entreprises technologiques et à d’autres secteurs qui embauchent de nombreux étudiants internationaux pour des postes techniques.

Le programme OPT permet aux étudiants internationaux d’acquérir une expérience pratique et de pallier les pénuries de main-d’œuvre dans les domaines STEM très demandés, a déclaré Fanta Aw, PDG de la NAFSA, une association représentant l’éducation internationale.

«Éloigner les talents, les perspectives et les aspirations des étudiants internationaux ne fera que nuire à l’innovation américaine, à la croissance économique, au développement de la main-d’œuvre et au leadership mondial», a déclaré Mme Aw dans un communiqué écrit.

Dans un communiqué, le DHS a présenté ces frais comme une réponse à la fraude et aux abus du programme de visas, qu’il a qualifié de «vivier de main-d’œuvre étrangère bon marché».

Le public dispose de 60 jours pour formuler des commentaires sur cette proposition avant que le DHS ne puisse la finaliser et la mettre en vigueur. La proposition pourrait également faire l’objet de recours juridiques de la part d’organismes de l’enseignement supérieur ou d’associations professionnelles, ce qui pourrait retarder son application.

L’administration du président américain Donald Trump exerce des pressions sur les étudiants étrangers de multiples façons, dans le cadre de ses efforts plus larges visant à durcir la politique d’immigration et à réformer l’enseignement supérieur.

L’année dernière, l’administration républicaine a commencé à révoquer soudainement le statut légal de milliers d’étudiants étrangers, en plaçant bon nombre d’entre eux en détention et en les expulsant.

Cet été, l’administration a finalisé un règlement visant à empêcher les étudiants étrangers de rester aux États-Unis plus de quatre ans sans l’autorisation du gouvernement fédéral. Cette mesure a suscité une vive réaction de la part des responsables de l’enseignement supérieur, qui ont estimé qu’elle alourdirait la charge pesant sur les établissements et ont fait remarquer que de nombreux programmes sont, par nature, d’une durée supérieure à quatre ans. Un tribunal fédéral a empêché l’entrée en vigueur de ce règlement en septembre.