Un haut responsable américain a déclaré que le président Donald Trump avait contacté directement Apple pour lui demander de renommer le lac Ontario «lac Amérique».
Le secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, a indiqué lundi à la chaîne Fox Business que le nom de ce plan d’eau pourrait très bientôt changer sur les cartes de la firme à la pomme.
Donald Trump a signé un décret la semaine dernière visant à renommer ce Grand Lac, alors que les tensions entre les deux pays s’intensifiaient à la suite de l’échec des négociations commerciales.
Google Maps a mis à jour son service ce week-end afin d’afficher «lac Amérique» pour les utilisateurs aux États-Unis. L’entreprise a expliqué samedi dans un communiqué publié sur son site web que cette modification avait été effectuée car la base de données des noms géographiques du gouvernement américain avait officiellement renommé le lac.
Les utilisateurs au Canada continueront de voir s’afficher «lac Ontario» sur Google Maps, tandis que les utilisateurs du reste du monde verront les deux noms.
Dans un message publié jeudi sur les réseaux sociaux, le premier ministre Mark Carney a déclaré que les Canadiens savaient que le lac Ontario serait connu sous son nom d’origine «hier, aujourd’hui et pour toujours».
Le lac Ontario, l’un des cinq Grands Lacs, est situé entre l’Ontario et l’État de New York. La province tire son nom de ce lac.
Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a dévoilé samedi à Winona, une petite commune au bord du lac et située près d’Hamilton, un grand panneau portant l’inscription «Lac Ontario, aujourd’hui et pour toujours».
Donald Trump a passé une grande partie du week-end à publier des messages sur les réseaux sociaux au sujet du changement de nom du lac et à tenir des propos inexacts sur le Canada.
Il a affirmé que les entreprises canadiennes s’installaient aux États-Unis et que le Canada exploitait les États-Unis depuis des décennies.
Lundi, des républicains et des membres de l’administration Trump ont multiplié les interventions sur les chaînes d’information américaines pour défendre le changement de nom et les droits de douane imposés par le président américain au Canada.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué à CNBC qu’il allait rencontrer son homologue canadien lors de la réunion des ministres des Finances du G20 en Caroline du Nord cette semaine.
Lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis étaient engagés dans une guerre commerciale de représailles avec le Canada, M. Bessent a répondu : «Je ne pense pas qu’on puisse se livrer à des représailles contre quelqu’un qui est 13 fois plus grand que soi.»
Il a accusé Mark Carney de transformer les négociations commerciales en une «joute politique» et a affirmé que les États-Unis n’étaient pas en guerre avec le Canada.
«Que vont-ils faire? Sortir leurs deux sous-marins du centre commercial d’Edmonton et les lancer à nos trousses ?», a ironisé M. Bessent.
Interrogé sur les tensions commerciales par la chaîne d’information d’extrême droite Newsmax, le député républicain du Maryland Andy Harris a suggéré que les États-Unis fassent de l’Alberta leur 51e État, soulignant qu’il y avait «d’énormes réserves de pétrole là-bas».
«Le socialisme ne fonctionne pas dans l’Ouest canadien, a-t-il affirmé. Beaucoup de ces provinces ne veulent pas être associées à Ottawa et le président en profite.»
Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué le 21 août, les deux pays s’étant mutuellement accusés d’avoir apporté des modifications de dernière minute à un projet d’accord commercial provisoire.
Donald Trump avait d’abord menacé de changer le nom du lac Ontario lors d’un échange verbal avec Doug Ford. Le premier ministre ontarien a qualifié le président américain de «tyran» et de «perdant» le 24 août, tandis que M. Trump a déclaré que M. Ford était une version «moins charismatique» et moins intelligente de son défunt frère Rob.
Le président des États-Unis avait déjà signé l’année dernière un décret similaire visant à rebaptiser le golfe du Mexique «golfe d’Amérique».
Ce décret ne s’applique qu’aux documents et aux services géographiques fédéraux américains, mais certains services de cartographie en ligne et agences de presse américaines ont commencé à l’appeler «golfe d’Amérique».
Avec la contribution de Kyle Duggan à Ottawa
