L’armée sud-coréenne a déclaré mardi qu’il était «inacceptable» que la Corée du Nord accuse Séoul d’être responsable de l’escalade des tensions militaires dans la péninsule, et a prévenu qu’elle riposterait fermement à toute nouvelle provocation.
Kim Yo Jong, sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a jugé lundi la situation «grave» à la frontière avec la Corée du Sud, avertissant que Pyongyang envisageait d’y déployer davantage de moyens de «frappes tactiques».
Elle a en outre affirmé que l’armée sud-coréenne avait diffusé 998 messages «provocateurs» par haut-parleurs et tiré 91 coups de semonce près de la frontière entre le 1er et le 17 octobre.
Mardi, Séoul a déclaré avoir eu recours à la fois à des haut-parleurs et à des coup de semonce en tant que «mesures défensives légitimes», sans préciser le nombre d’incidents.
Mais la Corée du Sud a qualifié les allégations de la Corée du Nord d’«inacceptables» et accusé Pyongyang de «rejeter sans fondement la responsabilité de l’escalade des tensions militaires» sur les forces armées sud-coréennes.
«Il est inacceptable que la Corée du Nord ait qualifié hier nos mesures opérationnelles légitimes de “provocation”», a déclaré Jin Yong-sung, président de l’État-major interarmées sud-coréen, selon un communiqué.
M. Jin a ordonné à l’armée de «réagir avec ferme détermination» si la Corée du Nord venait à mener de nouvelles provocations, ajoute le communiqué.
Pyongyang intensifie ses essais d’armements
En 2024, la Corée du Nord avait envoyé vers le sud des milliers de ballons remplis d’immondices en représailles, selon elle, à des ballons de propagande envoyés par des militants sud-coréens vers son territoire.
La Corée du Sud a ensuite repris, pour la première fois en six ans, ses diffusions de musique K-pop et d’informations internationales notamment, par haut-parleurs à la frontière, tandis que la Corée du Nord a commencé à diffuser des bruits angoissants.
«Ce que la Corée du Nord redoute, ce ne sont pas tant les tirs d’avertissement destinés à repousser ses troupes, mais plutôt les diffusions par haut-parleurs de Séoul et la distribution de tracts anti-nord-coréens», a déclaré à l’AFP Hong Sung-pyo, chercheur à l’Institut coréen des affaires militaires, basé à Séoul.
«Ils sont très sensibles à ce genre de mesures, car celles-ci pourraient révéler des informations que le régime s’efforce de dissimuler : les réalités de la Corée du Sud et de la Corée du Nord», a-t-il ajouté.
Les tensions entre les deux Corées se sont accrues récemment, le Nord doté de l’arme nucléaire ayant intensifié ses essais d’armements ces derniers jours, notamment d’un système de torpille d’un «nouveau type» qui utilise l’intelligence artificielle pour détecter et suivre des cibles.
La Corée du Nord a rejeté les accusations selon lesquelles elle serait responsable de l’explosion de mines qui a blessé trois soldats le mois dernier à l’intérieur de la zone démilitarisée (DMZ), une zone tampon entièrement minée qui sépare les deux Corées depuis l’armistice de 1953.
Une enquête conjointe de la Corée du Sud et du Commandement des Nations unies en Corée a conclu, ce mois-ci, que l’explosion avait été provoquée par des mines nord-coréennes placées dans la zone.
