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Séisme: la Colombie poursuit les recherches sans trop d’espoir

Le séisme de magnitude 7,4, survenu le 10 août, a détruit des milliers de bâtiments et tué près de 300 personnes.

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Colombia Earthquake Un ruban de signalisation délimite un périmètre autour d’un bâtiment qui s’est effondré à la suite du tremblement de terre survenu à Cali, en Colombie, le dimanche 16 août 2026. (Santiago Saldarriaga/AP Photo)

La Colombie a poursuivi dimanche le déblaiement des décombres, près d’une semaine après le puissant séisme qui a dévasté une partie du pays, malgré les faibles chances de retrouver des survivants.

Dans un spectacle de désolation, les pelleteuses sont entrées en action, rompant le silence destiné les premiers jours à détecter des signes de vie sous les décombres.

Le séisme de magnitude 7,4, survenu tôt le 10 août sur la côte pacifique, a détruit des milliers de bâtiments et tué près de 300 personnes. Au moins 140 sont toujours portées disparues.

À Pereira, une des villes les plus dévastées, Andrés Cano, un secouriste âgé de 30 ans, ne cache pas son épuisement.

«Effroyable»: un Français en Colombie raconte la violence «incroyable» du séisme Florent Hugues, qui réside à Santa Rosa de Cabal, située non loin de l'épicentre, raconte avoir été épargné par les débris, mais qu’il reste dévasté alors que nombreux ont tout perdu.

L’espoir de trouver des survivants “est désormais bien faible”, soupire cet étudiant en soins infirmiers.

«On se sent épuisé, c’est surtout une fatigue mentale», confie-t-il encore à l’AFP aux côtés d’un groupe d’amis vêtus de gilets et de casques orange.

Ce séisme constitue la première grande épreuve pour le gouvernement du président conservateur Abelardo de la Espriella, qui a dû faire face à cette situation d’urgence à peine trois jours après son entrée en fonction.

Samedi, il a demandé à son allié américain Donald Trump une suspension temporaire des droits de douane afin d’aider son pays.

L’ouest de la Colombie et la région productrice de café ont été les plus durement touchés.

Près de 27 000 logements ont été détruits, selon l’organisme chargé de la gestion des catastrophes.

Dans les centres d’accueil, des codes QR sont affichés pour que les sinistrés puissent signaler la disparition de leurs proches ou les dégâts subis par leur logement.

À Cali, Jorge Leon, qui marche à côté d’un camion jaune chargé de ses affaires, raconte la “douleur” de devoir «tout recommencer». «J’ai l’impression de vivre un film ou un rêve, je n’arrive pas à réaliser», déclare à l’AFP cet avocat de 41 ans.

«V» et «X» rouges -

Toujours à Cali, un secouriste a tracé un «V» rouge barré d’une ligne horizontale sur le mur d’un immeuble de cinq étages effondré après le séisme, signalant la fin des recherches de survivants.

Les chances de survie diminuent drastiquement après 72 heures.

Mais les secouristes volontaires refusent de baisser les bras. «Même si on nous a dit que plusieurs jours se sont écoulés, nous continuons à chercher des vies car nous voulons garder espoir», a déclaré à l’AFP le professeur Juan Carlos Tabares, 58 ans, qui dirige l’équipe de secours «Valencia» («Courage») avec plusieurs volontaires.

Le maire de Cali, Alejandro Eder, a estimé que la reconstruction de la troisième plus grande ville de Colombie coûtera au moins 3,2 milliards de dollars.

La Colombie a reçu des millions de dollars d’aide de pays comme les États-Unis et d’organisations comme la Banque mondiale.

Dans les villes les plus touchées par le séisme, de nombreux bâtiments ont été marqués d’une croix rouge pour signaler le risque d’effondrement et interdire l’accès aux piétons.