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Rubio émet des doutes quant à la possibilité de négocier un accord avec Cuba

«La préférence de M. Trump est toujours un accord négocié et pacifique. C’est toujours notre préférence. Cela reste notre préférence avec Cuba.»

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Le secrétaire d'État américain Marco Rubio participe à une conférence de presse à l'ambassade des États-Unis à Rome, le vendredi 8 mai 2026. Stefano Rellandini/Pool Photo via AP Le secrétaire d'État américain Marco Rubio participe à une conférence de presse à l'ambassade des États-Unis à Rome, le vendredi 8 mai 2026. Photo AP (Stefano Rellandini)

Le président Donald Trump et le chef de la diplomatie américaine ont de nouveau brandi jeudi le spectre d’une intervention militaire américaine à Cuba, une menace renouvelée qui prend tout son sens au lendemain de l’annonce par l’administration de poursuites pénales à l’encontre de l’ancien dirigeant de l’île, Raúl Castro.

Donald Trump a déclaré que les précédents présidents américains avaient envisagé d’intervenir à Cuba pendant des décennies, mais qu’«il semble que ce soit (lui) qui le fera».

Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué séparément aux journalistes que Cuba constituait une menace pour la sécurité nationale depuis des années en raison de ses liens avec des adversaires des États-Unis et que M. Trump était déterminé à y remédier.

Les États-Unis préfèrent un accord négocié avec Cuba

Marco Rubio, fils d’immigrants cubains qui a longtemps adopté une ligne dure contre les dirigeants socialistes de Cuba, a déclaré que l’administration Trump souhaitait résoudre pacifiquement les différends avec Cuba, mais qu’il doutait que les États-Unis puissent parvenir à une solution diplomatique avec le gouvernement actuel de l’île.

«La préférence de M. Trump est toujours un accord négocié et pacifique. C’est toujours notre préférence. Cela reste notre préférence avec Cuba», a affirmé M. Rubio à Miami avant de monter à bord d’un avion pour se rendre à une réunion de l’OTAN en Suède, puis en Inde.

«Je suis juste honnête avec vous, vous savez, les chances que cela se produise, compte tenu de nos interlocuteurs actuels, ne sont pas élevées», a-t-il ajouté.

Les principaux conseillers de M. Trump — dont M. Rubio, le directeur de la CIA John Ratcliffe et d’autres hauts responsables de la sécurité nationale — ont rencontré des responsables cubains ces derniers mois afin d’explorer les possibilités d’amélioration des relations. Mais la partie américaine est ressortie peu impressionnée de ces discussions, ce qui a conduit à l’imposition de sanctions encore plus sévères à l’encontre du gouvernement cubain la semaine dernière.

Au fil des ans, Cuba s’est habituée à «gagner du temps et à attendre que nous nous lassions», a déclaré M. Rubio. «Ils ne pourront pas attendre que nous nous lassions ni gagner du temps. Nous sommes très sérieux, nous sommes très déterminés.»

Lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis recourraient à la force à Cuba pour changer le système politique de l’île, le secrétaire d’État a répété qu’un règlement diplomatique était préférable, mais a noté que «le président a toujours la possibilité de faire tout ce qu’il faut pour soutenir et protéger l’intérêt du pays».

Il a rejeté la suggestion d’un journaliste selon laquelle cela ressemblait à de la «reconstruction du pays», insistant sur le fait qu’il s’agissait de faire face à un risque pour la sécurité nationale.

Nouvelles menaces après l’annonce par les États-Unis de poursuites

Mercredi, les procureurs fédéraux ont rendu publique une mise en accusation reprochant à Raúl Castro d’avoir ordonné, en 1996, l’abattage d’avions civils pilotés par des exilés basés à Miami. Les chefs d’accusation, qui avaient été secrètement retenus par un grand jury en avril, comprenaient le meurtre et la destruction d’un avion.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel a condamné cet acte d’accusation, le qualifiant de manœuvre politique visant uniquement à «justifier la folie d’une agression militaire contre Cuba».

L’acte d’accusation contre M. Castro a conduit beaucoup de gens à penser que l’administration Trump suit le même scénario que celui qu’elle avait suivi lorsqu’elle a capturé l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire début janvier. Nicolás Maduro, qui est emprisonné aux États-Unis depuis son arrestation, fait l’objet d’accusations fédérales de trafic de drogue et a plaidé non coupable.

L’armée américaine a annoncé l’arrivée du porte-avions USS Nimitz et des navires qui l’accompagnent dans la mer des Caraïbes le jour même où les accusations contre M. Castro ont été rendues publiques. Le Commandement Sud des États-Unis a déclaré que ces navires participaient à des exercices maritimes avec des partenaires d’Amérique latine qui ont débuté en mars.

M. Rubio n’a pas souhaité s’exprimer sur la manière dont les États-Unis pourraient procéder pour mettre en œuvre l’acte d’accusation contre M. Castro, qui fêtera ses 95 ans le mois prochain.

Donald Trump menace de mener une action militaire à Cuba depuis qu’il a renversé M. Maduro, puis ordonné un blocus énergétique qui a coupé les livraisons de carburant vers Cuba. Cela a entraîné de graves coupures d’électricité, des pénuries alimentaires et un effondrement économique sur l’ensemble de l’île.

Donald Trump a intensifié ses discours sur un changement de régime à Cuba après s’être engagé à mener une «prise de contrôle amicale» du pays si ses dirigeants n’ouvraient pas l’économie aux investissements américains et n’expulsaient pas les adversaires des États-Unis.

Jeudi, M. Rubio a déclaré que Cuba représentait une grave menace pour la sécurité nationale des États-Unis en raison de ses liens en matière de sécurité et de renseignement avec la Chine et la Russie, ainsi que de ses relations amicales avec les ennemis des États-Unis en Amérique latine.

La Chine s’oppose aux sanctions et aux pressions américaines sur Cuba, a déclaré jeudi Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«La Chine soutient fermement Cuba dans la sauvegarde de sa souveraineté et de sa dignité nationales et s’oppose à toute ingérence extérieure», a ajouté M. Guo.