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Rassemblement d’extrême droite après la mort d’un militant: Macron appelle au calme

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Un homme tient une pancarte de la victime alors qu’il participe à une marche à Lyon, en France, le samedi 21 février 2026, pour rendre hommage à Quentin Deranque, un activiste identitaire de 23 ans, décédé après avoir été battu lors d'un affrontement... Un homme tient une pancarte de la victime alors qu’il participe à une marche à Lyon, en France, le samedi 21 février 2026, pour rendre hommage à Quentin Deranque, un activiste identitaire de 23 ans, décédé après avoir été battu lors d'un affrontement entre partisans d’extrême gauche et d’extrême droite. (Laurent Cipriani/La Presse canadienne)

Quelque 3000 personnes ont participé samedi à une marche organisée par des groupes d’extrême droite après la mort d’un militant identitaire, battu à mort à Lyon. L’affaire a mis en évidence le climat de tensions politiques profondes à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine en France.

Le président français Emmanuel Macron a lancé un appel au calme avant l’hommage rendu à Quentin Deranque, un jeune homme de 23 ans, décédé la semaine dernière à l’hôpital des suites de lésions cérébrales. Le rassemblement s’est déroulé sous la surveillance étroite de la police.

«C’est un moment de recueillement et de respect pour ce jeune compatriote qui a été tué, pour sa famille et ses proches. Cela doit passer avant tout. Ensuite, c’est un moment de fermeté et de responsabilité», a déclaré M. Macron.

Sept personnes ont été mises en examen. Le parquet de Lyon a demandé que chacune d’entre elles soit inculpée d’homicide volontaire, de violences aggravées et d’association de malfaiteurs. Six des accusés ont été inculpés des trois chefs d’accusation. Le septième a été inculpé de complicité d’homicide volontaire, de violences aggravées et d’association de malfaiteurs.

Quentin Deranque a été agressé lors d’une bagarre qui a éclaté entre des partisans d’extrême gauche et d’extrême droite en marge d’une réunion étudiante où une députée d’extrême gauche, Rima Hassan, était l’oratrice principale.

Le président Macron a déclaré qu’il tiendrait une réunion avec les ministres la semaine prochaine pour procéder à un examen complet de tous les groupes militants violents ayant des liens avec des partis politiques. Il a laissé entendre que certains groupes pourraient être démantelés.

«Dans la République, aucune violence n’est légitime, a-t-il déclaré. Il n’y a pas de place pour les milices, d’où qu’elles viennent. Nous devons être absolument intransigeants.»

Lyon devient un champ de bataille

L’hommage à Deranque a eu lieu à Lyon, où les affrontements entre militants d’extrême droite et groupes d’extrême gauche sont devenus fréquents. Leurs combats prennent souvent la forme de batailles de rue organisées dans la ville, impliquant parfois des groupes de plusieurs dizaines de personnes.

Les groupes militants d’extrême gauche de Lyon sont plus récents et ont été créés en réaction aux nombreux groupes d’extrême droite présents depuis plusieurs décennies. La ville est considérée par les services de renseignement comme le berceau de l’activisme d’extrême droite en France.

Les parents de Quentin Deranque ont également appelé au calme et n’ont pas participé au rassemblement, qui n’avait pas été interdit par les autorités françaises.

La mort de leur fils a déclenché une vague de récriminations, la plupart visant le parti d’extrême gauche La France insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon. Parmi les suspects figure l’assistant parlementaire d’un député de La France insoumise qui a créé le groupe antifasciste La Jeune Garde.

Une minute de silence a été observée avant le début de la marche. Certains manifestants brandissaient des tulipes blanches et arboraient des autocollants portant le slogan: «Quentin, tué par la milice de Mélenchon».

De nombreux hommes vêtus de noir, certains le visage partiellement couvert, se sont joints à la marche. Christian Petiteau, âgé de 70 ans, venu de la région voisine de l’Isère, a déclaré que Quentin Deranque avait été «lâchement assassiné» et qu’il était venu rendre hommage à sa mémoire.

L’extrême gauche dans le collimateur

Les opposants à La France insoumise l’accusent d’attiser la violence et les tensions avec sa politique combative d’extrême gauche. Mélenchon a condamné la violence et insisté sur le fait que son parti n’était en rien responsable de cette tragédie.

Jean-Luc Mélenchon s’est présenté à la présidence en 2012, 2017 et 2022, mais il n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour décisif. Il se prépare à se présenter à nouveau l’année prochaine, lorsque le deuxième et dernier mandat d’Emmanuel Macron prendra fin.

La France organise des élections municipales le mois prochain et les forces politiques de droite ont utilisé cet incident pour diaboliser La France insoumise. Le leader d’extrême droite du Rassemblement national, Jordan Bardella, a appelé à un front commun contre le parti de M. Mélenchon.

Des critiques ont également été formulées par des personnalités de gauche, notamment l’ancien président français François Hollande. Il a déclaré que la gauche traditionnelle, y compris son Parti socialiste, ne devait pas s’allier à nouveau avec le parti de M. Mélenchon pour les prochaines élections, comme elle l’avait fait par le passé.