Pendant que le Canada semble se rapprocher progressivement de l’Union européenne (UE), la première ministre sortante Christine Fréchette est intervenue jeudi pour réclamer un «statut particulier» pour le Québec dans une éventuelle alliance.
«Le Québec occupe déjà une place distincte à l’OIF et à l’UNESCO. Nous devons obtenir une reconnaissance comparable dans ce nouveau partenariat», a-t-elle fait valoir sur les réseaux sociaux.
Si elle reconnait que le Québec doit pouvoir compter sur des «alliés solides et diversifier ses marchés», elle souligne néanmoins que la province ne peut être une «simple spectatrice» d’un partenariat éventuel.
«Mark Carney peut compter sur mon gouvernement pour contribuer à cette alliance. Mais lorsqu’il est question de notre économie, de notre énergie et de notre avenir, le Québec doit être à la table», poursuit-elle.
Le premier ministre canadien était justement à Strasbourg jeudi, où il a prononcé un discours devant le parlement européen et vanté les relations entre le Canada et l’Europe.
La veille, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait dit souhaiter que le Canada rejoigne l’Union européenne à titre de premier «membre associé», ajoutant que l’Europe désirait porter ses relations avec le Canada au «plus haut niveau possible».
De son côté, M. Carney a néanmoins rejeté l’idée que son pays devienne un membre à part entière de l’Union européenne.
La guerre commerciale amorcée par Donald Trump a poussé le Canada à explorer de nouveaux partenariats économiques dans le monde entier. M. Carney n’a cependant pas fait allusion au président américain pendant son allocution de jeudi, se référant plutôt aux liens profonds qui unissent son pays à l’Europe, en plus de mettre de l’avant de futures collaborations sur plusieurs dossiers.
En janvier dernier, un autre discours prononcé par Mark Carney en Europe, cette fois devant le Forum économique de Davos, avait retenu l’attention du monde entier. Dans cette allocution, le premier ministre canadien avait décrété la fin de «l’ancien ordre mondial» et avait encouragé les puissances moyennes à s’unir pour construire un système mondial plus résilient.
