Le gouvernement argentin, dans un contexte de rhétorique durcie depuis quelques jours sur la souveraineté des îles Malouines, a annoncé cinq plaintes visant des entreprises pour liens présumés avec des projets pétroliers autour de l’archipel de l’Atlantique sud.
Les plaintes, «qui ont été déposées lundi», a indiqué mardi la présidence, visent la société pétrolière israélienne Navitas à travers des filiales, Navitas Petroleum Development & Production Ltd, Navitas Petroleum Atlantic United et Navitas Petroleum LP, ainsi que la canadienne JHI Associates Inc, et son actionnaire Eco Atlantic Oil & Gas Ltd.
Ces sociétés «disposeraient présumément de licences accordées» par le Royaume-Uni «pour explorer ou exploiter des hydrocarbures dans le bassin Malouines Nord», en violation d’une loi argentine de 2011, a expliqué lundi soir la présidence argentine dans un communiqué. La loi prévoit des interdictions d’exercer allant jusqu’à 20 ans, et des peines de prison.
L’annonce intervient cinq jours après un discours soudainement offensif du président ultralibéral argentin Javier Milei sur les Malouines (îles Falkland en anglais), dont Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté.
M. Milei, invoquant «des vents favorables» à la revendication historique de l’Argentine, avait menacé de sanctions durcies tout projet pétrolier autour de l’archipel. Dans la foulée, son gouvernement avait annoncé des enquêtes sur 45 personnes physiques ou morales, pour lien présumé avec de tels projets.
Le durcissement de ton de Javier Milei sur les Malouines, sujet central dans l’identité argentine, intervenait quelques jours après une inflexion, du moins perçue, de son allié Donald Trump sur le sujet.
Le président américain, interrogé à propos de la posture américaine de neutralité sur les Malouines, avait répondu, sans être plus explicite: «Je passe toujours toutes les positions en revue. C’en est une parmi d’autres».
Réagissant au discours de M. Milei, Londres avait réaffirmé que les Malouines «sont britanniques et le resteront, car telle est la volonté écrasante de leurs habitants» et que son engagement pour les îles est «absolu et inébranlable».
Les plaintes, précisent la présidence argentine, visent aussi les actionnaires des sociétés en question, ainsi que «directeurs, gérants, syndics, membres du conseil de surveillance, administrateurs, mandataires, représentants ou autorisés ayant participé à ce +fait punissable+».
Elles constituent «une action concrète pour protéger les ressources naturelles et veiller à la souveraineté» de l’Argentine sur les Malouines. L’exécutif «continuera à enquêter et à promouvoir les actions nécessaires», conclut le communiqué.
La présidence a par ailleurs indiqué avoir demandé au ministre de l’Économie de «prioriser», dans le futur budget 2027, «le développement de la Base navale intégrée (en Terre de Feu) et d’autres projets stratégiques», sans plus de précisions.
La future base, que M. Milei a plusieurs fois annoncée depuis 2024, est en réalité un projet datant de nombreuses années, dont la première pierre avait été posée dès 2022, sous le gouvernement précédent, de centre gauche. Les travaux sont depuis quasiment au point mort: à peine 9% exécutés, selon le dernier rapport du gouvernement au Parlement mi-2025.
