Londres a réaffirmé vendredi que les Malouines étaient britanniques et que son engagement pour ces îles était «absolu et inébranlable», après que le président argentin Javier Milei, dopé par le soutien perçu de Donald Trump, a invoqué «des vents favorables» à la revendication historique de l’Argentine sur cet archipel.
Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté de ces îles de l’Atlantique sud.
Situées à 600 kilomètres de la côte patagonienne argentine, les Malouines ont été le théâtre d’une brève guerre entre l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982, qui a fait 649 morts argentins et 255 Britanniques en 74 jours.
«Les Malouines sont britanniques parce que leurs habitants ont choisi d’être britanniques. Notre engagement envers les Malouines est absolu et inébranlable», a-t-il ajouté.
— Wes Streeting, le ministre de la Défense britannique sur X
Les Malouines «sont britanniques parce que leurs habitants ont choisi d’être britanniques», a déclaré vendredi le ministre de la Défense britannique Wes Streeting sur X. «Notre engagement envers les Malouines est absolu et inébranlable», a-t-il ajouté.
«Ces îles sont britanniques et le resteront, car telle est la volonté écrasante de leurs habitants», a renchéri le chef de la diplomatie Ed Miliband.
Ils répliquaient à des déclarations de Javier Milei qui, dans une allocation télévisée jeudi, a invoqué «des vents favorables» à la revendication historique de l’Argentine sur les Malouines.
Alors qu’une entreprise britannique a un projet d’exploitation pétrolière au large de l’archipel, il a annoncé un durcissement des sanctions «à l’encontre des entreprises liées à des opérations non autorisées» autour des Malouines.
«Revoir» la neutralité américaine
Les déclarations de Javier Milei interviennent après que le président américain Donald Trump, son allié idéologique, a dit ne pas exclure de «revoir» la position américaine de neutralité concernant l’archipel.
Les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux, reconnaissent que le Royaume-Uni administre de facto ces îles, mais ne se prononcent pas sur la souveraineté stricto sensu. Celle-ci fait l’objet d’une résolution de l’ONU de 1965, qui reconnaît l’existence d’un différend et enjoint les parties à trouver une solution pacifique.
«Je passe toujours toutes les positions en revue. C’en est une parmi d’autres», a déclaré lundi le président américain, interrogé sur les Malouines.

Jeudi, dans une entrevue à la chaîne britannique GB News, il a à nouveau critiqué le manque de soutien militaire de Londres dans sa guerre contre l’Iran et refusé de confirmer s’il soutiendrait le Royaume-Uni en cas de nouveau conflit avec l’Argentine.
La dernière guerre, en 1982, «remonte à bien longtemps», a-t-il déclaré.
Javier Milei s’est réjoui des propos de son homologue américain, évoquant «quelque chose de très fort concernant la cause la plus importante et la plus sacrée pour nous les Argentins».
«Malvinas Argentinas», partout
Mardi, une association d’anciens combattants des Malouines et des défenseurs de l’environnement ont intenté une action en justice pour empêcher le projet pétrolier porté par l’entreprise britannique Rockhopper et l’israélienne Navitas Petroleum au nord de l’archipel.
L’action de Rockhopper a chuté d’environ 7% à Londres vendredi matin, avant de limiter sa baisse.
Navitas a assuré qu’elle agissait «conformément aux licences pétrolières en vigueur qui lui ont été dûment accordées par le gouvernement des îles Falkland». Et les deux entreprises ont assuré par communiqué que les annonces de Buenos Aires ne changeraient rien au calendrier du champ pétrolier.
