Le président russe Vladimir Poutine a lancé samedi une mise en garde contre l'envoi de troupes européennes en Ukraine. Selon lui, une telle mesure reviendrait à entrer en conflit direct avec la Russie.
S’adressant à la presse lors d’un sommet du groupe BRICS, qui regroupe les économies émergentes, en Inde, Poutine a déclaré que si les gouvernements européens envoyaient des troupes en Ukraine, cela signifierait «une guerre avec la Russie».
Certains dirigeants européens se sont engagés à participer à une éventuelle force de maintien de la paix, une perspective que Moscou a qualifiée à plusieurs reprises d’inacceptable.
M. Poutine a également nié que la Russie représentait une quelconque menace pour l’Europe. «Nous ne menaçons pas les pays européens, et nous n’avons pas l’intention de le faire», a-t-il déclaré.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré jeudi que deux incidents survenus cette semaine le long des frontières de l’Ukraine avec la Pologne et la Moldavie laissaient présager une intensification potentielle des provocations russes aux points de passage frontaliers entre l’Ukraine et l’Europe.
Deux personnes ont trouvé la mort lorsque des drones russes ont frappé le poste-frontière de Starokozache, entre l’Ukraine et la Moldavie, mardi soir, tandis qu’une «menace directe» pesant sur un point de passage polono-ukrainien mercredi soir n’a pu être évitée que grâce à la coopération entre Varsovie et Kyiv, a-t-il précisé.
Une rencontre Zelensky-Poutine au G20 ?
Par ailleurs, le président de l'Ukraine, Volodymyr Zelensky a déclaré à la Deutsche Welle, dans une interview publiée samedi, qu’il rencontrerait M. Poutine si les deux dirigeants étaient invités au sommet du G20 en décembre à Miami.
Le conseiller en politique étrangère de Vladimir Poutine, Youri Ouchakov, a déclaré samedi que la possibilité d’une participation du président russe au sommet n’avait pas encore été discutée au Kremlin.
Le Kremlin a déjà déclaré par le passé que M. Zelensky pouvait se rendre à Moscou s’il souhaitait rencontrer M. Poutine, une proposition que Kyiv a rejetée.
«S’il souhaite vraiment rencontrer M. Poutine, ce dernier a déjà déclaré qu’il pouvait se rendre à Moscou», a répété samedi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé samedi que la Russie était «prête à négocier», mais que les opérations militaires ne seraient pas suspendues pendant cette période de négociations.
Autres attaques
Des frappes russes ont tué huit civils et blessé des dizaines d’autres en Ukraine, ont déclaré samedi des responsables locaux.
L’Ukraine subit une pression croissante due à l’intensification de la campagne aérienne russe, qui utilise des missiles balistiques et des drones à réaction pour percer les défenses. Les attaques de Moscou ont visé le réseau électrique ukrainien à l’approche de l’hiver, dans le but, selon les responsables, de démoraliser la population civile.
Deux personnes ont été tuées et une autre blessée lorsque des drones russes ont frappé un quartier résidentiel dans la nuit dans la ville ukrainienne de Zaporijia, a déclaré samedi le gouverneur régional, Ivan Fedorov.
Une personne est décédée et trois autres ont été blessées lors de frappes sur Kryvyi Rih, selon les autorités locales.
Dans le port d’Odessa, sur la mer Noire, et ses environs, 35 personnes ont été blessées au cours de la nuit lors de ce que le gouverneur régional Oleh Kiper a qualifié d’«attaque massive». Parmi les bâtiments touchés figurait une tour d’habitation, dont les étages supérieurs ont été entièrement détruits.
Plus tard dans la journée de samedi, deux personnes ont été tuées lors d’une attaque russe contre une épicerie dans la région ukrainienne de Jytomyr, ont indiqué les autorités locales.
Par ailleurs, M. Zelensky a déclaré que les forces ukrainiennes avaient frappé deux installations de l’industrie chimique en Russie, l’un à Samara et l’autre à Perm. Les gouverneurs de ces régions n’ont pas immédiatement réagi, mais le site d’information indépendant russe Astra a fait état d’attaques de drones contre des usines chimiques dans ces deux régions.
Volodymyr Yurchuk et Elise Morton, The Associated Press
