La Russie a lancé des salves de missiles et de drones lundi matin sur l’Ukraine, tuant au moins 22 personnes. Ces attaques ont mis en évidence les failles croissantes du système de défense aérienne ukrainien, plus de quatre ans après le début de l’invasion à grande échelle menée par Moscou, ont indiqué les autorités.
Tous les missiles balistiques lancés par la Russie ont atteint leurs cibles, soulignant la nécessité pour Kyiv de se procurer davantage de missiles intercepteurs Patriot de fabrication américaine – un point que le président ukrainien Volodymyr Zelensky réaffirmera probablement lors du sommet de l’OTAN qui se tiendra cette semaine à Ankara, en Turquie.
Quinze personnes ont été tuées à Kyiv, la capitale et principale cible de la Russie, et 56 autres blessées, selon le chef administratif Tymur Tkachenko. Sept autres personnes ont été tuées et 29 blessées dans la région de Kyiv, d’après les services d’urgence ukrainiens.
Les secouristes ont poursuivi leurs recherches de survivants dans les décombres d’immeubles résidentiels situés dans deux zones directement touchées.
Moscou a intensifié ses attaques contre Kyiv en représailles aux récentes frappes aériennes ukrainiennes de longue portée, selon le ministère russe de la Défense. Ces attaques ukrainiennes ont provoqué de graves pénuries de carburant et accentué la pression sur le président Vladimir Poutine.
Jeudi, une frappe russe a tué 31 personnes à Kyiv, l’attaque la plus meurtrière dans la capitale cette année.
Les progrès de l’Ukraine en matière de drones lui ont conféré un avantage ces derniers mois, selon des analystes et des responsables occidentaux. Ces drones lui ont permis de frapper les voies d’approvisionnement situées derrière la ligne de front, de freiner l’élan de l’armée russe sur le champ de bataille et de ralentir sa progression.
Mais la Russie exploite désormais les vulnérabilités de la défense aérienne ukrainienne, qui reste fortement dépendante des systèmes de missiles Patriot pour intercepter les missiles balistiques qu’elle parvient rarement à abattre. La guerre au Moyen-Orient a mis à rude épreuve l’approvisionnement mondial en intercepteurs Patriot, une pénurie qui se fait cruellement sentir en Ukraine.
Des discussions en parallèle
Ces dernières attaques ont eu lieu après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président russe Vladimir Poutine se sont entretenus avec Donald Trump au sujet de la fin de la guerre.
Dans un message publié sur X, M. Zelensky a dit avoir appelé M. Trump pour le féliciter à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance américaine et a ajouté que les deux dirigeants avaient discuté de la situation sur la ligne de front.
«Il existe une réelle perspective de mettre fin à cette guerre, et la détermination des États-Unis sera cruciale. Nous avons convenu de poursuivre cette conversation en personne lors du sommet de l’OTAN à Ankara», a-t-il indiqué samedi soir.
Le Kremlin a rapporté que Vladimir Poutine et Donald Trump avaient abordé le conflit en Ukraine lors d’un entretien téléphonique «constructif» samedi.
Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin pour les affaires étrangères, a affirmé que le président Poutine avait félicité M. Trump et le peuple américain à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis au cours de cet entretien qui a duré près d’une heure et demie, leur quatrième conversation depuis le début de l’année.
M. Ouchakov a dit que M. Trump avait réaffirmé sa «volonté de contribuer à une cessation rapide des hostilités et à la recherche de solutions pacifiques pour régler la crise» en Ukraine, tandis que les émissaires de M. Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, poursuivront leurs efforts de médiation et se tiendront prêts à se rendre à Moscou.
Le conseiller du Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait une nouvelle fois souligné la «préférence de la Russie pour un règlement diplomatique du conflit, à condition que les positions fondamentales et bien connues de la Russie soient prises en compte».
Au même moment, le président Poutine a accusé Kyiv et ses alliés européens de «miser sur la prolongation, voire l’escalade du conflit», affirmant que «le “parti de la guerre” européen part d’une perception erronée de la situation globale et de l’état des lieux le long de la ligne de contact», a dit M. Ouchakov.
Il a ajouté que M. Poutine avait informé M. Trump de la «situation réelle sur le champ de bataille, où les forces armées russes avancent avec assurance, libérant une localité après l’autre».
Le dirigeant russe a spécifiquement mentionné la prise du bastion ukrainien de Kostyantynivka, la décrivant comme une étape clé vers la «libération» de toute la région de Donetsk.
Kyiv a démenti l’affirmation russe selon laquelle Kostyantynivka aurait été prise. L’état-major ukrainien a réaffirmé que la ville assiégée restait sous contrôle ukrainien dans un communiqué publié dimanche sur Telegram, au lendemain des déclarations de M. Zelensky selon lesquelles l’annonce russe de la prise de contrôle n’était «qu’un mensonge de plus de la part de la Russie».
