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Manifestations en Albanie: le premier ministre Rama affirme travailler avec la France et l’Italie

Depuis plus d’une semaine à Tirana, des manifestants ont régulièrement défié la police et attaqué des bâtiments officiels.

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Des manifestants observent une grande banderole sur laquelle on peut lire, en albanais : « Vive la jeunesse libre ! Aujourd’hui, c’est nous qui décidons. La prison pour le système », accrochée à l’Université polytechnique lors d’une manifestation antigouvernementale à Tirana, en Albanie, le mercredi 21 octobre 2026. Des manifestants observent une grande banderole sur laquelle on peut lire, en albanais : « Vive la jeunesse libre ! Aujourd’hui, c’est nous qui décidons. La prison pour le système », accrochée à l’Université polytechnique lors d’une manifestation antigouvernementale à Tirana, en Albanie, le mercredi 21 octobre 2026. (Hameraldi Agolli/AP Photo/Hameraldi Agolli)

Le premier ministre albanais Edi Rama a déclaré mercredi qu’il voulait ficher les participants violents dans un «registre spécifique» pour éviter qu’ils se rendent dans des pays de l’Union européenne (UE), en concertation avec la France et l’Italie, confrontés comme l’Albanie à de violentes manifestations.

Depuis plus d’une semaine à Tirana, des manifestants ont régulièrement défié la police et attaqué des bâtiments officiels, en marge de rassemblements contre la corruption et pour de meilleures conditions d’études.

Les cortèges demandent aussi la démission de M. Rama, qui dénonce des ingérences extérieures et l’influence d’«un mouvement anarcho-syndicaliste connu sous le nom d’Antifa».

«Nous sommes en train de collaborer avec les pays de l’Union européenne pour nous assurer que les auteurs d’actes de violence se voient refuser le droit d’entrée sur leur territoire», a-t-il déclaré pendant une réunion avec des responsables du secteur bancaire. L’Albanie fait partie des pays candidats à l’Union européenne.

«Vous avez sans doute vu que la France et l’Italie ont chacune mis en place leurs propres mesures. Nous avons travaillé en concertation avec ces deux pays», a-t-il ajouté.

Des chaises installées par le cabinet du Premier ministre en vue d'un « dialogue » proposé sont disposées à l'extérieur du cabinet du Premier ministre et du siège du gouvernement, à la suite de plusieurs jours de manifestations antigouvernementales qui ont dégénéré en violences à Tirana, en Albanie, le mercredi 21 octobre 2026. Des chaises installées par le cabinet du Premier ministre en vue d'un « dialogue » proposé sont disposées à l'extérieur du cabinet du Premier ministre et du siège du gouvernement, à la suite de plusieurs jours de manifestations antigouvernementales qui ont dégénéré en violences à Tirana, en Albanie, le mercredi 21 octobre 2026. (Hameraldi Agolli/AP Photo/Hameraldi Agolli)

En France, à la demande du gouvernement, les préfets ont mis en place des couvre-feux localisés après l’explosion de saccages et de pillages samedi en marge de manifestations contre la vie chère.

En Italie, la première ministre italienne Giorgia Meloni a annoncé mardi le déploiement de 500 soldats à Milan jusqu’à la fin de l’année après des affrontements survenus dans la métropole lombarde.

«Pour nous, il n’y a aucun doute: il s’agit d’une violence orchestrée», a déclaré M. Rama. «Elle est en lien avec des événements survenus dans d’autres villes — d’autres capitales européennes — impliquant un mouvement anarcho-syndicaliste connu sous le nom d’Antifa».

En France, les services de renseignement estiment que «l’ultragauche» et «l’extrême gauche radicale» ont été en pointe dans les débordements de violences survenus samedi.

En Albanie, Rama a estimé que la Russie et l’Iran attisent aussi les violences par la désinformation.

La police antiémeute affronte des manifestants antigouvernementaux à Tirana, en Albanie, le 20 octobre 2026. Photo AP La police antiémeute affronte des manifestants antigouvernementaux à Tirana, en Albanie, le 20 octobre 2026. Photo AP (Boris Grdanoski)

Les rues de Tirana étaient relativement tranquilles mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP, mais les étudiants à l’origine du mouvement ont convoqué une journée de mobilisation nationale samedi.

Les manifestations ont pris un tour violent la semaine dernière quand les étudiants sont descendus dans la rue pour demander plus de moyens pour l’enseignement et repris à leur compte les appels à la démission de Rama.

Cette escalade intervient après des mois de manifestations antigouvernementales dans ce pays des Balkans, initialement déclenchées par un projet de complexe touristique controversé sur le littoral lié à la famille du président américain Donald Trump.