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Violences en France: le président Macron appelle à la fermeté avant la mobilisation de samedi

La colère ne retombe pas, avant les manifestations de samedi. Les syndicats sont sortis déçus mercredi d’une rencontre avec le premier ministre.

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Violences en France: des couvre-feux imposés Des couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes de France, tandis que la crise prend un tournant de plus en plus politique, avec des critiques émanant aussi du bloc présidentiel.

Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés en France, le président Emmanuel Macron a appelé mercredi à «la fermeté» envers les auteurs des violences, avant la journée de mobilisation de gilets jaunes et de jeunes samedi, à six mois de la présidentielle.

Depuis le Qatar, le chef de l’État a affirmé que «la main ne doit pas trembler au sommet de l’État» pour punir les casseurs. Pillages et violences ont secoué plusieurs villes de France, notamment Paris, en marge d’une mobilisation contre «la vie chère» le 17 octobre, pendant laquelle 3000 commerces ont été pillés et dégradés dans le pays.

La préfecture de police de Paris a interdit les rassemblements et manifestations jeudi en journée dans certains secteurs de la capitale, notamment ceux de l’Élysée (présidence), Matignon (premier ministre), l’Assemblée nationale, le Sénat, ainsi que des lieux touristiques comme le Musée du Louvre et les Champs-Élysées.

Le président français Emmanuel Macron, au centre, préside une réunion interministérielle de crise à l'Élysée, à Paris, le dimanche 18 octobre 2026, au lendemain d'émeutes qui ont secoué tout le pays. Le président français Emmanuel Macron, au centre, préside une réunion interministérielle de crise à l'Élysée, à Paris, le dimanche 18 octobre 2026, au lendemain d'émeutes qui ont secoué tout le pays. (Ludovic Marin/Ludovic Marin/POOL AFP via AP)

Les images d’affrontements et de bâtiments publics incendiés ou vandalisés ont fait le tour du monde, poussant plusieurs pays comme les États-Unis, la Chine ou l’Allemagne à donner des conseils de prudence à leurs ressortissants séjournant en France.

Et l’image dégradée de la France, deuxième économie de la zone euro, mais lourdement endettée, a des conséquences directes sur les marchés financiers : Paris a emprunté mercredi à un taux de plus de 5 % sur dix ans, du jamais-vu depuis 2002, les investisseurs doutant de la capacité du pays à redresser ses comptes.

Syndicats déçus

La colère ne retombe pas, avant les manifestations de samedi. Les syndicats sont sortis déçus mercredi d’une rencontre avec le premier ministre où, selon la dirigeante du syndicat de la CGT Sophie Binet, Sébastien Lecornu n’a annoncé «aucune mesure» pour répondre aux multiples contestations.

La CGT, qui avait soutenu la journée du 17 octobre qui avait dégénéré en émeutes et pillages dans plusieurs villes, sera de nouveau présente dans la rue samedi, pour «protéger» ceux qui souhaitent manifester lors de l’«acte II» de la mobilisation sur le coût de la vie annoncé par une coordination de gilets jaunes.

En 2018/19, le mouvement social des gilets jaunes, qui avait débuté pour protester contre une taxe sur le carburant, avait ébranlé le pouvoir et donné lieu à de nombreuses manifestations et violences dans l’ensemble du pays.

Depuis le Qatar, le président Macron «assume totalement d’avoir maintenu» ce déplacement dans le Golfe et assuré que les Français allaient avoir grâce à cette tournée un «juste retour» sur les prix du gazole notamment.

Un homme passe devant des magasins dont les vitrines ont été barricadées avec des planches de bois dans le quartier commerçant des Halles, soumis à un couvre-feu nocturne à la suite des manifestations de la fin de semaine dernière contre la hausse du coût de la vie, qui ont dégénéré en émeutes et en pillages dans toute la France, à Paris, le mercredi 21 octobre 2026. Un homme passe devant des magasins dont les vitrines ont été barricadées avec des planches de bois dans le quartier commerçant des Halles, soumis à un couvre-feu nocturne à la suite des manifestations de la fin de semaine dernière contre la hausse du coût de la vie, qui ont dégénéré en émeutes et en pillages dans toute la France, à Paris, le mercredi 21 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

Il a aussi dénoncé les «dirigeants étrangers» qui «font campagne sur le dos de la France», dans une allusion à des propos du président américain Donald Trump et du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou sur les violences intervenues en France.

Sans constater «d’ingérence étrangère visible» dans ces événements, M. Macron a dénoncé «une manipulation étrangère de l’information qui a donné lieu à des commentaires inacceptables autant que stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers».

Il a convoqué jeudi une réunion avec les services de renseignement sur les défaillances du 17 octobre. La stratégie de maintien de l’ordre est contestée depuis plusieurs semaines.

Le Défenseur des droits (DDD) a annoncé mardi avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont «plus d’une dizaine» concernent des faits datant du week-end.

«Pouvoir finissant»

Des figures politiques de tous bords ont de nouveau dénoncé mercredi ce qu’elles perçoivent comme une défaillance du pouvoir.

La favorite des sondages Marine Le Pen (RN, extrême droite) s’en est prise à «un pouvoir finissant» qui «n’a plus la main». L’ex-chef de l’État François Hollande a de son côté attaqué un gouvernement «faible».

L’exécutif cherche toujours une issue à la crise, déterminé d’abord à rétablir l’ordre.

La nuit de mardi à mercredi a été «calme», selon le premier ministre, après l’instauration de plusieurs couvre-feux pour une deuxième nuit consécutive. À Paris, un nouveau couvre-feu a été décrété pour la nuit de mercredi à jeudi dans certains quartiers.

Des passants observent et prennent des photos des opérations de nettoyage menées après que les manifestations de la fin de semaine contre la hausse du coût de la vie ont dégénéré en émeutes et en pillages dans toute la France, à Paris, le mercredi 21 octobre 2026. Des passants observent et prennent des photos des opérations de nettoyage menées après que les manifestations de la fin de semaine contre la hausse du coût de la vie ont dégénéré en émeutes et en pillages dans toute la France, à Paris, le mercredi 21 octobre 2026. (Teresa Suarez/AP Photo/Teresa Suarez)

À Toulouse (sud-ouest), un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche dans le centre-ville.

Et à Paris comme à Lyon, les autorités ont interdit une manifestation prévue jeudi dans le cadre du mouvement lycéen et étudiant.

Après les violences et pillages du 17 octobre, l’important dispositif pour la nouvelle journée de mobilisation sociale samedi prévoit des interdictions de manifester, le recours à des blindés, aux militaires de la force Sentinelle et aux unités d’élite de police et gendarmerie, selon le ministère de l’Intérieur.

Les manifestations seront par exemple interdites samedi dans les centres-villes de Rouen et du Havre (nord-ouest).

Le premier ministre avait dénoncé lundi «la planification, en certains endroits, d’un schéma insurrectionnel mené par des groupuscules d’extrême gauche et de l’ultragauche», dénonçant des «groupuscules factieux» qui voulaient «marcher sur l’Élysée, sur Matignon», où se trouvent les services du premier ministre.

Sébastien Lecornu recevra jeudi des partis politiques, mais aussi les maires des trois principales villes françaises Paris, Marseille et Lyon, particulièrement touchées par les violences et les pillages.

Il va également se rendre à Limoges (centre) vendredi pour rencontrer le maire de droite Guillaume Guérin, dont l’hôtel de ville a été incendié. Un suspect connu pour son appartenance à l’ultragauche a été arrêté.

«Plusieurs dizaines de milliers» de contre-manifestants sont par ailleurs attendus à Orléans (centre) samedi, «et un peu moins le dimanche», en marge du congrès du RN, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, annonçant «un dispositif de service d’ordre extrêmement conséquent».