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Zelensky craint un très lourd bilan après la frappe meutrière russe dans le sud de l’Ukraine

Selon le dirigeant ukrainien, cette attaque sanglante a illustré la volonté de la Russie de torpiller tout «progrès vers la paix».

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Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, on aperçoit un immeuble résidentiel après une frappe aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, on aperçoit un immeuble résidentiel après une frappe aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. (Ukrainian Emergency Service via)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit mardi craindre que plus de cinquante personnes soient toujours sous les décombres au lendemain d’une attaque russe ayant fait au moins 33 morts dans la région de Zaporijjia (sud-est), selon un nouveau bilan.

«Une seule frappe a fait 33 morts. Cinq personnes ont été secourues, et plus de 50 pourraient encore être coincées sous les décombres», a-t-il déclaré, à Berlin où il se trouvait en déplacement.

Selon lui, cette «frappe effroyable» est «l’un des plus grands massacres perpétrés par les Russes depuis le début de cette guerre», alors même que des négociations pour tenter d’y mettre fin doivent reprendre en novembre avec Moscou.

Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, des secouristes évacuent un civil blessé d'un immeuble résidentiel à la suite d'une attaque aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, des secouristes évacuent un civil blessé d'un immeuble résidentiel à la suite d'une attaque aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. (Ukrainian Emergency Service via)

Ce bombardement a eu lieu dans la localité de Komychouvakha, située à une quinzaine de kilomètres du front dans la région de Zaporijjia, lors d’une distribution d’aide humanitaire.

«Les Russes ont lancé la première frappe juste au moment où les gens arrivaient — plusieurs bombes aériennes. Puis il y a eu une autre frappe — davantage de bombes aériennes, visant cette fois l’abri (…) où des gens s’étaient réfugiés», s’est indigné lundi M. Zelensky.

Ces frappes ont anéanti «tout espoir de progrès vers la paix», a également dénoncé Volodymyr Zelensky, pointant «une preuve supplémentaire que la Russie ne veut ni désescalade ni véritable justice».

Négociations trilatérales

Les négociations entre Kyiv et Moscou, sous médiation américaine, pour tenter de mettre fin à près de cinq ans de ce conflit sanglant, doivent reprendre dans une semaine aux Émirats arabes unis.

Depuis l’Allemagne, Volodymyr Zelensky a dit espérer que ces pourparlers, prévus les 10 et 11 novembre, pourraient aboutir à une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine. «Nous comptons sur le fait que le travail dans ce format et nos autres démarches diplomatiques ouvriront la voie à un format trilatéral au niveau des dirigeants», a-t-il dit.

À Berlin, il a rencontré le chancelier allemand Friedrich Merz pour des discussions sur le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine, avant une rencontre mi-novembre, également dans la capitale allemande, de la coalition des volontaires pour l’Ukraine, qui rassemble les pays soutenant Kyiv.

L’émissaire de Trump remercie Poutine pour le diesel et discute d’un plan de paix pour l’Ukraine Le président russe Vladimir Poutine et l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, ont débuté mercredi à Saint-Pétersbourg des pourparlers sur un règlement du conflit en Ukraine, au lendemain d’entretiens entre le négociateur américain et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

À la veille d’élections américaines de mi-mandat très scrutées, l’émissaire américain Steve Witkoff avait annoncé lundi soir la tenue de «négociations de travail» entre la Russie et l’Ukraine les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi, sous médiation américaine.

«Les discussions porteront sur les dispositions de sécurité d’après-guerre, la désescalade, les efforts humanitaires et les prochaines étapes vers la paix», a-t-il détaillé sur X.

Le Kremlin a confirmé mardi la tenue de ces négociations.

Mais la dernière rencontre de ce type, qui s’était déroulée mi-février à Genève, en Suisse, s’était achevée sans résultat tangible, la Russie campant sur des positions maximalistes selon Kyiv.

Steve Witkoff a aussi précisé que les négociateurs américains se rendraient dans la semaine à Bruxelles pour y rencontrer «les représentants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Union européenne et de l’OTAN pour discuter des garanties de sécurité pour l’Ukraine».

Incendies

Parallèlement, les frappes nocturnes russes se sont poursuivies en Ukraine.

À Kharkiv, dans le nord-est du pays, des bombardements ont frappé un hôpital dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins 73 blessés, selon le dirigeant ukrainien.

L’armée de l’air ukrainienne a indiqué que la Russie avait lancé dans la nuit plusieurs missiles balistiques, 59 missiles de croisière et 289 drones d’attaque, dont 120 à réaction, contre le territoire ukrainien.

La Russie a également repris les bombardements dans la région de Kherson (sud), après une rare trêve locale négociée pour évacuer la ville d’Olechky, occupée par les Russes.

Cette trêve avait été annoncée par la première Dame des États-Unis, Melania Trump, dont l’équipe a par ailleurs annoncé mardi qu’elle allait «personnellement réunir des représentants de la Russie et de l’Ukraine à la Maison-Blanche».

Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, des pompiers interviennent dans un immeuble résidentiel à la suite d'une attaque aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. Sur cette photo fournie par les services d'urgence ukrainiens, des pompiers interviennent dans un immeuble résidentiel à la suite d'une attaque aérienne russe à Dnipro, en Ukraine, mardi 3 novembre 2026. (Ukrainian Emergency Service via)

Aucun détail n’a été donné sur la composition des délégations ni sur les modalités de la rencontre. Melania Trump doit s’exprimer jeudi matin sur ce sujet.

Dans ce contexte, les alliés de Kyiv réunis au sein de la Force multinationale pour l’Ukraine ont annoncé qu’ils mèneraient du 9 au 22 novembre en Pologne un exercice grandeur nature destiné à éprouver leur aptitude à se déployer et opérer ensemble sur le terrain.

Quelque 2800 militaires de dix pays seront déployés à cette occasion sous la houlette de la France et du Royaume-Uni.

Côté russe, le maire de Moscou Sergueï Sobianine a fait état de 493 drones ukrainiens neutralisés dans la nuit alors qu’ils volaient en direction de la capitale. Une frappe a touché une raffinerie à Iaroslavl, au nord-est de Moscou, selon le gouverneur local, Mikhail Ievraiev.