Le président Volodymyr Zelensky a dit mardi espérer que les prochains pourparlers entre négociateurs russes et ukrainiens sous médiation américaine, prévus pour les 10 et 11 novembre, aboutissent à une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine.
L’émissaire américain Steve Witkoff a annoncé lundi des «négociations de travail» entre la Russie et l’Ukraine sous la médiation des États-Unis à ces deux dates à Abou Dhabi. Le Kremlin a confirmé mardi qu’elles auraient bien lieu les 10 et 11 novembre.
«Nous nous attendons à ce que le format des réunions trilatérales entre l’Ukraine, les États-Unis et la Russie, reprenne les 10 et 11 novembre et à ce qu’il s’agisse d’un format au niveau de nos équipes. Nous comptons sur le fait que le travail dans ce format et nos autres démarches diplomatiques ouvriront la voie à un format trilatéral au niveau des dirigeants», a déclaré M. Zelensky à Berlin.
L’Ukraine a à plusieurs reprises affirmé qu’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine était essentielle pour progresser vers un règlement du conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine de février 2022.
Pour le Kremlin, une telle réunion n’est possible qu’à Moscou, mais le chef de l’État ukrainien a maintes fois exclu un tel déplacement - ou d’accueillir son homologue russe à Kyiv.
L’énergie, une priorité
M. Zelensky estime que les questions à aborder en priorité au cours des pourparlers sont «l’énergie, c’est-à-dire un cessez-le-feu de part et d’autre (sur les installations dans ce secteur), ainsi que les infrastructures essentielles».
La Russie pilonne depuis des semaines le réseau énergétique de l’Ukraine, notamment dans la région de Kyiv, à l’approche des températures hivernales, mais aussi ses infrastructures ferroviaires et logistiques.
«Le deuxième point concerne les céréales, ce qui implique le déblocage (de la circulation des navires dans la zone) de la mer Noire. L’Ukraine n’est pas la seule à s’y intéresser, la Russie» et divers partenaires, en particulier en Afrique et en Asie, sont dans le même cas, a-t-il ajouté.
Le président ukrainien a aussi mentionné l’objectif d’«accroître les échanges» de prisonniers avec la Russie, idéalement en vertu d’une logique «tous contre tous».
Le chancelier allemand Friedrich Merz a cependant jugé que Moscou ne semblait toujours pas vouloir s’engager dans des négociations de paix sérieuses avec l’Ukraine.
Il a appelé à des «négociations sérieuses sur un cessez-le-feu et, dans un second temps, sur un accord de paix».
Selon lui, la trêve localisée la semaine dernière dans la région méridionale de Kherson pour des raisons humanitaires, concernant la localité d’Oleshky, pourrait servir de «modèle pour un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques et dans la mer Noire».
Il a aussi déclaré que si le président américain Donald Trump invitait Vladimir Poutine au sommet du G20 à Miami, Volodymyr Zelensky devrait aussi être convié.
«Et si l’on doit discuter de l’Ukraine, le président ukrainien doit être présent à la table des négociations», a-t-il dit au cours d’une conférence de presse commune, considérant comme «tout à fait inacceptable que des pays tiers discutent du sort de l’Ukraine» sans elle, mais aussi sans l’Europe.
Premier soutien de Kyiv, Berlin prévoit par ailleurs d’accueillir mi-novembre une réunion de la «coalition des volontaires», un groupe réunissant les principaux alliés de l’Ukraine.
