Kyiv accuse à nouveau Moscou de provoquer une crise humanitaire dans les environs d’Olechky, dans le sud de l’Ukraine occupée par la Russie, en empêchant l’acheminement de l’aide et l’évacuation des civils par un blocus de facto.
«La Russie crée délibérément une catastrophe humanitaire», a déclaré dimanche le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga.
Alors que l’Assemblée générale de l’ONU se tient cette semaine, M. Sybiga a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour «établir un corridor humanitaire, acheminer nourriture et médicaments et évacuer les civils».
Selon les autorités ukrainiennes, quelque 2000 personnes seraient encore présentes à Olechky, dans la région de Kherson, sur les rives du Dniepr.
L’accès très difficile à cette localité située sur la ligne de front complique toute estimation précise du nombre de résidents et de leurs conditions de vie.
Lundi, le Kremlin a reconnu des difficultés d’approvisionnement en nourriture et en médicaments, tout en en rejetant la responsabilité sur Kyiv.
«Le régime de Kyiv fait absolument tout pour entraver les livraisons. Des drones survolent en permanence la zone et tuent des gens», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
L’AFP s’est entretenue avec des volontaires ukrainiens coordonnant les évacuations de la région de Kherson, sans toutefois pouvoir vérifier de manière indépendante la situation sur place.
Selon eux, la situation à Olechky s’est dégradée ces derniers mois et les évacuations sont désormais exclues.
«Les Russes eux-mêmes avaient l’habitude d’apporter des fournitures à des fins de propagande. Désormais, avec la multiplication des drones, ils ne prennent plus ce risque», explique Stefan Vorontsov, secouriste volontaire, à l’AFP.
«Ils ne laissent pas entrer l’aide, ils pillent la population, ils ont conduit la situation au bord de la catastrophe humanitaire», a-t-il ajouté, accusant les autorités russes d’avoir aggravé la crise.
Selon lui, la situation pourrait encore se détériorer fortement à l’approche de l’hiver, lorsque les habitants auront épuisé les vivres.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Kyiv a estimé que la situation sécuritaire était «volatile et complexe» et que «de nombreux obstacles» compliquaient la fourniture d’une aide humanitaire.
Le CICR a assuré être prêt à apporter son soutien «si les parties en font la demande et lorsque les garanties de sécurité appropriées seront réunies».
De son côté, le commissaire ukrainien aux droits humains, Dmytro Lubinets, réclame depuis plusieurs mois une mission d’évacuation humanitaire, mais affirme que Moscou n’a pas répondu à ces propositions.
«Il faut sauver les gens. Parce que la ville s’est transformée en piège mortel», a-t-il déclaré.
