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L’ouragan Isaias pourrait faire grimper les prix du carburant

Voici pourquoi.

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Silas Bowles, de Gulf Breeze (Floride), filme les vagues alors que l'ouragan Isaias s'approche de Pensacola Beach (Floride), le vendredi 9 octobre 2026. Photo AP Silas Bowles, de Gulf Breeze (Floride), filme les vagues alors que l'ouragan Isaias s'approche de Pensacola Beach (Floride), le vendredi 9 octobre 2026. Crédit image | Photo AP (Gerald Herbert)

L’ouragan Isaias devrait épargner les principaux pôles de l’industrie pétrolière situés le long de la côte du golfe du Mexique, mais il pourrait néanmoins faire grimper les prix du carburant s’il provoquait des coupures d’électricité entraînant la fermeture des raffineries chargées de traiter le pétrole brut, selon des experts du secteur.

Une fermeture prolongée des raffineries viendrait perturber l’approvisionnement en carburant, qui a déjà souffert du conflit en cours au Moyen-Orient et de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

L’usine de Chevron à Pascagoula, dans le Mississippi, et la raffinerie de Vertex Energy à Mobile, en Alabama, qui représentent 2,4% de la capacité de raffinage du pays, sont menacées d’inondations et de coupures d’électricité, selon Andrew Lipow, analyste pétrolier basé à Houston. Le moindre problème pourrait mettre ces installations hors service à un moment où les stocks de diesel sont déjà faibles.

Isaias s’est transformé vendredi en ouragan majeur alors qu’il fonçait vers la côte du golfe du Mexique, où les derniers préparatifs étaient en cours pour faire face à des ondes de tempête et des vents violents pouvant mettre des vies en danger.

Si la tempête passe rapidement et que ses répercussions sont minimes, les raffineries continueraient de fonctionner à capacité réduite et les prix de l’essence et du diesel pourraient augmenter de quelques centimes seulement, d’après Carl Larry de la société d’analyse énergétique Enverus. Mais si des raffineries telles que celle de Chevron venaient à fermer complètement, leur remise en service pourrait prendre des semaines, ce qui entraînerait une hausse plus importante des prix des carburants, a-t-il précisé.

«En cas de problèmes majeurs, comme une coupure d’électricité, les prix grimperont immédiatement. Une hausse d’un dollar est possible», a dit M. Larry. «Les prix du diesel, qui dépassent déjà les 6 dollars, pourraient commencer à approcher les 7$.»

D’autres experts ont estimé que même si les raffineries qui transforment le pétrole en carburant destiné aux consommateurs subissaient des répercussions, l’impact sur le prix de l’essence devrait être minime.

«Nous parlons d’une perte potentielle de moins d’un million de barils par jour, probablement de l’ordre de 500 000 barils par jour, en capacité de raffinage», a expliqué Patrick De Haan, responsable de l’analyse pétrolière chez GasBuddy. «Cela pourrait avoir un léger impact sur les prix de l’essence, principalement sur la côte du golfe du Mexique, mais je ne pense pas que cela atteigne un seuil susceptible d’influencer les prix de l’essence à l’échelle nationale.»

Alors que les raffineries de la côte se préparaient à affronter la tempête, celle-ci avait déjà provoqué des arrêts temporaires de puits de pétrole offshore qui produisent environ 15% du brut américain.

Le personnel de 121 plateformes de production — soit environ un tiers des installations du golfe du Mexique — a été évacué, selon l’Administration fédérale des minéraux marins.

«Les gens survivent»: une part de l’économie québécoise ébranlée par la flambée du diesel Le prix du diesel risque d’augmenter davantage en raison des États-Unis qui envisagent de réduire leurs exportations pour conserver leur carburant sur leur territoire.

Près des deux tiers de la production pétrolière du golfe ont été interrompus, ce qui équivaut à près de 1,3 million de barils (54 millions de gallons) de pétrole par jour, a indiqué l’agence. Chevron, BP et Shell figuraient parmi les entreprises ayant signalé l’évacuation de leur personnel et la fermeture de leurs plateformes.

L’impact de la tempête sur les prix du pétrole et du gaz est, pour l’instant, largement éclipsé par les répercussions du conflit au Moyen-Orient. Et une fois la tempête passée, les travailleurs pourront regagner les plateformes du golfe et reprendre rapidement leurs activités, à moins que des dégâts importants ne soient constatés.

«Je m’attends à ce que la production pétrolière interrompue reprenne probablement assez rapidement, d’ici quelques jours à peine», a réagi Patrick De Haan.

Vendredi, les cours du Brent, la référence internationale, s’établissaient au-dessus de 104$ le baril. Ce prix a oscillé entre 96 dollars et près de 110 dollars au cours du dernier mois, sous l’effet des incertitudes liées à la guerre avec l’Iran.