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L'Iran se prépare à des funérailles de plusieurs jours pour l'ayatollah Ali Khamenei

La télévision d’État a montré des rassemblements nocturnes dans différentes villes iraniennes.

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Préparatifs des funérailles de l’Ayatollah Khamenei à Téhéran Il pourrait bien s'agir du plus grand événement de l'histoire de la République islamique d'Iran. Les funérailles du Guide suprême iranien, mort en février dernier, vont avoir lieu samedi.

L’Iran s’est préparé vendredi aux funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, le défunt Guide suprême, qui s’étaleront sur plusieurs jours. Des banderoles déployées dans tout Téhéran appelaient la population à se mobiliser en faveur de la République islamique après la guerre dévastatrice qui a coûté la vie à ce religieux âgé de 86 ans.

La télévision d’État a montré des rassemblements nocturnes dans différentes villes iraniennes, où la foule scandait des slogans en faveur de la théocratie du pays et contre les États-Unis et Israël.

Le gouvernement s’attend à ce que des millions de personnes envahissent les rues de la capitale à partir de samedi, dans des scènes qui rappelleront les funérailles de l’ancien Guide suprême, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, en 1989.

Cela pourrait donner un coup de pouce au gouvernement iranien, d’autant plus qu’il tente de tirer parti de son emprise sur le détroit d’Ormuz dans les négociations avec les États-Unis en vue d’une fin définitive de la guerre, et alors que la crainte d’une nouvelle attaque israélienne persiste.

Malgré cela, un général influent à la tête des Gardiens de la révolution, force paramilitaire iranienne, est apparu en public pour la première fois depuis des mois à l’occasion des funérailles. D’autres hauts responsables gouvernementaux devraient également être présents aux côtés de dignitaires étrangers, dans une démonstration de force de la part de l’Iran.

«Tant que ces personnes, qui ont été choisies (par Dieu), seront sur le terrain, nous poursuivrons sans aucun doute la même politique du “non à l’humiliation” instaurée par la République islamique», a déclaré Mohammad Hossein Rezaei, un bénévole participant aux préparatifs des funérailles de vendredi.

«Nous poursuivrons notre politique en faveur de l’indépendance. Les décisions seront prises à l’intérieur du pays, et le peuple décidera de son propre destin», a-t-il ajouté.

Des cercueils exposés à Téhéran

Le cercueil de M. Khamenei, recouvert du drapeau national, reposait à la Grande Mosalla de Téhéran aux côtés des membres de sa famille tués lors de la frappe aérienne israélienne survenue dès les premiers instants de la guerre, le 28 février.

Parmi les défunts à qui un hommage a été rendu figuraient un gendre, sa fille aînée, une petite-fille de 14 mois et l’épouse du nouveau Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei. Ce dernier est le fils de l’ancien Guide, qui reste en fuite après avoir été blessé lors de l’attaque, selon certaines informations.

Des chefs religieux et des dignitaires étrangers se sont approchés du cercueil de M. Khamenei tandis qu’une fanfare militaire jouait ou qu’un homme entonnait des prières.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, et le président Masoud Pezeshkian, des personnalités centrales du gouvernement civil du pays, ont tous exprimé leurs respects.

Une vidéo diffusée par les médias d’État iraniens montrait une cérémonie de deuil organisée plus tôt dans la soirée de jeudi en l’honneur de M. Khamenei.

Des personnes endeuillées, vêtues de noir, identifiées par les médias comme faisant partie des familles ayant perdu des proches lors de la guerre de 12 jours en 2025 et de la récente guerre en Iran, ont lancé des foulards et d’autres objets pour que les personnes présentes les fassent effleurer le cercueil, une pratique courante équivalant à une bénédiction en Iran.

Plus tard, les médias d’État ont diffusé des images du cercueil de M. Khamenei recouvert d’un drapeau rouge orné d’une calligraphie blanche lisant «Ya Husayn», une expression chiite commémorant le martyre, au VIIe siècle, du petit-fils du prophète Mahomet. Ce drapeau flottait auparavant au-dessus du mausolée à coupole dorée de l’imam Hussein à Kerbala, en Irak. Traditionnellement, ce drapeau symbolise à la fois le sang versé d’une personne tuée injustement et un appel à la vengeance.

Un haut gradé fait sa première apparition publique

Des photos publiées en ligne par les médias d’État iraniens montraient le général Ahmad Vahidi assistant jeudi à une réunion concernant les funérailles de M. Khamenei, puis assis aux côtés de son cercueil alors que la théocratie iranienne organisait jeudi soir une cérémonie plus intime en son honneur près de l’ancienne résidence du Guide suprême, dans le centre-ville de Téhéran.

«Ils doivent savoir que le sang pur de notre imam martyr marquera un nouveau tournant dans les victoires de l’islam bien-aimé sur la scène mondiale», a dit M. Vahidi à la télévision d’État dans des propos diffusés vendredi. «Ils emporteront dans leur tombe le souhait de voir cette nation capituler. Cette nation s’élèvera de plus en plus haut jour après jour grâce à ce sang pur.»

Selon les experts, M. Vahidi est devenu un acteur majeur dans l’élaboration de la position intransigeante de l’Iran dans les négociations visant à mettre définitivement fin à la guerre avec les États-Unis. Il n’avait plus été vu en public depuis le 8 février, plusieurs semaines avant le début de la guerre en Iran.

Au cours de la guerre, Israël a éliminé de hauts responsables de l’armée et du gouvernement iraniens, et a également menacé la vie du nouveau guide suprême. M. Vahidi ferait partie d’un petit cercle en contact direct avec le jeune Khamenei.

On ignore encore si M. Khamenei se rendra aux funérailles de son père. Ce dernier s’était rendu en 1989 aux funérailles de M. Khomeini, en larmes, alors qu’il entamait un parcours qui allait le mener à diriger l’Iran d’une main de fer pendant des décennies, tout en affrontant l’Occident.

Les menaces répétées d’Israël visant à assassiner M. Khamenei ont suscité jeudi un avertissement de la part du commandement militaire conjoint iranien, qui a exhorté Israël et les États-Unis à «éviter toute erreur de calcul» au cours des prochains jours.

Des funérailles qui dureront plusieurs jours

À partir de samedi, l’Iran organisera des funérailles de plusieurs jours en l’honneur de M. Khamenei et sa dépouille sera transportée vers différentes villes en Iran et en Irak voisin.

Les autorités prévoient de fermer des rues, de restreindre l’espace aérien et de suspendre la vie quotidienne à Téhéran pendant que les personnes en deuil rendront hommage à la mémoire de M. Khamenei.

À Téhéran, des images du poing du défunt M. Khamenei étaient visibles sur des banderoles et sur une statue géante de la place de la Révolution islamique (place Enqelab-e-Eslami), encadrées par ce qui semblait être des missiles balistiques fendant les airs. Dans son premier message à la nation, lu par un présentateur de la télévision d’État, Mojtaba Khamenei a déclaré avoir vu le corps de son père après son décès, le poing levé et serré.

Les banderoles affichaient en arabe, en anglais et en farsi: «Nous devons nous lever.»

«Ce poing est le poing serré de nous tous, musulmans, a souligné Jafar Javadi, chauffeur de taxi. Le poing du Guide est le signe que tous nos poings sont serrés et qu’ils (les ennemis) seront anéantis par ces poings, si Dieu le veut. Nous continuerons à scander “Mort à l’Amérique” et “Mort à Israël” avec ce même poing serré.»