L’odeur du soufre est très forte dans la ville côtière et pétrolière qui abrite l’une des plus grandes centrales thermoélectriques de Cuba. Pourtant, alors même que la centrale reprend du service, les habitants demeurent dans le noir, entourés de sources d’énergie qu’ils ne peuvent pas utiliser.
Alors que les tensions s’intensifient entre Cuba et les États-Unis après l’attaque du Venezuela et l’interruption des livraisons de pétrole, les difficultés de Santa Cruz del Norte s’aggravent.
Les habitants de cette ville située à l’est de La Havane sont plongés quotidiennement dans l’obscurité et contraints de cuisiner au charbon et au bois, mais tout le monde ne peut pas se permettre cette nouvelle réalité.
Kenia Montoya a raconté avoir récemment arraché la porte en bois de sa salle de bain dans la maison en briques délabrée qu’elle partage avec ses enfants, car elle avait besoin de bois de chauffage et qu’ils avaient besoin de manger.
«La situation empire pour nous, dit-elle. Ils ne nous fournissent pas de pétrole. Ils ne nous fournissent pas de nourriture. Où cela nous mène-t-il donc?»
Une bâche violette délavée est désormais suspendue au-dessus de leur salle de bain. À proximité, il ne reste qu’une poignée de charbon dans un petit sac.
Cette mère de 50 ans ne sait pas comment elle fera pour cuisiner une fois que le charbon sera épuisé, car les réserves dans la région ont diminué.
C’est l’une des nombreuses incertitudes qui pèsent sur les villes cubaines après que le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane à tout pays qui vend ou fournit du pétrole à Cuba.
«Eh bien, c’est une nation qui a échoué maintenant, a remarqué M. Trump cette semaine. Et ils ne reçoivent plus d’argent du Venezuela, ni d’ailleurs d’ailleurs.»
Près de l’entrée principale de Santa Cruz del Norte, une immense fresque murale affiche le message suivant en lettres majuscules: «PERSONNE N’ABANDONNE ICI. VIVE UNE CUBA LIBRE.»
Pendant ce temps, le gouvernement cubain reste muet sur ses réserves de pétrole, ne donnant aucune information sur la question de savoir si la Russie ou un autre pays augmenterait ses livraisons après la perturbation des approvisionnements en pétrole vénézuélien, à la suite de la capture du président du pays par les États-Unis.
Jeudi, le président cubain Miguel Díaz-Canel a affirmé que la situation était complexe et a qualifié la position des États-Unis d’«agressive et criminelle», indiquant qu’elle affectait des domaines tels que les transports, les hôpitaux, les écoles, le tourisme et la production alimentaire.
Il a déclaré qu’il fournirait des détails sur la manière dont Cuba allait faire face à la crise dans une semaine.
Les responsables cubains ont récemment salué un entretien téléphonique qu’ils ont eu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, sans toutefois en dévoiler les détails. Dans le même temps, le Mexique s’est engagé à envoyer une aide humanitaire, notamment alimentaire, après que Donald Trump lui ait demandé de suspendre ses livraisons de pétrole vers la nation insulaire.
