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Le Venezuela libère des dizaines de prisonniers après une rencontre avec Trump

450 prisonniers politiques, dont 20 étrangers, seraient toujours au Venezuela.

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La présidente intérimaire du Venezuela, Delcy Rodríguez, lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2026. Photo AP/Frank Franklin II La présidente intérimaire du Venezuela, Delcy Rodríguez, lors de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2026. Photo AP (Frank Franklin II)

Des organisations de défense des droits de la personnes ont indiqué qu’un nombre important de prisonniers politiques avaient été libérés au Venezuela samedi, bien que le nombre total des personnes libérées n’ait pas encore été déterminé.

Ces libérations font suite à une rencontre, mardi, entre la présidente vénézuélienne par intérim Delcy Rodríguez et le président américain Donald Trump, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Dans son discours à l’ONU, Mme Rodríguez a déclaré que le Venezuela, dont le gouvernement est accusé d’emprisonner des dissidents, de truquer les élections et d’étouffer la liberté d’expression, avait «entamé un processus de transformation démocratique».

Dans un message publié sur X, l’organisation vénézuélienne de défense des droits de la personne Clippve a indiqué que sept prisonniers politiques avaient été libérés samedi matin d’une prison située dans la banlieue de Caracas, dont Wilder Vasquez, un étudiant universitaire qui avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir participé en 2018 à un complot visant à assassiner l’ancien président Nicolás Maduro. M. Vasquez a toujours clamé son innocence. Sa peine devait prendre fin en 2023.

Dans un autre message publié sur X, l’organisation de défense des droits Justicia, Encuentro y Perdon a indiqué que 29 personnes avaient été libérées samedi des prisons vénézuéliennes, dont 12 détenus figurant sur sa liste de prisonniers politiques.

«Dix-sept des personnes libérées ne figuraient pas dans notre base de données des prisonniers politiques, a précisé l’organisation. Notre équipe continue de vérifier les informations afin de mettre à jour notre registre.»

Le gouvernement vénézuélien n’a fait aucune déclaration concernant les événements de samedi.

Le gouvernement de Mme Rodríguez nie que le pays emprisonne des dissidents. Il a toutefois déclaré qu’il s’efforçait de libérer les personnes ayant fait l’objet d’une enquête ou ayant été condamnées pour des crimes, tels que des attaques contre les institutions du pays, dans le cadre de ses efforts visant à promouvoir la réconciliation nationale.

Des centaines de personnes ont été libérées des prisons vénézuéliennes depuis que Maduro a été capturé en janvier lors d’un raid militaire américain et emmené à New York, où il est accusé de trafic de drogue. Mais les organisations de défense des droits de l’homme affirment que le Venezuela continue de détenir des prisonniers politiques.

Dans un message publié vendredi, Justicia Encuentro y Perdon a indiqué qu’il y avait encore 450 prisonniers politiques au Venezuela, dont 20 étrangers.

Dans un discours prononcé jeudi devant l’Assemblée générale des Nations unies, M. Rodríguez a déclaré qu’«il y aura des élections au Venezuela», sans toutefois préciser de date.

Les militants pour la démocratie et les organisations de défense des droits de l’homme appellent le gouvernement vénézuélien à organiser de nouvelles élections qui conféreraient une légitimité à ses institutions et refléteraient la volonté du peuple vénézuélien.

Après la destitution de M. Maduro, Mme Rodríguez, qui était son vice-président, a pris la relève en tant que chef de l’État par intérim et s’est vu attribuer un mandat de six mois par la Cour suprême du pays. Ce mandat a désormais expiré, ce qui soulève des questions quant à la légitimité de Mme Rodríguez.

Au moins 1800 personnes ont été arrêtées au Venezuela lors d’une vague de répression qui a suivi l’élection présidentielle de 2024, que M. Maduro a été accusé d’avoir truquée. Des dizaines de militants de l’opposition se sont cachés pour échapper à l’arrestation et certains ont également quitté le pays, notamment la dirigeante de l’opposition Maria Corina Machado, qui s’est enfuie clandestinement du Venezuela l’année dernière pour recevoir le prix Nobel de la paix.

Mme Machado a été menacée d’arrestation par le gouvernement Rodríguez si elle revenait dans le pays.

Manuel Rueda

Manuel Rueda

Journaliste