Le président populiste serbe Aleksandar Vucic a annoncé samedi qu’il démissionnera de ses fonctions dans les semaines à venir, ouvrant ainsi la voie à des élections anticipées à la suite des manifestations menées par la jeunesse qui ont ébranlé son emprise sur le pouvoir.
M. Vucic n’a pas précisé quand exactement il démissionnera ni quand pourraient se tenir des élections, qu’elles concernent le Parlement ou la présidence. Il avait déjà laissé entendre par le passé qu’il pourrait quitter ses fonctions, alors que des rumeurs laissaient entendre qu’il tenterait de se tourner vers le poste de premier ministre de ce pays des Balkans, officiellement plus puissant.
M. Vucic, qui effectue actuellement son deuxième mandat, ne peut pas se représenter à la présidence, conformément à la loi électorale serbe. Des élections présidentielles et législatives ordinaires sont prévues l’année prochaine.
«Je resterai président encore plusieurs semaines, puis je présenterai ma démission», a déclaré M. Vucic devant des milliers de ses partisans dans le centre-ville de Belgrade. Il a ajouté qu’il apporterait son soutien à son parti, le Parti progressiste serbe, lors des prochaines élections.
«Nous remporterons une victoire plus convaincante que jamais», a-t-il dit, indiquant à la foule que c’était probablement la dernière fois qu’il s’adressait à elle en tant que président de la Serbie.
Les étudiants universitaires, à l’origine de plus d’un an de manifestations contre le régime de plus en plus autocratique de M. Vucic en Serbie, réclament des élections législatives anticipées depuis plus d’un an, mais M. Vucic s’est jusqu’à présent abstenu de fixer une date.
Aleksandar Vucic a progressivement renforcé son emprise sur le pouvoir depuis que son parti populiste a pris la tête du gouvernement serbe il y a 14 ans.
Un accident ferroviaire survenu dans le nord du pays en novembre 2024 a déclenché des manifestations de masse qui ont duré plusieurs mois, les manifestants exigeant que des responsabilités soient établies pour cette tragédie qui a coûté la vie à 16 personnes.
M. Vucic a réprimé durement les manifestants et a également essuyé les critiques de l’Union européenne concernant le recul démocratique de la Serbie, notamment la répression des médias. Des centaines de personnes ont été placées en détention et la police serbe a été accusée d’usage excessif de la force et d’arrestations arbitraires.
Les manifestants antigouvernementaux ont imputé la chute d’un auvent en béton à la gare de Novi Sad à une négligence prétendument due à la corruption dans les grands projets d’infrastructure publics.
