Les États-Unis et l’Iran étaient en désaccord, mardi, à savoir si Téhéran allait consentir à des inspections de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur ses sites nucléaires. Alors que les responsables négocient les modalités d’une fin définitive de la guerre en Iran, un plan distinct a vu le jour pour débloquer la situation dans le détroit d’Ormuz.
Cette divergence survient au même moment où le président iranien a rencontré, mardi, des médiateurs pakistanais, et que les équipes techniques américaines et iraniennes ont poursuivi leurs pourparlers en Suisse.
Une agence de l’ONU a déclaré mardi qu’un plan était en cours d’élaboration pour faire passer les navires bloqués et leurs milliers de membres d’équipage à travers le détroit. Le détroit d’Ormuz est vital pour l’approvisionnement énergétique mondial et l’Iran l’a bloqué après le début de la guerre, déclenchée par les États-Unis et Israël, le 28 février.
Plus tôt, mardi, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a dit à des journalistes, à Téhéran, qu’il n’y avait pas d’inspection des sites nucléaires bombardés l’an dernier par les États-Unis prévue par l’Organisation des Nations unies.
Il a ainsi réfuté les propos tenus le jour d’avant par le vice-président américain, J.D. Vance, qui avait précédemment indiqué que les négociations en Suisse avaient abouti à un accord permettant à l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA) d’inspecter ces sites.
Le président Donald Trump a pour sa part affirmé mardi aux journalistes que si l’Iran n’acceptait pas les inspections, il mettrait immédiatement fin aux négociations avec Téhéran. Il a toutefois ajouté qu’il n’y avait pas urgence à ce que cela commence.
L’AIEA n’a pas fait de commentaire concernant son rôle éventuel. Elle a effectué plusieurs missions en Iran depuis la guerre de 12 jours menée par Israël contre l’Iran en 2025, mais n’a pas obtenu l’accès aux sites d’enrichissement bombardés par les États-Unis lors de ce conflit.
L’Iran soutient que son programme nucléaire a des fins pacifiques, bien qu’il dispose d’uranium hautement enrichi pouvant servir à fabriquer des bombes atomiques s’il le souhaite, a indiqué l’AIEA.
La semaine dernière, les États-Unis et l’Iran se sont entendus pour que Téhéran dilue ses réserves d’uranium enrichi, et que les sanctions soutenues par les États-Unis soient levées, tout en accordant 60 jours à chacune des parties pour négocier des accords à portée plus large.
Début du plan d’évacuation des marins bloqués dans le détroit d’Ormuz
Le plan d’évacuation des 11 000 membres d’équipage bloqués à bord de navires est mis en œuvre en coopération avec l’Iran, Oman, tous les autres États côtiers de la région, les États-Unis et le secteur maritime, selon le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez.
«Nous avons obtenu les garanties de sécurité nécessaires et avons soigneusement vérifié les conditions d’une navigation sûre afin de faciliter ces opérations», a-t-il déclaré dans un communiqué.
L’organisation a précisé que le déplacement des navires se ferait progressivement afin d’éviter tout risque de collision.
Un responsable du secteur de l’assurance maritime s’est réjoui de cette évolution. «Cela ne peut être qu’une bonne nouvelle pour toutes les parties concernées», a déclaré Marcus Baker, directeur mondial du groupe d’expertise pour l’assurance maritime, de transports et de logistique chez Marsh, à Londres.
Mais le cessez-le-feu fragile a déjà été mis à l’épreuve par l’Iran, qui a annoncé avoir de nouveau fermé le détroit en raison des combats entre Israël et le Hezbollah, une milice soutenue par l’Iran, au Liban. Des violences ont de nouveau éclaté au Liban mardi.
Les États-Unis ont indiqué que les négociateurs avaient discuté de «mécanismes» visant à garantir que le détroit reste ouvert. Le trafic maritime augmente, mais des questions subsistent quant à savoir qui contrôle ce passage.
La société de données et d’analyse Kpler a confirmé que 39 navires ont franchi le détroit lundi, après environ 92 traversées entre vendredi et dimanche. Avant la guerre, environ 100 navires effectuaient ce trajet chaque jour.
Deux porte-avions américains ont continué d’opérer au Moyen-Orient, a indiqué le Commandement central de l’armée américaine.
Première visite du président iranien à Islamabad depuis le début de la guerre
Le président iranien Masoud Pezeshkian et le président pakistanais Asif Ali Zardari ont répondu mardi à une série de questions, traitant notamment de paix régionale et de coopération économique, selon un communiqué de la présidence à Islamabad.
Il s’agit de la première visite du président iranien depuis que les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l’Iran. Lors d’une conférence de presse tenue après leur rencontre, il a déclaré que le programme de missiles iranien n’était pas mentionné dans le protocole d’accord signé entre les États-Unis et l’Iran.
«Sans les capacités balistiques de l’Iran, notre pays aurait été pillé et détruit», a déclaré M. Pezeshkian, s’engageant à «ne jamais faire de compromis ni négocier nos capacités balistiques».
Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a ensuite annoncé qu’il assisterait à Téhéran aux funérailles du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué lors des premières frappes aériennes de la guerre.
Au début d’une période de 60 jours destinée à aboutir à un accord permanent pour mettre fin à la guerre, l’Iran et les États-Unis ont convenu de créer une «cellule de désescalade» pour gérer les combats entre Israël et le Hezbollah.
L’Iran a déclaré que les pourparlers menés en Suisse avaient abouti à la création de groupes de négociation chargés d’alléger les sanctions, de traiter des questions nucléaires, de la reconstruction et du suivi, selon l’agence de presse étatique de la République islamique (IRNA).
Le communiqué cite Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères chargé de mener les pourparlers sur place, qui a indiqué que les pays avaient également ouvert la possibilité de discuter de la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz.
