Le Pentagone a annoncé vendredi la rupture de ses liens avec l’Université Harvard, mettant fin à toutes les formations militaires, bourses et programmes de certification proposés par cette institution de l’Ivy League.
Cette annonce marque un nouveau tournant dans le bras de fer qui oppose l’administration Trump à Harvard, la Maison-Blanche exigeant des réformes au sein de l’établissement.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a expliqué vendredi dans un communiqué que Harvard «ne répond plus aux besoins du département de la Guerre ni des forces armées».
«Pendant trop longtemps, ce département a envoyé ses meilleurs officiers à Harvard, espérant que l’université comprendrait et apprécierait mieux nos soldats, a expliqué M. Hegseth. Au lieu de cela, trop d’officiers sont revenus imprégnés de l’esprit d’Harvard : la tête pleine d’idéologies mondialistes et radicales qui ne contribuent en rien à l’amélioration de nos rangs.»
Dans un autre message publié sur X, M. Hegseth a écrit : «Harvard est progressiste ; le département de la Guerre ne l’est pas.»
À compter de l’année universitaire 2026-2027, le Pentagone interrompra les formations militaires professionnelles de niveau supérieur, les bourses et les programmes de certification, précise le communiqué. Le personnel actuellement inscrit à Harvard pourra terminer ses cours.
Des programmes similaires dans d’autres universités de l’Ivy League seront évalués dans les semaines à venir, a expliqué M. Hegseth.
M. Hegseth a obtenu une maîtrise à Harvard, mais a symboliquement renvoyé son diplôme lors d’un reportage de Fox News en 2022.
Un compte de médias sociaux du Pentagone, géré par le bureau de M. Hegseth, a republié l’extrait où l’on voit Pete Hegseth, alors commentateur pour Fox News, rendre son diplôme et y inscrire «Retour à l’expéditeur» au marqueur.
L’armée offre à ses officiers diverses possibilités de formation de niveau supérieur, aussi bien dans les écoles de guerre militaires que dans des institutions civiles comme Harvard.
De manière générale, si les possibilités d’étudier dans des établissements civils prestigieux offrent moins d’avantages directs pour la carrière militaire d’un militaire que leurs équivalents civils, elles contribuent à rendre les anciens combattants plus attractifs sur le marché du travail une fois qu’ils ont quitté l’armée.
Harvard est depuis longtemps la cible prioritaire du président Donald Trump dans sa campagne visant à soumettre les universités les plus prestigieuses du pays.
Ses collaborateurs ont réduit de plusieurs milliards de dollars le financement fédéral de la recherche à Harvard et ont tenté d’empêcher l’université d’accueillir des étudiants étrangers après que celle-ci a rejeté une série d’exigences gouvernementales en avril dernier.
La Maison-Blanche affirme sanctionner Harvard pour avoir toléré des préjugés antisémites sur le campus.
Les dirigeants de Harvard rétorquent qu’ils font l’objet de représailles illégales pour avoir refusé d’adopter les positions idéologiques de l’administration. Harvard a intenté deux procès contre l’administration.
Un juge fédéral a rendu des décisions donnant raison à Harvard dans les deux affaires. L’administration a fait appel.
Les tensions s’étaient apaisées durant l’été, Donald Trump ayant laissé entendre qu’un accord était imminent.
Cet accord ne s’est jamais concrétisé et, lundi, le président a durci le ton, exigeant un milliard de dollars de Harvard pour tout accord visant à rétablir le financement fédéral.
C’est le double de ce qu’il avait exigé auparavant.
