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Les États-Unis se retirent de 66 organisations internationales

La plupart des cibles sont des agences, commissions et comités consultatifs liés à l’ONU.

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Donald Trump en conférence de presse à Mar-a-Lago, en Floride, le 3 janvier 2026. Le président a annoncé mercredi que les États-Unis se retireront de dizaines d'organisations internationales. (AP/Alex Brandon) Donald Trump en conférence de presse à Mar-a-Lago, en Floride, le 3 janvier 2026. Le président a annoncé mercredi que les États-Unis se retireront de dizaines d'organisations internationales. AP (Alex Brandon)

L’administration Trump va retirer les États-Unis de dizaines d’organisations internationales, notamment l’agence des Nations Unies chargée des questions démographiques et le traité des Nations Unies qui établit les négociations internationales sur le climat, alors que les États-Unis se désengagent davantage en matière de coopération mondiale.

Le président Donald Trump a signé mercredi un décret suspendant le soutien des États-Unis à 66 organisations, agences et commissions, à la suite de l’examen par son administration de la participation et du financement de toutes les organisations internationales, y compris celles affiliées aux Nations Unies, selon un communiqué de la Maison-Blanche.

La plupart des cibles sont des agences, commissions et comités consultatifs liés à l’ONU qui se concentrent sur le climat, le travail, les migrations et d’autres questions que l’administration Trump a classées comme favorisant la diversité et les initiatives «woke».

Parmi les autres organisations non onusiennes figurant sur la liste, on compte le Partenariat pour la coopération atlantique, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale et le Forum mondial contre le terrorisme.

«L’administration Trump a jugé que ces institutions étaient redondantes dans leur champ d’action, mal gérées, inutiles, coûteuses, mal administrées, menées par les intérêts d’acteurs poursuivant leurs propres objectifs contraires aux nôtres, ou constituant une menace pour la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation», a déclaré le département d’État dans un communiqué.

Cette décision survient alors que l’administration Trump a lancé des initiatives militaires ou proféré des menaces qui ont inquiété tant ses alliés que ses adversaires, notamment en capturant le dirigeant autocratique vénézuélien Nicolás Maduro et en manifestant son intention de prendre le contrôle du Groenland.

Il s’agit du dernier retrait américain d’organismes internationaux.

L’administration avait précédemment suspendu son soutien à des agences, telles que l’Organisation mondiale de la Santé, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Les États-Unis ont adopté une approche plus large et à la carte pour le paiement de leurs cotisations à l’organisation mondiale, en choisissant les opérations et les agences qui, selon eux, correspondent au programme américain.

«Je pense que nous assistons à la cristallisation de l’approche américaine du multilatéralisme, qui consiste à dire “c’est à prendre ou à laisser”», a déclaré Daniel Forti, responsable des affaires onusiennes à l’International Crisis Group. «C’est une vision très claire qui consiste à vouloir une coopération internationale selon les conditions fixées par Washington.»

Cela marque un changement majeur par rapport à la manière dont les administrations précédentes, tant républicaines que démocrates, ont traité avec l’ONU, et cela a contraint l’organisation mondiale, déjà en pleine remise en question interne, à réagir par une série de réductions de personnel et de programmes.

De nombreuses agences non gouvernementales indépendantes, dont certaines travaillent avec les Nations Unies, ont fait état de la fermeture de nombreux projets en raison de la décision prise l’année dernière par l’administration américaine de réduire considérablement l’aide étrangère accordée par l’Agence américaine pour le développement international (USAID).