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Le pape rend visite à l'ambassadeur américain à l'occasion du 4 juillet

Le Vatican a confirmé que le pape avait accepté l’invitation de Brian Burch à se joindre aux célébrations de cet anniversaire.

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Le pape Léon XIV visite le monument «Porte de l'Europe» à Lampedusa, en Sicile, le samedi 4 juillet 2026, lors d'une visite pastorale d'une journée sur cette île longtemps associée au sort des migrants traversant la Méditerranée. (Photo AP/Alessandra... Le pape Léon XIV visite le monument «Porte de l'Europe» à Lampedusa, en Sicile, le samedi 4 juillet 2026, lors d'une visite pastorale d'une journée sur cette île longtemps associée au sort des migrants traversant la Méditerranée. AP (Alessandra Tarantino)

Le pape Léon XIV, qui s’est opposé à l’administration Trump au sujet de sa politique répressive en matière d’immigration, a passé le 4 juillet, samedi dernier, au cœur du débat européen sur les migrations, afin de rendre hommage aux dizaines de milliers de personnes qui ont perdu la vie en tentant de rejoindre l’Europe à la recherche de la liberté et de la prospérité.

Alors que les États-Unis célèbrent le 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance avec des rassemblements, des fêtes et des feux d’artifice, le pape, né aux États-Unis, s’est rendu sur l’île sicilienne de Lampedusa pour prier dans un cimetière de migrants et célébrer une messe solennelle en l’honneur des habitants de l’île et des nouveaux arrivants.

Plus tard dans la journée de samedi, il s’est mis dans l’ambiance du 4 juillet en se rendant à la résidence de l’ambassadeur des États-Unis auprès du Saint-Siège, Brian Burch. Le Vatican a confirmé que le pape avait accepté l’invitation de M. Burch à se joindre aux célébrations de cet anniversaire.

Bande rocheuse dépourvue d’arbres longue de 9 kilomètres, Lampedusa est plus proche de l’Afrique que du continent italien et constitue le principal point d’entrée en Europe pour des centaines de milliers de migrants qui ont traversé en bateau depuis la Libye ou la Tunisie, souvent acheminés clandestinement par des passeurs.

Le pape a rencontré quelques migrants sur le quai, puis s’est avancé seul sur les rochers escarpés de la jetée, le vent fouettant sa soutane et emportant sa calotte tandis qu’il contemplait la mer. Il a ensuite béni une plaque dédiant le quai au pape François, qui s’y était rendu en 2013, avant de célébrer la messe sur la terre ferme.

«C’est un lieu où les gestes en disent plus long que les mots, a déclaré Léon XIV. Mais pour que les gestes soient humains, il leur faut un cœur.»

En effectuant cette visite ce samedi précisément, le pape adressait aux États-Unis et à l’Europe un message hautement symbolique sur l’obligation chrétienne de défendre la dignité de chaque être humain, en particulier celle des migrants et des plus vulnérables, tout en rappelant aux États-Unis qu’ils ont été fondés par des immigrés.

Dans une lettre adressée aux Américains à l’occasion de la fête nationale du 4 juillet, le pape a insisté sur le fait que protéger les enfants à naître et toute vie humaine signifie également «accueillir, protéger et aider les immigrés, dont les espoirs, les sacrifices et la contribution font partie intégrante de l’histoire de ce pays depuis ses tout débuts».

Point névralgique de la migration en Europe

Ces dernières années, Lampedusa est devenue le point névralgique du débat européen sur la migration, alors que le continent peine à contrôler ses frontières tout en respectant ses obligations légales d’accueillir les réfugiés fuyant les conflits, le changement climatique et la pauvreté.

Dans son homélie, le pape a remercié les habitants de Lampedusa pour le «miracle de compassion» dont ils ont fait preuve en accueillant les migrants et a exhorté l’Europe à relever le défi du moment et à assumer ses responsabilités.

«En effet, avant toute considération intellectuelle ou conviction idéologique, la rencontre avec ceux qui se trouvent devant nous, dépouillés de tout, nous appelle à être proches d’eux», a souligné le pape, vêtu d’une aube ornée d’images de vagues.

Prêchant depuis «ce coin reculé de l’Europe au bord de la Méditerranée», le pape a exhorté les dirigeants européens à aborder le phénomène migratoire de manière globale, en combinant l’aide d’urgence avec des stratégies à long terme visant à accueillir, protéger, soutenir et intégrer les migrants, tout en développant leurs pays d’origine afin que personne ne soit contraint de migrer.

Le nombre de migrants arrivés en Italie depuis le début de l’année est nettement inférieur à celui des dernières années: le ministère de l’Intérieur fait état de 14 464 arrivées vendredi, contre 30 598 à la même période l’année dernière et 26 202 en 2024.

Dans le même temps, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a recensé plus de 35 000 migrants portés disparus en Méditerranée depuis 2014, bien que le nombre réel de morts soit considéré comme bien plus élevé compte tenu du nombre incalculable de naufrages «invisibles» qui ne sont jamais enregistrés.

Le pape a fortement insisté sur la nécessité de préserver la dignité des migrants, en particulier dans le contexte du programme d’expulsion massive mené par l’administration Trump à Chicago, sa ville natale. Mais il a également adressé son message aux dirigeants chrétiens d’Europe.

Hommage à la dignité des défunts

Après son arrivée à Lampedusa en avion, le pape a rendu hommage aux défunts au cimetière des migrants de l’île, en déposant une couronne de fleurs jaunes et blanches sur leurs tombes, marquées par de simples croix fabriquées à partir du bois brisé des bateaux naufragés.

Ces gestes envoient un «message fort» de solidarité, a commenté Tareke Brhane, un migrant érythréen et président du Comité du 3 octobre, une association à but non lucratif fondée par les proches des victimes d’un naufrage survenu en 2013 à Lampedusa, qui avait fait 368 morts.

«C’est un signe fort dans notre combat contre l’Italie et l’Europe pour que ces décès soient enregistrés, car à ce jour, nous ne disposons toujours pas d’un registre (des personnes décédées)», a-t-il expliqué à l’Associated Press.

La visite du pape rend hommage aux défunts et «adresse un message aux proches, dont tant attendent encore et souffrent», a-t-il ajouté.

Par sa visite, le pape a suivi les traces du pape François, qui a fait du sort des migrants et des réfugiés une priorité de son pontificat. Pour l’Église catholique, accueillir et accompagner les personnes fuyant la misère fait partie de l’appel évangélique à «accueillir l’étranger».

Le pape François s’était rendu à Lampedusa en juillet 2013, lors de son premier déplacement hors de Rome après son élection. Il avait jeté une gerbe de fleurs à la mer en mémoire des migrants décédés et dénoncé la «mondialisation de l’indifférence» dont le monde fait preuve à l’égard des migrants.