International

Le nouveau livre du frère de Diana déclenche une guerre des mots avec le roi Charles III

Ce livre a rouvert des blessures vieilles de plusieurs décennies avec la famille royale.

Publié le 

Un homme tient un exemplaire du nouveau livre d'Earl Spencer, frère de la défunte princesse Diana, intitulé « Swan Song : Diana, My Sister », devant une librairie du centre de Londres, mardi 22 septembre 2026. Photo AP Un homme tient un exemplaire du nouveau livre d'Earl Spencer, frère de la défunte princesse Diana, intitulé « Swan Song : Diana, My Sister », devant une librairie du centre de Londres, mardi 22 septembre 2026. Photo AP (Kin Cheung)

Un nouveau livre publié mardi par le frère de la défunte princesse Diana a fait les manchettes partout dans le monde avec ses allégations accablantes à l’égard de l’ex-mari de Diana, aujourd’hui le roi Charles III, et a rouvert des blessures vieilles de plusieurs décennies avec la famille royale.

Dans Swan Song: Diana, My Sister, Charles Spencer affirme s’être disputé avec le prince Charles de l’époque au sujet des plans du palais qui prévoyaient que les princes William et Harry, alors âgés de 15 et 12 ans, marchent derrière le cercueil de leur mère lors de son cortège funéraire en 1997.

Il affirme avoir dit à Charles que Diana, qui a perdu la vie dans un accident de voiture à Paris à l’âge de 36 ans, n’aurait pas voulu que ses garçons subissent cette épreuve. Il prétend que le prince «s’est mis dans tous ses états» pendant la dispute et lui a dit: «Sois tranquille, on l’aura vite oubliée.» Il l’accuse aussi d’éprouver du «mépris» pour son ex-femme et de paraître «ravi» après sa mort.

Après la publication d’extraits du livre la semaine dernière, le palais de Buckingham a réagi par un communiqué au ton très ferme, ce qui est rare compte tenu de la retenue habituelle de la famille royale.

«Sa Majesté est consciente que la douleur du deuil fraternel peut obscurcir la raison, altérer le jugement et fausser les souvenirs d’une manière que les autres ne perçoivent pas, même plusieurs années après une telle perte», avait-on indiqué.

Spencer maintient ses affirmations, insistant auprès de la BBC sur le fait qu’il dit la vérité. À propos de la réplique de la famille royale, il a demandé: «Est-il furieux? Est-il furieux ou est-il gêné?»

Sur cette photo d'archive prise ce samedi 6 septembre 1997, le prince Philip, le prince William, le comte Spencer, le prince Harry et le prince Charles suivent le cercueil de Diana, princesse de Galles, le long de Horse Guards Parade en direction de l'abbaye de Westminster, à Londres, pour la cérémonie funéraire. (AP / David Brauchli) Sur cette photo d'archive prise ce samedi 6 septembre 1997, le prince Philip, le prince William, le comte Spencer, le prince Harry et le prince Charles suivent le cercueil de Diana, princesse de Galles, le long de Horse Guards Parade en direction de l'abbaye de Westminster, à Londres, pour la cérémonie funéraire. (AP / David Brauchli)

Cette guerre des mots attire de nouveau l’attention sur l’histoire tumultueuse de Charles et Diana

Charles, qui avait alors 32 ans, a épousé Lady Diana Spencer, âgée de 20 ans, lors d’une cérémonie somptueuse à la cathédrale Saint-Paul en 1981. Le couple a divorcé en 1996, et une décennie plus tard, Charles a épousé Camilla Parker Bowles, aujourd’hui la reine Camilla.

Charles Spencer, le 9e comte Spencer, est depuis longtemps en conflit avec la famille royale à cause de la façon dont ils ont traité sa sœur aînée.

Les tensions entre le palais et la famille Spencer après sa mort ont été mises en scène dans le film The Queen et la série Netflix The Crown.

Dans un éloge funèbre cinglant prononcé lors des funérailles de sa sœur, Spencer a promis que sa «famille de sang» perpétuerait son héritage «créatif et aimant» en élevant ses deux fils. Ce discours a été largement perçu comme une pique à l’adresse de la famille royale.

À l’époque, beaucoup de gens en Grande-Bretagne et ailleurs trouvaient que la reine Élisabeth II et la famille royale avaient mis trop de temps à reconnaître l’émotion mondiale suscitée par la mort de Diana, et que la monarchie était complètement déconnectée de ce que ressentait la population.

Charles Spencer affirme que la façon dont la presse traite Harry fait écho à celle dont on traitait sa mère

La famille royale a passé des décennies à essayer de laisser cette période de crise derrière elle. L’approche plus chaleureuse et plus accessible de William et Harry — et, ces dernières années, du roi — est un héritage de cette époque.

Dans son livre, Spencer critique aussi la famille royale pour ce qu’il décrit comme un «manque d’attention manifeste» envers Harry, qui n’avait alors que 12 ans.

Il a raconté à quel point son neveu semblait «tout petit, frêle et désemparé» après les funérailles. «Il avait besoin des câlins de Diana, bien sûr, et on le lui refuserait pour toujours», a-t-il écrit. «Mais au lieu de calme et d’attention, on l’a laissé partir en vrille.»

Le prince Harry s'entretient avec son oncle, le comte Spencer, lors de l'inauguration d'une statue dédiée à sa mère, Diana, princesse de Galles, dans le Sunken Garden du palais de Kensington, à Londres, le jeudi 1er juillet 2021, jour où elle aurait fêté ses 60 ans. (Dominic Lipinski/Pool Photo via AP) Le prince Harry s'entretient avec son oncle, le comte Spencer, lors de l'inauguration d'une statue dédiée à sa mère, Diana, princesse de Galles, dans le Sunken Garden du palais de Kensington, à Londres, le jeudi 1er juillet 2021, jour où elle aurait fêté ses 60 ans. (Dominic Lipinski/Pool Photo via AP) (Dominic Lipinski/AP)

Certains critiques se sont demandé pourquoi Spencer ressentait le besoin de revenir sur cette douleur et ce traumatisme 30 ans plus tard.

L’aristocrate a expliqué qu’il voulait coucher sur papier ses propres pensées et souvenirs à propos de Diana, «une fois pour toutes, plutôt que d’avoir à subir à nouveau le malaise de lire les opinions des autres, dont beaucoup reposent sur des mensonges».

Lorsqu’on lui a demandé si la relation entre la presse et Harry et sa femme, Meghan, reflétait la façon dont les médias avaient traité sa sœur, Spencer a déclaré à la BBC : «(Diana) a vraiment été anéantie par toutes ces critiques. Je trouve ça dommage de voir des échos de ça aujourd’hui.»

Penguin Press a indiqué que le livre serait publié à l’échelle mondiale et traduit en 12 langues.