Une robe noire portée par la défunte princesse Diana le jour où son mari, dont elle était séparée, a publiquement admis son adultère, va être mise aux enchères chez Sotheby’s, avec une estimation préalable pouvant atteindre 300 000 $ US.
Mais avant cela, la «robe de la vengeance», comme on l’appelle désormais, part en tournée internationale, témoignant de la fascination mondiale qui perdure pour Diana près de 30 ans après sa mort.
Cette robe, qui a été exposée au public vendredi chez Sotheby’s à Londres, a été portée par Diana le 29 juin 1994, date de diffusion d’une entrevue dans laquelle le prince Charles, alors prince de Galles, reconnaissait son infidélité.
Diana, qui savait que cette révélation allait avoir lieu, avait choisi de porter cette robe en soie moulante aux épaules dénudées, créée par la styliste grecque Christina Stambolian, pour un gala organisé à la Serpentine Gallery de Londres.
Morgane Halimi, responsable mondiale de la division sacs à main et mode chez Sotheby’s, a affirmé que Diana avait choisi cette «tenue magnifique et puissante» afin de reprendre le contrôle de son propre destin.
«Elle a toujours utilisé la mode comme moyen d’expression, mais cette fois-ci, c’était une façon de communiquer sa vision personnelle d’elle-même, a soutenu Mme Halimi. Ce qu’elle ressentait ce jour-là, c’était: “Je reprends le contrôle de l’histoire, je suis là et je m’affirme.”»
Les images de Diana dans cette robe, agrémentée d’un collier de saphirs, d’escarpins noirs et d’un vernis à ongles rouge vif, ont fait le tour du monde. Le lendemain, le tabloïde The Sun proclamait en une: «La vengeance, c’est chic.»
L’année suivante, Diana a accordé une entrevue dans laquelle elle a reconnu sa propre liaison extraconjugale et a prononcé cette phrase restée célèbre: «Nous étions trois dans ce mariage», en référence à la maîtresse de Charles, Camilla Parker-Bowles, aujourd’hui la reine Camilla.
Charles et Diana ont divorcé en 1996, un an avant que Diana ne trouve la mort dans un accident de voiture à Paris, à l’âge de 36 ans.
Cette robe est mise aux enchères pour la première fois depuis 1997, année où Diana l’avait vendue, ainsi que d’autres vêtements, afin de récolter des fonds pour des associations de lutte contre le sida. Son estimation avant vente se situe entre 150 000 et 300 000 $ US, mais les experts de Sotheby’s ne seraient pas surpris si elle dépassait largement ce prix.
Un chandail rouge orné de moutons, que Diana avait porté lors d’un match de polo en 1981, s’est vendu en 2023 pour 1,1 million $ US, soit plusieurs fois son estimation avant vente, établissant ainsi un record pour un objet ayant appartenu à la défunte princesse.
«Je pense personnellement que cette robe est l’objet le plus marquant lié à Diana», a souligné Mme Halimi.
«La provenance liée à Diana attire toujours les collectionneurs, a-t-elle ajouté. Mais l’histoire de cette robe et le message universel qu’elle véhicule attireront sans aucun doute aussi bien les institutions que les collectionneurs privés à la recherche de pièces uniques et d’objets exceptionnels.»
De son vivant, Diana était une icône de la mode et l’une des femmes les plus photographiées au monde. Son charisme n’a pas faibli, pas plus que la fascination suscitée par la rupture dramatique de son mariage avec l’actuel roi Charles III. Un nouveau livre de Charles Spencer, le frère de Diana, a de nouveau fait la une des journaux et ravivé une querelle publique entre les Spencer et la famille royale au sujet du traitement réservé à la princesse.
La «robe de la vengeance» est exposée à Londres jusqu’au 24 septembre, puis partira pour Hong Kong et Genève avant d’être mise aux enchères à New York le 9 décembre.
