Le gouvernement espagnol a approuvé mardi des mesures d’urgence pour faire face à la crise du logement dans le pays, après une flambée de violence survenue la nuit précédente à Barcelone, qui a poussé des dizaines de milliers de personnes à descendre dans la rue.
Les troubles survenus lundi soir à Barcelone faisaient suite à des manifestations organisées dans tout le pays au cours du week-end pour réclamer des mesures visant à résoudre une crise déclenchée par l’expulsion d’une femme de 87 ans à Madrid, la capitale espagnole.
À Barcelone, deuxième ville d’Espagne, une alerte météorologique sévère diffusée ce week-end avait contraint les organisateurs à reporter la manifestation à lundi.
Ce qui avait commencé comme une immense marche pacifique a dégénéré en violences lorsque des groupes de plusieurs centaines de militants radicaux se sont affrontés avec la police, lançant des pierres et incendiant des poubelles.
Le gouvernement du premier ministre Pedro Sánchez a approuvé des mesures similaires à celles rejetées vendredi dernier par le Parlement, ce qui l’a conduit à convoquer des élections anticipées le 29 novembre.
Ces mesures seront soumises à la ratification d’une assemblée législative intérimaire, qui restera en fonction jusqu’aux élections.
Cette assemblée législative provisoire, plus restreinte — appelée «commission permanente»—, est composée de 69 membres, contre les 350 qui siègent au Parlement ordinaire.

Alejandro Quiroga, professeur de sciences politiques à l’Université Complutense de Madrid, a indiqué à l’Associated Press que la manœuvre consistant à faire approuver des décrets par l’Assemblée législative provisoire était constitutionnelle, mais constituait également une décision politique nécessaire de la part de M. Sánchez.
«Je ne pense pas que M. Sánchez ait eu d’autre choix», a mentionné M. Quiroga. «Si l’on convoque des élections anticipées pour maintenir l’attention du public sur la question du logement, on ne peut pas se contenter de rester les bras croisés. Cela n’aurait pas été judicieux.»
Ces nouvelles mesures visent à prolonger jusqu’en 2030 la protection contre les expulsions pour les Espagnols en situation de vulnérabilité, à réglementer la location de chambres, à instaurer une nouvelle taxe sur les locations saisonnières, à interdire les achats immobiliers spéculatifs et à accorder des allègements fiscaux aux propriétaires, a expliqué la semaine dernière la ministre du Logement, Isabel Rodríguez, aux journalistes.
La hausse des coûts et la pénurie de logements excluent de nombreux Espagnols du marché immobilier, malgré la forte croissance économique de la quatrième économie européenne.
Les manifestants réclament des protections renforcées pour les locataires, des mesures de lutte contre la fraude et l’interdiction des expulsions lorsqu’aucun logement de remplacement n’est disponible.
