La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré que les efforts constants du Canada pour assurer le retour des enfants ukrainiens enlevés par les autorités russes montrent comment Ottawa collabore avec un large éventail de pays pour obtenir des résultats concrets et humanitaires.
Mme Anand a confié à La Presse Canadienne que le gouvernement fédéral avait collaboré avec des alliés proches et des pays comme le Qatar pour réunir 2000 enfants enlevés par les autorités russes depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022.
«Pour moi, la question importante est : que faisons-nous ici et maintenant, que faisons-nous pour ramener les enfants ukrainiens chez eux ?, a-t-elle avancé à La Presse Canadienne. Les questions relatives à la terminologie et à la qualification de l’invasion russe, illégale et injustifiable, seront tranchées par les tribunaux internationaux. Nous savons tous que les actions de la Russie sont contraires au droit international — elles sont répréhensibles et nous ferons tout notre possible pour que la Russie rende des comptes.»
En 2024, le gouvernement Trudeau a cofondé avec l’Ukraine une coalition internationale de pays faisant pression pour le retour des enfants ukrainiens enlevés pendant la guerre. Le Canada co-organise ce lundi un sommet de cette coalition à Bruxelles afin de faire le point sur ces efforts.
L’Ukraine estime que la Russie a kidnappé 20 000 enfants, bien qu’un groupe de l’Université de Yale, aux États-Unis, estime ce nombre à 35 000 enfants.
Des groupes de défense des droits de la personne soulignent que les efforts de la Russie pour endoctriner ces enfants ont conduit à un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale contre le président russe Vladimir Poutine, pour la déportation illégale d’enfants ukrainiens.
«Lorsque ces enfants sont arrachés à leurs familles, ils subissent, dans de nombreux cas, un processus d’endoctrinement, au cours duquel ils sont contraints d’apprendre la langue russe, de chanter des chansons russes, de prier en russe et d’adopter la culture du peuple russe», a raconté Mme Anand.
Si la coalition a réussi à réunir certaines familles, elle se heurte à des difficultés pour identifier les enfants et maintenir le contact en période de conflit actif.
La coalition se réunit cette semaine pour examiner comment de nouveaux financements pourraient aider à identifier et à contacter ces enfants, et pour faire le point sur les efforts visant à recueillir des preuves de crimes potentiels qui pourraient un jour faire l’objet de poursuites.
«Les familles sont le fondement des collectivités, et des collectivités fortes garantissent un pays fort. C’est donc, à mon avis, un élément absolument central du travail que le Canada peut accomplir sur la scène internationale», a souligné Mme Anand.
Le Qatar a joué le rôle d’intermédiaire entre Moscou et Kyiv pour faciliter le retour des enfants. Cette initiative a été soutenue par des pays hors d’Europe, notamment le Chili et l’Argentine, dont les gouvernements ont des opinions politiques très divergentes.
Mme Anand a dit qu’il s’agissait là d’un exemple de l’approche de «diplomatie de réseau» du gouvernement, qui consiste à travailler à la fois avec ses alliés les plus proches et avec de nouveaux partenaires pour faire avancer des objectifs spécifiques et communs.
«L’ampleur de l’effort du Canada est indéniable, a-t-elle fait valoir. C’est l’une des raisons pour lesquelles on m’a demandé et invité à participer à la réunion des ministres des Affaires étrangères.»
Elle rencontrera également le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, dans le cadre de ses efforts continus pour amener l’alliance à se concentrer davantage sur la sécurité dans l’Arctique.
Mme Anand a indiqué qu’elle entretiendrait également son homologue belge, Maxime Prévot, de la politique générale à l’égard de l’Ukraine. Elle a précisé que cette discussion porterait sur la campagne menée par le Canada pour que les avoirs russes à l’étranger soient saisis et confisqués afin de soutenir l’effort de guerre de l’Ukraine. La plupart des réserves de la banque centrale russe à l’étranger sont détenues sur des comptes bancaires Euroclear basés à Bruxelles.
Après Bruxelles, Mme Anand se rendra à Oman et au Qatar pour discuter à la fois des questions régionales et de l’Ukraine.
«Partout où je vais, je souligne l’importance du regroupement familial», a-t-elle déclaré.
