Le président américain Donald Trump a annulé près d’un milliard $ US de dépenses approuvées par le Congrès en recourant à un pouvoir rare et contesté pour supprimer le financement des services destinés aux immigrés et des initiatives axées sur la diversité. C’est ce qu’a annoncé vendredi la Maison-Blanche.
Le Bureau de la gestion et du budget de M. Trump a décrit cette réduction budgétaire comme ciblant «les dépenses publiques les plus néfastes».
La plupart des coupes concernent des programmes du ministère de la Santé et des Services sociaux destinés aux réfugiés et aux mineurs non accompagnés accusés de séjourner illégalement dans le pays. L’administration a soutenu que ces fonds n’étaient plus nécessaires, car les passages illégaux à la frontière ont considérablement diminué.
Ont également été visés par ces coupes un programme du ministère de l’Éducation destiné aux élèves migrants, un service du ministère de la Justice chargé de réduire les tensions raciales, une initiative de développement économique pour les entrepreneurs issus des minorités, les services de conseil en matière de logement du ministère du Logement et du Développement urbain, ainsi qu’une série de subventions du ministère de la Santé et des Services sociaux que l’administration a qualifiées de «carrément néfastes et ouvertement idéologiques».
Un communiqué de presse de la Maison-Blanche publié pour annoncer ces suppressions de financement a souligné que certaines de ces organisations étaient dirigées par des personnes ayant travaillé au sein de l’administration du président démocrate Barack Obama.
La décision de M. Trump a été condamnée par la sénatrice Susan Collins du Maine, républicaine engagée dans une campagne de réélection difficile et présidente de la commission des crédits du Sénat.
Mme Collins a affirmé dans un communiqué que cette mesure avait été prise sans avertissement ni consultation. Elle a également indiqué qu’elle s’efforcerait, avec ses collègues, de remédier à «ces actions illégales».
«Non seulement ce retard constitue en soi une retenue de fonds qui n’a pas été signalée au Congrès, mais il s’agit également d’une usurpation des pouvoirs du Congrès en matière d’affectation des crédits, a fait valoir Mme Collins. Le Bureau de la gestion et du budget est une agence du pouvoir exécutif. Elle n’a pas à décider quels programmes méritent d’être financés.»
En vertu de la loi fédérale, le Congrès dispose de 45 jours pour examiner les réductions de dépenses proposées par le président avant qu’elles n’entrent en vigueur. Mais Donald Trump a rendu cela pratiquement impossible en les annonçant alors qu’il ne restait que cinq jours avant la fin de l’exercice budgétaire fédéral et que la Chambre des représentants était en vacances jusqu’aux élections de novembre.
Mme Collins a qualifié cette mesure de dernière tentative du Bureau de la gestion et du budget visant à «discréditer le pouvoir constitutionnel du Congrès en matière budgétaire».


