La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exclu lundi tout retour à son poste du gouverneur de l’État de Sinaloa (nord-ouest), accusé de trafic de drogue par les États-Unis, qui s’est mis à deux reprises en retrait de son mandat.
Rubén Rocha Moya avait demandé un premier congé en avril, lorsque les autorités américaines avaient requis son arrestation et son extradition pour ses liens présumés avec le puissant cartel fondé par Joaquín El Chapo Guzmán.
Le gouverneur, membre du parti Morena de Mme Sheinbaum, avait repris ses fonctions vendredi, mais n’a gouverné que 32 heures, se heurtant à la désapprobation de la présidente et du parti au pouvoir.
Cette fois, il s’agit d’un «congé définitif», a affirmé la présidente lundi lors de sa conférence de presse quotidienne, en réponse à une question de l’AFP sur un éventuel retour à la tête de l’État de Sinaloa de M. Rocha Moya, dont le mandat s’achève le 31 octobre 2027.
La dirigeante de gauche a qualifié les agissements de M. Rocha Moya ces derniers jours d’«imprudents». «Si vous faites l’objet d’une enquête, je pense qu’il est préférable de démissionner(…). J’ignore ce qui a poussé le gouverneur, qui était en congé, à revenir. Je ne lui ai pas parlé et je n’ai pas l’intention de le faire», a-t-elle dit.
Elle a également réfuté l’idée que ce vétéran de la politique, âgé de 77 ans, ait été encouragé par l’ancien président Andrés Manuel López Obrador, son mentor et fondateur du parti au pouvoir, Morena, avec qui elle a dit n’avoir pas eu l’occasion de parler récemment.
Mme Sheinbaum a demandé au congrès de l’État — chargé d’élire le gouverneur par intérim — de choisir une personne possédant «les compétences, l’honnêteté et le professionnalisme» requis pour ce poste.
Le Mexique organisera des élections l’année prochaine pour renouveler la moitié des postes de gouverneurs d’État, tous les députés fédéraux et de nombreux postes locaux.
M. Rocha Moya et neuf autres responsables gouvernementaux sont accusés par les États-Unis d’avoir des liens avec le cartel de Sinaloa.
Claudia Sheinbaum subit la pression de l’administration Trump, qui a déclaré que le trafic de drogue contrôle le Mexique.
