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Le baron de la drogue «El Mayo» condamné à la prison à vie à New York

Âgé de 76 ans, il est l’ancien associé principal du fondateur de cette organisation criminelle, Joaquín «El Chapo» Guzmán.

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Cette photo non datée, fournie par le Département d'État américain via AP, montre Ismael « El Mayo » Zambada, l'un des chefs historiques du cartel de Sinaloa au Mexique. Cette photo non datée, fournie par le Département d'État américain via AP, montre Ismael « El Mayo » Zambada, l'un des chefs historiques du cartel de Sinaloa au Mexique. (Uncredited)

Le narcotrafiquant mexicain Ismael El Mayo Zambada a été condamné lundi à la prison à vie par un tribunal fédéral à New York pour avoir co-dirigé le puissant cartel de Sinaloa.

Âgé de 76 ans, El Mayo est l’ancien associé principal du fondateur de cette organisation criminelle, Joaquín El Chapo Guzmán, qui purge une peine de prison à perpétuité dans un établissement de haute sécurité du Colorado.

Incarcéré aux États-Unis depuis juillet 2024, l’ancien baron de la drogue avait plaidé coupable en août 2025 de plusieurs chefs d’accusation en lien avec ses responsabilités à la tête de l’organisation criminelle.

Sur ce croquis réalisé en salle d'audience, on voit Ismael « El Mayo » Zambada, au centre, assis aux côtés de son avocat, Frank Perez, à gauche, au tribunal fédéral de l'arrondissement de Brooklyn, à New York, le 13 septembre 2024. (Elizabeth Williams via AP, archive) Sur ce croquis réalisé en salle d'audience, on voit Ismael « El Mayo » Zambada, au centre, assis aux côtés de son avocat, Frank Perez, à gauche, au tribunal fédéral de l'arrondissement de Brooklyn, à New York, le 13 septembre 2024. (Elizabeth Williams via AP, archive)

En échange de cette reconnaissance de culpabilité, les autorités américaines avaient renoncé à requérir la peine de mort contre lui.

Dans une salle d’audience bondée de Brooklyn, vêtu d’une combinaison beige de détenu, Ismael Zambada, d’apparence frêle, a lu en espagnol une déclaration dans laquelle il a exhorté les jeunes à renoncer à la violence.

«Je me présente aujourd’hui devant vous en sachant que mes actes ont causé du tort», a-t-il déclaré. «J’ai choisi cette voie et je comprends qu’aujourd’hui je dois répondre de mes décisions».

El Mayo a expliqué avoir grandi «dans un environnement où la violence et le crime semblaient normaux», tout en ajoutant qu’il savait désormais que «cela ne constitue pas une excuse».

«À la nouvelle génération, je dis ceci: choisissez une autre voie», a-t-il ajouté.

Piège

Ismael Zambada «a commis des crimes indicibles et causé des ravages incommensurables dans ce pays, sur d’autres continents et dans de nombreux autres pays pendant 50 ans», a déclaré ensuite au cours d’une conférence de presse Tysen Duva, chargé de la division criminelle au ministère de la Justice américain.

«Il n’a jamais occupé un emploi légitime de toute sa vie. Il n’a jamais rien fait d’utile pour quelque communauté que ce soit. Tout ce qu’il a fait, c’est répandre le mal, le poison, tuer et corrompre», a-t-il poursuivi.

El Mayo avait été arrêté lors de son arrivée en avion sur le sol américain en juillet 2024, en même temps que Joaquín Guzmán López, l’un des fils de son ancien associé fondateur.

Il s’agissait d’un piège: le fils Guzmán a reconnu avoir dupé Zambada pour le transférer aux États-Unis et obtenir l’indulgence des juges. Il a à son tour plaidé coupable de trafic de drogue.

Cette trahison du fils d’El Chapo a déclenché une guerre intestine entre les factions du cartel de Sinaloa qui a depuis fait plus de 1200 morts au Mexique.

«On nous dit de ne pas sortir»: des Québécois en voyage au Mexique témoignent des violences à Puerto Vallarta Depuis dimanche le Mexique est à feu et à sang après que le baron de la drogue El Mencho ait été abattu par l’armée mexicaine. La situation est particulièrement inquiétante près de Puerto Vallarta où se trouvent notamment deux voyageuses de Sherbrooke et un Montréalais.

Deux autres fils Guzmán sont toujours actifs dans le pays et dirigent la faction dite des Chapitos, que les autorités américaines considèrent comme un axe majeur du trafic de fentanyl.

Le Mexique a par ailleurs récemment annoncé mener une enquête pour déterminer si les États-Unis avaient violé sa souveraineté en capturant le puissant baron de la drogue.

Heurts diplomatiques

Le FBI a exhibé l’avion dans lequel voyageait le narcotrafiquant lorsqu’il a été arrêté, présenté comme faisant partie d’une opération de la police fédérale américaine.

Or au moment des faits, l’ambassade des États-Unis au Mexique avait assuré qu’aucune agence américaine n’y avait pris part.

«Si l’une des agences des États-Unis a participé à cette opération, elle aurait violé des traités internationaux et la Constitution mexicaine», avait affirmé la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.

La relation bilatérale avec les États-Unis s’est également tendue avec la mise en cause en avril par la justice américaine du gouverneur du Sinaloa, membre du parti au pouvoir, accusé de liens avec le cartel.

Ce gouverneur, Rubén Rocha Moya, s’est mis en retrait de ses fonctions après son inculpation par le parquet de New York qui réclame son arrestation et son extradition. La présidente mexicaine a insisté pour que des preuves solides soient présentées contre lui.

Le parquet accuse M. Rocha Moya et neuf autres responsables mexicains, actuels ou anciens, de s’être associés au cartel de Sinaloa «pour distribuer des quantités massives de stupéfiants aux États-Unis».

La justice américaine accuse aussi la faction des Chapitos d’avoir aidé M. Rocha Moya à se faire élire au poste de gouverneur.