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La majorité des Canadiens veulent plus de fermeté dans les négociations avec Trump

La dernière menace du président américain, Donald Trump, d’imposer des droits de douane sur 28 milliards $ de produits canadiens doit entrer en vigueur juste après minuit.

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Les drapeaux canadiens et américains sont visibles sur un camion de transport à la frontière entre les deux pays à Surrey, en Colombie-Britannique, le mardi 4 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns Les drapeaux canadiens et américains sont visibles sur un camion de transport à la frontière entre les deux pays à Surrey, en Colombie-Britannique, le mardi 4 mars 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns (ETHAN CAIRNS/La Presse canadienne)

Un nouveau sondage Léger révèle que les Canadiens souhaitent que le gouvernement fédéral se montre plus ferme dans les négociations commerciales avec les États-Unis. 

Selon ce sondage, 56 % des répondants souhaitent que le gouvernement adopte une ligne dure et ne fasse plus de concessions, comparativement à près du tiers qui estiment que le Canada devrait faire preuve de flexibilité et être ouvert aux concessions.

Les Québécois (61 %) et les femmes (60 %) sont parmi les répondants les plus susceptibles d’appuyer une approche intransigeante dans les négociations commerciales avec les États-Unis.

Les Albertains (46 %) sont les moins enclins à encourager cette approche.

Le sondage a été mené en ligne auprès de 1622 Canadiens entre le 15 et le 17 août. L’organisme professionnel du secteur des sondages, le Conseil national de recherches Canada, indique qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur aux sondages en ligne, car ils ne reposent pas sur un échantillonnage aléatoire de la population.

La dernière menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur 28 milliards $ de marchandises canadiennes doit entrer en vigueur peu après minuit.

Le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, sont à Washington depuis la semaine dernière pour tenter de conclure un accord et éviter cette imposition. 

Selon un sondage Léger, 38 % des Canadiens estiment que l’approche du gouvernement dans les négociations commerciales est passive, tandis que 30 % la jugent équilibrée. Seulement 15 % estiment que le gouvernement a fait preuve de fermeté face aux États-Unis.

Le sondage révèle également un large appui à des mesures commerciales de rétorsion plus strictes contre les États-Unis.

L’énergie comme moyen de pression

Les trois quarts des répondants se disent favorables à l’idée d’une taxe spéciale sur l’électricité vendue aux États-Unis. Presque autant (70 %) appuient une taxe spéciale sur toutes les exportations de pétrole et de gaz naturel vers les États-Unis, et 63 % souhaitent une taxe sur les exportations de potasse.

L’utilisation de la dépendance des États-Unis à l’égard de l’énergie canadienne comme moyen de pression a été un sujet de discorde au Canada. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a maintes fois encouragé des restrictions sur les exportations de pétrole et de potasse, tandis que les premiers ministres de l’Alberta, Danielle Smith, et de la Saskatchewan, Scott Moe, ont catégoriquement rejeté cette idée. 

Cependant, le sondage indique que 58 % des Albertains interrogés étaient favorables à une taxe à l’exportation sur le pétrole et le gaz vers les États-Unis, et que 58 % des résidents de la Saskatchewan et du Manitoba étaient favorables à une taxe à l’exportation sur la potasse.

Jusqu’à présent, les États-Unis se sont abstenus d’imposer des droits de douane sur les exportations canadiennes de pétrole brut et de potasse, tandis que l’industrie automobile, un secteur important en Ontario, a été durement touchée.

Le sondage révèle que 64 % des répondants sont favorables à l’interdiction de la vente de tous les alcools américains au Canada – une mesure déjà en vigueur dans huit provinces en représailles aux droits de douane imposés en 2025. Cette interdiction figure parmi les raisons invoquées par Donald Trump pour justifier la nouvelle série de droits de douane de 50 % sur une vaste gamme de produits, des patins à glace et bâtons de hockey aux huiles essentielles et au miel.

Interrogés sur les concessions possibles dans le cadre des négociations commerciales, les Canadiens se montrent peu réceptifs à l’une ou l’autre, selon le sondage.

Près de la moitié des Canadiens se disent favorables à l’ouverture du transport aérien de passagers aux compagnies aériennes américaines, tandis que 38 % sont favorables à un meilleur accès aux télécommunications américaines. Le sondage indique également que 26 % des répondants sont favorables à une réduction de la gestion de l’offre dans le secteur laitier, un autre point de friction commercial pour les États-Unis.

Un quart des répondants sont favorables à un meilleur accès des États-Unis aux services bancaires canadiens et un tiers estime que le Canada devrait reprendre tous ses achats d’alcool américain.

Toujours pas de négociations sur l’ACEUM

Ces négociations commerciales se déroulent alors que l’avenir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est en jeu. En juillet, l’administration Trump n’a pas prolongé l’accord commercial trilatéral, une décision qui a entraîné un examen annuel continu de l’ACEUM pour une durée maximale de dix ans.

Après cette période, l’accord expirera à moins que les trois pays ne consentent à une prolongation.

Le Mexique et Washington ont entamé des négociations officielles concernant l’ACEUM, mais Ottawa et l’administration Trump n’ont pas lancé de telles discussions.

Si un nouvel accord commercial est conclu entre le Canada et les États-Unis, 47 % des répondants estiment qu’il faudrait tenir des élections fédérales générales afin de permettre aux Canadiens d’exprimer leur opinion sur l’accord. 35 % s’y opposent, tandis que 18 % disent ne pas savoir.

Les électeurs conservateurs sont les plus susceptibles d’appuyer la tenue d’élections à 67 %, comparativement à 45 % des électeurs néo-démocrates et 34 % des électeurs libéraux.

Le sondage demandait également aux répondants s’ils pensaient que le gouvernement canadien devrait officiellement demander le rappel de l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, et la nomination d’un nouvel ambassadeur.

Le sondage Léger indique que 43 % des Canadiens souhaitent le remplacement de M. Hoekstra, tandis que 19 % s’y opposent et 38 % disent ne pas savoir.

Plus de 220 000 Canadiens ont signé une pétition demandant l’expulsion du représentant du président américain Donald Trump à Ottawa.

— Avec la collaboration de Sarah Ritchie

Catherine Morrison

Catherine Morrison

Journaliste