Politique

Le PQ ne tiendra pas de référendum sur l’indépendance tant que Trump dirige les États-Unis

«J’ai donc choisi de désamorcer complètement l’argument selon lequel ce serait le pire moment pour réfléchir à notre avenir en raison de Trump.»

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Trump et référendum: une annonce qui pourrait déplaire à certains péquistes? Pas de référendum sur l’indépendance tant que Donald Trump dirige les États-Unis: Alain Rayes discute de l’annonce du Parti québécois.

Le chef du Parti québécois (PQ) a annoncé mardi matin que son parti ne tiendra pas de référendum tant que Donald Trump sera président des États-Unis, s’il est élu aux prochaines élections.

Il explique que cet enjeu «aussi crucial» exige des conditions permettant «un débat éclairé et serein» et qu’actuellement ce n’est pas le cas.

«Il ne doit pas être confisqué par les soubresauts de la politique américaine, ni par les coups d’éclat d’un président imprévisible, ni par des campagnes de peur», a-t-il dit sur X. «Cette imprévisibilité de l’administration américaine nuira à notre processus ainsi qu’à la qualité du débat sur notre avenir comme nation.»

Si le PQ est élu aux prochaines élections, le chef a précisé qu’il ne tiendra pas de référendum avant le 20 janvier 2029, qui coïncide avec la fin du mandat de Donald Trump.

Malgré tout, il a affirmé que le jour où les Québécois décideront de leur indépendance ou non «approche» et a réitéré sa promesse.

«Je crois que l’indépendance est la seule solution pour que le Québec réalise son plein potentiel et échappe à un déclin culturel, linguistique et financier qui, si nous demeurons dans le Canada, est déjà en cours», a-t-il ajouté.

En vue de la campagne électorale, il a demandé aux Québécois de se poser plutôt la question suivante: «à qui pouvons-nous faire confiance pour remettre le Québec sur la bonne voie?»

«Nous pourrons donc ainsi mener une campagne sur nos propositions pour aider les Québécois et relancer notre avenir, plutôt que sur des arguments de peur redondants et stériles», a-t-il précisé.

Paul St-Pierre Plamondon a ainsi indiqué que la priorité de son parti est de gouverner le Québec «avec constance» et de «redonner confiance» à la population.

«La CAQ de Christine Fréchette devra rendre des comptes sur huit ans d’inaction et de mauvaise gestion. Nous ne les laisserons pas nous distraire pour tenter de tromper la volonté de changement réelle des Québécois», a-t-il écrit dans son message sur X.

«Tout indique que les tarifs sont là pour rester», dit Fréchette

La première ministre, Christine Fréchette, estime que la décision du PQ manque «de sérieux» et que le report du référendum est la reconnaissance par la formation souverainiste qu’il s’agit du «pire moment» pour aller de l’avant avec le projet.

«Les Québécois ne veulent pas d’un gouvernement qui prépare une armée québécoise, une monnaie québécoise, de nouvelles frontières, d’ici 2030, mais bien d’un gouvernement qui fait face aux très grandes turbulences actuelles. Ce que le chef du Parti québécois propose, c’est encore plus d’instabilité, plus d’imprévisibilité», a-t-elle déclaré mardi.

Mme Fréchette ajoute qu’on ignore ce que l’ère post-Trump réserve au monde. «Les tarifs sont-ils là pour rester ? Tout indique que oui. Il faut préparer notre économie à cette nouvelle réalité», conclut-elle

Un «projet trop risqué», dit Milliard

L’adversaire libéral de Paul St-Pierre Plamondon, Charles Milliard, estime que la décision du souverainiste d’attendre la fin du règne de Donald Trump à la Maison-Blanche est un aveu que le projet référendaire «est trop risqué pour le Québec dans le contexte économique actuel».

«Il a raison sur une chose : c’est risqué. Mais ce qui est risqué aujourd’hui le sera encore après Donald Trump. Face aux menaces tarifaires et à l’incertitude économique, le Québec a besoin d’un leader économique capable de bâtir des alliances, pas d’un premier ministre qui cherche le moment où il serait le moins risqué de créer davantage d’incertitude», a écrit le chef du Parti libérable du Québec (PLQ) sur les réseaux sociaux.

Il a réitéré que sa formation politique prône davantage un «Québec fort [...] au sein d’un Canada uni». «Pour protéger nos emplois, faire grandir nos entreprises et renforcer notre économie, le Québec doit être autour de la table, exercer son influence et bâtir des ponts, pas choisir le meilleur moment pour les couper», a-t-il conclu.

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS) Ruba Ghazal a mentionné que ce n’était pas au président américain de «dicter le projet de pays».

«Un gouvernement de Québec solidaire lancera une assemblée constituante dans les 100 premiers jours. C’est le peuple québécois, avec les Premières Nations et les Inuit, qui tracera les contours de son pays. L’indépendance, ce n’est pas une décision qui se prend à Washington ou dans le bureau fermé d’un parti politique. C’est une décision collective», a souligné Mme Ghazal.

En tête dans les sondages

Son annonce intervient alors que des données récentes montrent que le soutien à un référendum sur la souveraineté du Québec reste faible.

Un sondage Léger/Le Journal/TVA réalisé plus tôt ce mois-ci a révélé que l’appui à la souveraineté s’élève actuellement à 31%, tandis que 69% des répondants affirment qu’ils voteraient «non» – soit 85% chez les non-francophones et 64% chez les francophones.

Malgré tout, le parti séparatiste conserve son avance dans les sondages, le PQ recueillant 30% des intentions de vote.

Le parti continue de bénéficier d’un solide appui auprès des électeurs francophones (36%), bien que sa progression dans les sondages se soit stabilisée au cours des derniers mois. Selon ce sondage, le Parti libéral du Québec (PLQ) occupe la deuxième place avec 24% des intentions de vote, suivi de la Coalition Avenir Québec (CAQ) à 20%, du Parti conservateur du Québec (PCQ) à 13% et de Québec solidaire (QS) à 11%.

Paul St-Pierre Plamondon avait auparavant promis d’organiser un troisième référendum au cours de son premier mandat si son parti formait un gouvernement après les élections du 5 octobre.

Avec des informations de CTV News et de Julien Denis