Les services de renseignement sud-coréens estiment qu’il est désormais légitime de considérer la fille adolescente du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un comme son héritière.
C’est l’évaluation la plus ferme à ce jour concernant l’ascension politique de la jeune fille. Selon des espions de Corée du Sud, elle pourrait perpétuer le règne de sa famille jusqu’à la quatrième génération.
La jeune fille, qualifiée par les médias d’État comme l’enfant «la plus aimée» ou «la plus respectée» de Kim Jong-un, a accompagné son père à de nombreux événements de premier plan depuis fin 2022.
Ces sorties ont suscité des spéculations à l’étranger selon lesquelles elle serait préparée à devenir la future dirigeante de la Corée du Nord.
Lors d’une réunion à huis clos à l’Assemblée nationale lundi, le directeur du Service national de renseignement sud-coréen, Lee Jong-seok, a affirmé que la jeune fille pouvait être considérée comme la successeuse de Kim Jong-un, en réponse aux questions des députés concernant son statut politique, selon Lee Seong Kweun, l’un des députés ayant assisté à la réunion.
Kim Yo Jong, longtemps considérée comme la numéro 2 de la Corée du Nord, pourrait-elle protester advenant la passation de pouvoir de Kim Jong-un à sa fille? Se basant sur des «renseignements fiables», le directeur des services de renseignement sud-coréens avance qu’elle ne dispose d’aucun pouvoir réel.
La jeune fille s’appellerait Kim Ju Ae et serait âgée d’environ 13 ans, mais les médias d’État nord-coréens n’ont jamais divulgué ces détails personnels. Son nom présumé repose sur le récit de l’ancienne vedette de la NBA Dennis Rodman, qui se souvient avoir tenu dans ses bras la petite fille de Kim Jong-un lors d’un voyage à Pyongyang en 2013.
La position de la jeune fille se raffermit donc aux yeux des espions sud-coréens. Début 2024, on la décrivait comme l’héritière probable de son père – une première évaluation de son éventuelle préparation au poste de prochain dirigeant de la Corée du Nord.
En février 2026, l’agence de renseignement de la Corée du Sud est allée plus loin en estimant que la fille était sur le point d’être désignée comme future dirigeante du pays.
Kim Jong-un encore trop jeune?
Certains observateurs ne partagent toutefois pas l’évaluation des services de renseignement sud-coréens, estimant que la société nord-coréenne, extrêmement patriarcale, n’acceptera probablement pas une femme à sa tête. On fait valoir que Kim Jong-un, âgé de 42 ans, est trop jeune pour désigner son successeur, une situation qui pourrait affaiblir son emprise sur le pouvoir.
Fondée en 1948, la Corée du Nord a été successivement dirigée par des membres masculins de la famille Kim. Kim Jong-un a hérité du pouvoir à la mort de son père, Kim Jong-il, fin 2011. Kim Jong-il avait pris le pouvoir après le décès de son père et fondateur de l’État, Kim Il-sung, en 1994.
Parmi les récentes apparitions publiques de la jeune fille, on peut citer le fait qu’elle a conduit un char lors d’un entraînement militaire supervisé par son père et que le duo ait tiré au pistolet lors d’une visite dans une usine de munitions légères.
Lors de la réunion d’information de lundi, les services de renseignement sud-coréens ont soutenu que les autorités nord-coréennes semblaient avoir organisé ces événements afin de renforcer ses références militaires et de «réduire le scepticisme à l’égard d’une femme successeuse», selon Lee Jong-seok.
Park Sunwon, un autre agent ayant assisté à la réunion d’information, a fait des commentaires similaires sur l’évaluation des services de renseignement sud-coréens concernant les récentes apparitions militaires de la jeune fille.
Avec de l’information de l’Agence France-Presse.
