Un haut responsable iranien a dit lundi espérer un rétablissement de l’accès à internet pour les entreprises dans les deux prochains jours, après le black-out imposé par les autorités en pleine vague de manifestations.
Des organisations de défense des droits humains affirment que cette coupure d’internet, imposée le 8 janvier, vise à cacher une répression sanglante qui a fait des milliers de morts parmi les manifestants.
«Nous espérons que l’accès des entreprises à l’internet international sera rétabli dans le prochain jour ou les deux prochains jours», a déclaré à l’agence Mehr Hossein Rafieian, un haut responsable chargé de l’économie numérique au sein de la vice-présidence iranienne pour la science et la technologie.
Il a toutefois précisé que la décision ne relevait pas de son «autorité directe», mais que «la question (était) suivie en continu à travers des consultations avec les instances concernées».
La coupure affecte toute l’économie. Selon le ministre des Télécommunications Ehsan Chitsaz, cité dimanche dernier par les médias iraniens, elle a coûté entre 4000 et 6000 milliards de rials par jour (entre 2,5 et 3,3 millions d’euros).
L’ONG de surveillance de la cybersécurité NetBlocks a livré une estimation bien plus élevée, à plus de 31 millions d’euros quotidiennement.
Selon Netblocks, l’Iran est coupé de l’internet mondial depuis 18 jours. «Les mailles (...) se resserrent pour limiter les contournements, tandis que des comptes du régime figurant sur une liste blanche promeuvent le récit de la République islamique», ajoute l’organisation.
Initié en décembre par des commerçants contre le marasme économique, le mouvement de contestation a pris le 8 janvier une vaste ampleur, posant à la République islamique son plus grand défi depuis sa création en 1979.
Selon des ONG qui recensent les morts liés à la répression, l’établissement de bilans est entravé par la coupure mais les chiffres confirmés jusque là sont probablement très inférieurs aux pertes humaines réelles.
