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ICE: le nombre d’arrestations en baisse depuis les meurtres de Minneapolis

Des sondages ont révélé que le grand public estimait que l’opération de contrôle de l’immigration menée dans le Minnesota était allée trop loin.

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Milenko Faria, whose wife, Dr. Rubeliz Bolivar, is in immigration custody, hugs their daughter, Milena, after his asylum interview at the U.S. Citizenship and Immigration Services facility in Tustin, Calif., Thursday, April 16, 2026. (AP Photo/Jae C.... Milenko Faria, whose wife, Dr. Rubeliz Bolivar, is in immigration custody, hugs their daughter, Milena, after his asylum interview at the U.S. Citizenship and Immigration Services facility in Tustin, Calif., Thursday, April 16, 2026. AP Photo (Jae C. Hong)

Au plus fort de la répression, il était courant de voir dans les rues de Minneapolis des voitures remplies d’agents de l’immigration masqués, tandis que des milliers de personnes étaient arrêtées chaque semaine au Texas, en Floride et en Californie.

Turn and burn: c’est ainsi que Gregory Bovino, haut responsable de la police frontalière, qualifiait cette stratégie, marquée par des démonstrations de force incessantes et des équipes d’agents descendant dans les cuisines des restaurants, aux arrêts de bus et dans les stationnements de Home Depot.

À VOIR | Noovo Info à Minneapolis

En décembre 2025, les arrestations effectuées par les agents de l’ICE ont atteint un pic de près de 40 000 à l’échelle nationale et sont restées presque aussi élevées le mois suivant, selon les données fournies au Deportation Data Project de l’Université de Berkeley et analysées par l’Associated Press.

Fin janvier dernier, les meurtres de deux citoyens américains par des agents de l’immigration à Minneapolis et les inquiétudes croissantes concernant les tactiques musclées du gouvernement ont conduit à un remaniement des hauts responsables de l’immigration.

Au cours des semaines qui ont suivi, les arrestations de l’ICE à travers le pays ont baissé en moyenne de près de 12 %.

Des sondages ont révélé que le grand public estimait que l’opération de contrôle de l’immigration menée dans le Minnesota était allée trop loin, un facteur qui a peut-être contribué au licenciement soudain de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, début mars.

Homeland Security Secretary Kristi Noem appears for an oversight hearing before the Senate Judiciary Committee, at the Capitol in Washington, March 3, 2026. (AP Photo/J. Scott Applewhite, File) La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, comparaît lors d'une audience de contrôle devant la commission judiciaire du Sénat, au Capitole à Washington, le 3 mars 2026. Photo AP (J. Scott Applewhite)

Les chiffres ne suivent pas la même tendance partout

Gregory Bovino, qui arpentait fièrement les lieux des raids en tenue tactique et incarnait publiquement la répression menée par l’administration Trump, a finalement été écarté à la suite des meurtres de Renee Good et d’Alex Pretti à Minneapolis.

A man walks by posters of Renee Nicole Good and Alex Pretti, who were both fatally shot by federal agents, in Minneapolis, Saturday, Jan. 31, 2026. (AP Photo/Ryan Murphy) Un homme passe devant des affiches représentant Renee Nicole Good et Alex Pretti, tous deux abattus par des agents fédéraux, à Minneapolis, le samedi 31 janvier 2026. Photo AP (Ryan Murphy)

Le responsable des frontières, Tom Homan, a alors été envoyé dans les Twin Cities pour définir une nouvelle orientation en matière de contrôle de l’immigration, et il a annoncé le retrait des agents de l’immigration dans l’État le 4 février.

Une analyse de l’AP des registres d’arrestation de l’ICE montre que le département a procédé en moyenne à 7369 arrestations hebdomadaires à l’échelle nationale au cours des cinq semaines qui ont suivi l’annonce de la réduction des effectifs par Homan, période la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, contre 8347 par semaine au cours des cinq semaines précédentes.

Ces chiffres d’arrestation restaient en moyenne supérieurs à ceux enregistrés pendant une grande partie de la première année du second mandat du président américain Donald Trump, et étaient nettement plus élevés que sous l’administration Biden.

Ces chiffres n’étaient toutefois pas uniformes à travers le pays.

Les arrestations de l’ICE ont augmenté de manière significative dans le Kentucky, l’Indiana, la Caroline du Nord et la Floride au cours de ces cinq semaines, atteignant dans certains cas leur plus haut niveau hebdomadaire depuis le début du second mandat de Trump.

Au Kentucky seulement, les arrestations hebdomadaires ont plus que doublé, atteignant 86 début mars.

Ces augmentations ont été compensées par de fortes baisses dans quelques grands États, notamment le Minnesota et le Texas.

Beaucoup de personnes arrêtées n’étaient pas les «pires des pires»

L’administration Trump insiste sur le fait qu’elle cible les criminels les plus dangereux vivant illégalement aux États-Unis, et le président les a qualifiés de «pires des pires».

Dans certains cas, cette description est exacte, mais la réalité est complexe.

Bon nombre des criminels les plus dangereux placés en détention par l’ICE étaient déjà en prison, mais beaucoup d’autres personnes arrêtées n’avaient aucun antécédent judiciaire.

À l’échelle nationale, environ 46 % des personnes arrêtées par l’ICE au cours des cinq semaines précédant le 4 février n’avaient fait l’objet d’aucune accusation ou condamnation pénale, ce chiffre tombant à 41 % au cours des cinq semaines suivantes.

Ce chiffre reste toutefois supérieur à la moyenne hebdomadaire de 35 % enregistrée depuis le retour de Trump au pouvoir. Et dans plusieurs États, même après le 4 février, la proportion de non-criminels arrêtés a augmenté, et non diminué.

Y a-t-il eu un changement d’approche?

À travers le pays, des milliers de dossiers déposés devant les tribunaux fédéraux offrent un aperçu, bien qu’imparfait, de la manière dont les tactiques d’expulsion de l’administration Trump restent en marche, même si l’activité a ralenti.

Comme ce Hondurien de 21 ans sans casier judiciaire qui a déposé une requête en libération après avoir été arrêté le 22 février lors d’un contrôle routier dans la banlieue de San Diego.

Ce père de trois enfants citoyens américains — âgés de 5 ans, 3 ans et 10 mois — était sous surveillance de l’ICE, selon la requête, avant que des agents en tenue d’intervention ne l’arrêtent.

Ou encore cette Vénézuélienne de 33 ans, médecin réputée du sud du Texas qui exerçait dans une région désignée comme médicalement défavorisée, arrêtée au début du mois avec sa fille de cinq ans, citoyenne américaine, alors qu’elle se rendait à l’audience d’asile de son mari.

Elle a été arrêtée, selon les autorités, pour avoir dépassé la durée de validité de son visa.

Aaron Reichlin-Melnick, chercheur principal au sein du groupe de recherche et de défense American Immigration Council, affirme voir des signes de changement dans la baisse des chiffres d’arrestations et de détentions, mais prévient qu’il est trop tôt pour savoir si ces changements sont permanents.

«L’administration Trump affirme : “Nous ne ralentissons pas”, “Rien n’a chang锫 en matière d’application de la loi sur l’immigration, a-t-il déclaré. «Mais il est très clair qu’elle a renoncé à certaines des tactiques de l’opération Metro Surge», la vague de répression qui a balayé Minneapolis.