Conflit au Moyen-Orient

«Pas sans fin»: la mission en Iran a des objectifs clairs, dit le secrétaire Hegseth

«Ce n’est pas l’Irak.»

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Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, le lundi 2 mars 2026, à Washington. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, le lundi 2 mars 2026, à Washington. (Mark Schiefelbein)

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, s’est exprimé lundi sur les inquiétudes croissantes selon lesquelles les frappes américano-israéliennes en Iran pourraient dégénérer en un conflit régional prolongé.

«Ce n’est pas l’Irak. Ce n’est pas sans fin», a-t-il déclaré en référence à la guerre menée par les États-Unis dans ce pays du Moyen-Orient de 2003 à 2011.

M. Hegseth, accompagné du général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a tenu la première conférence de presse de l’administration Trump depuis les frappes de samedi. Le président Donald Trump, bien qu’il ait accordé quelques entrevues téléphoniques, a plutôt publié deux vidéos depuis le début de l’opération et en a brièvement parlé lors d’un événement distinct à la Maison-Blanche lundi, mais n’a pas répondu aux questions des journalistes.

M. Trump a affirmé que le programme de missiles conventionnels de l’Iran «se développait rapidement et de manière spectaculaire, ce qui représentait une menace très claire et colossale pour l’Amérique et nos forces stationnées à l’étranger».

Le secrétaire a assuré que l’opération avait une «mission claire, dévastatrice et décisive» visant à «détruire la menace des missiles» iranienne, à détruire sa marine et à «éliminer les armes nucléaires».

Les tensions s’intensifient au Moyen-Orient, du Liban au Golfe Frappes d’Israël au Liban en riposte de tirs du Hezbollah, salves de missiles iraniens tous azimuts, raffinerie et pétrolier touchés dans le Golfe: le Moyen-Orient s’embrase deux jours après le lancement d’une attaque israélo-américaine sans précédent contre l’Iran.

Les responsables américains n’ont proposé aucun plan de sortie ni donné aucun signe indiquant que le conflit prendrait fin prochainement, et l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a semé le doute sur l’avenir de la République islamique et plongé la région dans une instabilité encore plus grande.

«Il ne s’agit pas d’une guerre dite de changement de régime, mais le régime a bel et bien changé et le monde s’en porte mieux», a précisé l’ancien animateur de télévision.

Cependant, le président Trump a exhorté les membres de la Garde révolutionnaire paramilitaire iranienne et de la police militaire à déposer les armes et le peuple iranien à «reprendre son pays».

Cette déclaration intervient alors que le conflit s’est intensifié dans la région. L’Iran et ses groupes armés alliés ont lancé des missiles sur Israël, les États arabes et des cibles militaires américaines au Moyen-Orient.

Jusqu’à présent, quatre soldats américains ont été tués au combat. Dimanche, Donald Trump a prédit qu’il y aurait d’autres victimes américaines. 

Monde sous tension | Israël et l'Iran L’année 2025 a été marquée par une escalade des tensions au Moyen-Orient. La guerre froide qui sévit entre Israël et l’Iran depuis des décennies a connu une surenchère sans précédent quand Israël a attaqué l’Iran le 13 juin et a bombardé ses centrales nucléaires.

Lundi, M. Caine a déclaré que les États-Unis s’attendaient à subir des pertes supplémentaires.

«Nous partageons votre douleur et nous ne vous oublierons jamais», a-t-il dit, s’adressant aux familles des victimes.

Le dernier signe en date de l’escalade du conflit est survenu lorsque le Koweït, allié des États-Unis, a «abattu par erreur» trois avions de combat américains lors d’une mission de combat, alors que des avions, des missiles balistiques et des drones iraniens attaquaient. Le Commandement central américain a déclaré que les six pilotes s’étaient éjectés sans encombre des F-15E Strike Eagles américains et qu’ils étaient dans un état stable.

Pas encore de troupes au sol

À la question de savoir s’il y avait actuellement des troupes au sol en Iran, M. Hegseth a répondu: «Non, mais nous n’allons pas nous lancer dans des exercices sur ce que nous ferons ou ne ferons pas.»

Il a ajouté qu’il était «insensé» d’attendre des responsables américains qu’ils déclarent publiquement «jusqu’où ils iront exactement».

M. Trump a affirmé lundi au New York Post qu’il n’excluait pas l’envoi de forces américaines en Iran si «cela s’avérait nécessaire».

«Je n’ai pas de problème avec l’envoi de troupes sur le terrain», a-t-il dit.

À la Maison-Blanche, M. Trump a indiqué que les États-Unis s’attendaient à ce que la mission dure quatre à cinq semaines, mais «nous avons la capacité d’aller bien plus loin que cela», a-t-il ajouté.

M. Hegseth a écarté les questions sur la durée de la mission lors de sa mise au point et a déclaré que le président avait «toute la latitude» pour décider du calendrier.

«Quatre semaines, deux semaines, six semaines, a-t-il déclaré. Cela pourrait être plus court. Cela pourrait être plus long.»

Guerre «contre l’Amérique»

Pour justifier les frappes, M. Hegseth a souligné que le régime iranien était à l’origine du conflit, déclarant que depuis 47 ans, il menait «une guerre sauvage et unilatérale contre l’Amérique».

«Leur guerre contre les Américains est devenue notre vengeance contre leur ayatollah et son culte de la mort», a-t-il affirmé.

Il n’a pas fait état d’une menace nucléaire imminente de la part de l’Iran et a réaffirmé que les frappes menées l’été dernier par les États-Unis et Israël avaient «réduit leur programme nucléaire en cendres».

Au lieu de cela, M. Hegseth a souligné les menaces provenant d’autres armes, telles que les missiles balistiques et les drones, qui justifiaient l’opération.

«L’Iran construisait des missiles et des drones puissants afin de créer un bouclier conventionnel pour ses ambitions de chantage nucléaire», selon M. Hegseth.

Il a ajouté que, lors des négociations avec les responsables américains qui ont précédé l’attaque, les responsables iraniens «faisaient traîner les choses».

Le président républicain a indiqué que les États-Unis et Israël avaient déjà frappé des centaines de cibles. Cela inclut les bombardements par Israël et les États-Unis de sites de missiles iraniens et de la marine iranienne, affirmant avoir détruit son quartier général et plusieurs navires de guerre.

Comme lors de l’attaque sur les installations nucléaires iraniennes l’année dernière, le général Dan Caine a déclaré que l’armée avait utilisé des bombardiers furtifs B-2. Les avions ont effectué un vol aller-retour de 37 heures.

M. Caine a indiqué que les bombes pénétrantes avaient été larguées sur des installations souterraines iraniennes, mais n’a pas précisé qu’il s’agissait d’installations nucléaires. Les installations nucléaires ne figuraient pas non plus parmi les types de cibles figurant sur une liste publiée par le Commandement central américain.

Le Commandement central a rapporté ce week-end que l’armée avait frappé plus de 1000 cibles. 

Lundi, M. Caine a fait référence à l’utilisation des technologies cybernétiques dans les frappes, qui, selon lui, ont «efficacement perturbé les communications et les réseaux de capteurs», laissant «l’adversaire incapable de coordonner ou de réagir efficacement».

La Société du Croissant-Rouge iranien a indiqué qu’au moins 555 personnes avaient été tuées en Iran jusqu’à présent par la campagne américano-israélienne. Onze personnes ont été tuées en Israël et 31 au Liban, selon les autorités de ces pays.