Vingt-cinq ans après le 11 septembre, George W. Bush, à l’époque fraîchement devenu président des États-Unis, expose à Dallas (Texas) une quinzaine de ses toiles inspirées de ses souvenirs des attaques qui ont tué près de 3000 personnes.
Les gratte-ciel du sud de Manhattan enveloppés dans une épaisse fumée grise, en arrière-plan, sous un ciel encore bleu: l’exposition, intitulée Se souvenir du 11— septembre (Remembering 9/11) et organisée dans son musée présidentiel, s’ouvre sur une représentation de New York après que les tours jumelles se sont écroulées, frappées par des avions détournés par des jihadistes.
«25 ans plus tard, (George W. Bush) revient sur ce moment décisif de l’histoire américaine, peignant les symboles, les personnes et les gestes d’affection qui l’ont accompagné depuis», introduit l’exposition.
Les seize œuvres présentées illustrent événements et images saisies dans les instants, les heures et les jours qui ont suivi les attaques meurtrières.
Coup de pinceau «brut»
George W. Bush s’est représenté lui-même sur la moitié d’entre elles: à l’instant où il apprend de son directeur de cabinet qu’un deuxième avion a percuté le World Trade Center, de dos en train de réconforter une famille, penché vers une mère endeuillée, au milieu de pompiers de New York, prononçant un discours dans la cathédrale de Washington et saisissant après la main de son père, l’ancien président George Bush.
Autre fil rouge de cette série étonnamment colorée: le drapeau américain. A peine visible sur le premier tableau évoquant Manhattan attaqué, sur un autre déployé plein cadre sur le Pentagone — touché par un troisième avion —, et agité par des secouristes sur un troisième.
«Ce sont les moments que le président Bush a choisi de peindre parce que ce sont ceux dont il se souvient le plus vivement - non pas la peur, mais la détermination, non pas le désespoir, mais l’instinct d’Américains ordinaires de se rassembler et de s’entraider», est-il expliqué.
Anna Catherine Duplantis n’était pas née le 11 septembre 2001. L’étudiante de 17 ans, venue de Géorgie, apprécie le «coup de pinceau tellement brut» de l’ex-président républicain, sans «rigidité».
«Ce n’est pas du réalisme. Il traduit les émotions qu’il ressent et parvient à les transmettre parfois mieux que ce que, nous, on peut presque prendre pour un film» à la vue d’archives, développe-t-elle auprès de l’AFP.
Comme Churchill
«C’est plus émouvant, vous voyez vraiment la souffrance au lieu de juste vous dire: “C’est arrivé il y a 20 ans, c’est loin de moi”. Ça vous reconnecte vraiment à ces gens-là», reprend-elle.
«Regarder les œuvres n’a pas fait juste remonter le souvenir de tout ce qu’il s’était passé, mais le souvenir de l’unité qui s’était créée» aussi, décrit à l’AFP Farran Burnette, éducatrice âgée de 40 ans.
«Le fait que le peintre ait été président des États-Unis donne une portée particulière», estime-t-elle. «Le voir à travers son regard est vraiment puissant.»
Deux toiles centrées sur des pompiers se distinguent, l’un aux traits mordorés, l’autre ocre et jaune.
George W. Bush, 80 ans depuis juillet, présidait les États-Unis depuis moins de huit mois au moment des attentats du 11 septembre.
Il est venu à la peinture en 2012, trois ans après avoir quitté la Maison-Blanche, inspiré par l’essai de Winston Churchill La peinture, mon passe-temps.
L’ex-président, qui vit à Dallas, a consacré de précédentes expositions à des vétérans de l’armée américaine et à des visages issus de l’immigration.
Le 11 septembre 2001, 2977 personnes ont péri dans les attentats commis par l’organisation jihadiste Al-Qaïda. Un quatrième avion, qui semblait cibler le Capitole ou la Maison Blanche, s’est écrasé en Pennsylvanie (est), après une contre-attaque des passagers.
