La famille montréalaise d’un homme décédé à New York le 11 septembre 2001 va retourner sur le site de Ground Zero pour marquer le 25e anniversaire des attentats.
Frank Doyle se trouvait dans la tour sud quand les avions ont percuté le bâtiment. Il fait partie des 24 Canadiens qui ont perdu la vie le 11 septembre.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
À l’époque, CTV News avait rencontré Kimmy Chedel à Ground Zero, alors qu’elle cherchait son mari.
«Je sais qu’il est en vie», avait-elle dit. «Mais je ne sais pas si on va le retrouver à temps.»

Homme accompli et sportif, Frank Doyle avait 39 ans et était le père de deux jeunes enfants, Zoé et Garrett.
«Il m’a dit: “Je sais que tu le sais déjà, mais je t’aime, et j’aime aussi Zoé et Garrett, et je veux que tu leur dises ça tous les jours de leur vie”», avait-elle raconté à l’époque.

25 ans plus tard, Mme Chedel n’a jamais manqué une cérémonie commémorative.
«C’est tellement important de se souvenir de toutes les vies qui ont été perdues, mais pour moi, entendre le nom de Frank, c’est vraiment essentiel», a-t-elle dit.
Elle et ses enfants, aujourd’hui de jeunes adultes, sont retournés plusieurs fois à Ground Zero. Cette année, ils y retourneront.
Zoe et Garrett n’avaient que 2 ans et 1 an lorsque leur père est décédé. Un accompagnateur de deuil a encouragé la mère à vivre pleinement pour le bien de ses enfants.

«Trouvons un moyen d’honorer Frank. Tu dois juste vivre. Et j’ai tout de suite compris que Frank aurait voulu qu’on continue à vivre.»
— Kimmy Chedel
Ce couple de sportifs a décidé d’honorer la mémoire de son défunt mari à travers des événements sportifs, en créant des équipes avec la famille et les amis.
«On a nagé jusqu’à Alcatraz, on est allés au camp de base de l’Everest et on a gravi le Kilimandjaro. Ça a joué un rôle important dans le processus de guérison et ça a permis à mes enfants de découvrir à quel point leur papa était quelqu’un d’exceptionnel», a-t-elle expliqué.
En 2017, après un voyage en Afrique, Mme Chedel a décidé de créer une fondation pour construire des écoles maternelles dans des villages ruraux d’Afrique du Sud, avec pour objectif d’en construire 30. Elles en sont déjà à 19.
«C’est vraiment devenu ma raison d’être, et j’ai compris qu’aider les autres, c’est ce qui me permet de guérir», a-t-elle confié.

Ces écoles ne se contentent pas d’offrir une éducation précoce aux enfants ; elles fournissent aussi de l’eau, du travail et des opportunités aux autres villageois.
Son fils Garrett a expliqué qu’elles offraient aussi une chance d’autre chose. «Ce que je trouve magnifique avec Team Frank, c’est que si on s’y prend bien, mon père me survivra. Et il y a quelque chose de beau là-dedans», a-t-il dit.
Aujourd’hui âgée de 60 ans, Mme Chedel a dû faire face à d’autres épreuves depuis la perte de son mari. En 2019, elle a soudainement perdu un autre compagnon, François, emporté par un cancer du côlon. Il avait 44 ans.
«Il a reçu son diagnostic officiel le 19 novembre: un cancer de stade 4», a-t-elle raconté. «En moins de 90 jours, il nous avait quittés.»

Son père est également décédé subitement peu après, et la même semaine, on lui a diagnostiqué un cancer de la thyroïde.
«Ma vie a été marquée par les tragédies, par le fait de rebondir après chaque perte et d’essayer d’y trouver du positif», a-t-elle avoué.

