La police espagnole a annoncé mercredi l’arrestation de deux personnes soupçonnées d’avoir exploité des migrants à Ceuta en leur faisant payer un hébergement de fortune dans des garages, dans des conditions jugées particulièrement précaires.
Des dizaines de milliers de migrants étaient entrés en force fin juillet depuis le Maroc à Ceuta, une des deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord avec Melilla.
Si la plupart sont retournés depuis au Maroc, ils sont encore plusieurs milliers dans la ville autonome, où la situation s’est dégradée et est sources de tensions avec les habitants.
Les suspects arrêtés «ont réalisé d’importants gains financiers en profitant de la situation de vulnérabilité particulière de migrants récemment arrivés dans la ville», a indiqué la police dans un communiqué.
Une vingtaine de sans-papiers, qui devaient chacun payer 30 euros par jour, ont dû dormir «à même le sol» dans des garages «dépourvus de conditions adéquates», a-t-on précisé de même source.
Selon la police, les deux suspects facturaient également la recharge des téléphones de ces migrants en situation irrégulière et les menaçaient de mort afin de les dissuader de dénoncer leurs agissements.
Les deux individus proposaient également aux migrants de rejoindre clandestinement la péninsule espagnole en échange de 6000 euros, sans qu’il soit précisé par la police si un tel transfert avait effectivement eu lieu.
La police espagnole avait annoncé en août avoir arrêté cinq personnes soupçonnées de demander jusqu’à 9 000 euros à des migrants arrivés fin juillet à Ceuta pour les transporter en bateau vers la péninsule.
L’enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord, constitue avec celle de Melilla les seules frontières terrestres européennes avec l’Afrique.
Elles bénéficient d’un système dérogatoire au sein de l’espace Schengen européen, qui empêche de fait les personnes s’y trouvant de se rendre sur la péninsule sans contrôle frontalier.
