Un navire de charge qui traversait le détroit d’Ormuz en suivant une route approuvée par les Nations unies a été touché jeudi par un projectile, a indiqué l’armée britannique, alors que plusieurs pétroliers quittaient le détroit en empruntant le même itinéraire.
L’auteur du tir et le type de navire qui a été pris pour cible étaient inconnus.
Cette attaque a été signalée quelques heures après que l’Iran a menacé les navires pour qu’ils cessent d’emprunter la route traversant le détroit sans l’autorisation de Téhéran.
Le centre britannique des opérations commerciales maritimes a indiqué que le navire avait subi des dommages, mais n’a signalé aucune victime ni aucun impact environnemental résultant de cette attaque au large des côtes d’Oman.
L’ouverture d’un passage alternatif par cette voie navigable vitale permet d’alléger la pression sur l’économie mondiale et prive l’Iran de son principal moyen de pression dans les négociations en cours avec les États-Unis.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en visite dans le Golfe pour rassurer les alliés des États-Unis, a déclaré que Washington s’engageait en faveur de cette nouvelle route et veillerait à ce que les navires puissent transiter par le détroit.
«Si cela cesse, alors nous allons avoir un problème», a prévenu M. Rubio plus tôt jeudi.
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Le trafic dans le détroit a augmenté ces derniers jours, mais restait encore bien en deçà des niveaux d’avant-guerre. Jeudi, le prix du pétrole est brièvement passé sous son dernier cours d’avant-guerre, qui s’établissait à un peu moins de 73 $ US le baril, signe que le marché estime que la situation s’améliore.
L’Iran et les États-Unis débattent de plus en plus des termes de l’accord provisoire signé la semaine dernière visant à mettre définitivement fin au conflit avec l’Iran – qu’il s’agisse du passage des navires par l’étroite embouchure du golfe Persique ou de l’avenir des stocks iraniens d’uranium hautement enrichi.
En vertu du protocole d’accord, les États-Unis et l’Iran ont convenu d’une période de 60 jours pour régler les détails. Alors que les pourparlers se déroulent à huis clos, le président américain Donald Trump et les dirigeants iraniens semblent négocier en public, échangeant des menaces et annonçant des concessions que la partie adverse nie.
Pendant ce temps, la recrudescence des combats au Liban entre Israël et les militants du Hezbollah soutenus par l’Iran menaçait l’accord. Le Liban affirme que cinq personnes ont été tuées par des frappes israéliennes au cours des deux derniers jours.
Des pétroliers traversent le détroit d’Ormuz
Des pétroliers, menés par le navire Stoic Warrior, ont longé jeudi matin les côtes des Émirats arabes unis puis d’Oman, passant près de la péninsule d’Oman de Musandam, assez près du rivage — un itinéraire défini par l’Oman et l’Organisation maritime internationale (OMI), une agence des Nations unies chargée de superviser la navigation maritime.
Au nord de cette route se trouve le couloir de séparation du trafic, au centre du détroit, où les navires circulaient librement avant la guerre, transportant environ un cinquième de l’ensemble du pétrole et du gaz naturel mondiaux.
Cependant, au moins une mine a été repérée à cet endroit après que la Garde révolutionnaire a déclaré avoir miné le passage pendant la guerre, qui a débuté le 28 février avec des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.
Bien que certains navires aient réussi à sortir du détroit grâce au soutien militaire américain, l’initiative de l’agence des Nations unies est la dernière en date visant à libérer les navires bloqués. L’entreprise maritime Maersk a indiqué que son porte-conteneurs, le Maersk Baltimore, ainsi qu’un autre navire affrété avaient également réussi à sortir du détroit jeudi.
La semaine dernière, 125 navires ont traversé le détroit, contre 33 la semaine précédente, selon la société de données et d’analyses maritimes Lloyd’s List Intelligence.
Selon S&P Global, 78 transits ont été enregistrés mercredi, soit le nombre le plus élevé depuis le début de la guerre. Ce chiffre reste toutefois inférieur à la moyenne quotidienne de 130 passages ou plus enregistrée avant la guerre.
«Des opérateurs opportunistes – et ils sont nombreux – enhardis par la baisse du risque lié au transit, ou du moins par ce qu’ils perçoivent comme une baisse de ce risque, ont commencé à s’attaquer au retard accumulé par les cargaisons bloquées pendant le conflit», a exposé Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List.
L’Iran lance une menace sévère
La branche navale des Gardiens de la révolution, réagissant apparemment à la nouvelle route définie par l’OMI et à l’augmentation du trafic, a lancé jeudi un avertissement virulent, relayé par l’agence de presse officielle iranienne IRNA.
«Il y a quelques heures, sans préavis ni coordination avec la République islamique d’Iran, certaines autorités ont annoncé un nouvel itinéraire pour le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, ce qui est inacceptable et extrêmement dangereux», a signalé la force paramilitaire.
«Nous informons par la présente tout le monde que la seule route autorisée pour traverser le détroit d’Ormuz est celle déclarée par la République islamique d’Iran, a-t-elle soutenu. La circulation des navires en dehors de ces routes est extrêmement dangereuse et interdite.»
«Les contrevenants seront sanctionnés», a-t-elle ajouté, sans donner plus de détails.
Mercredi, la Garde révolutionnaire a menacé un pétrolier par radio, un soldat l’avertissant: «Vous êtes à portée de mes missiles et je pourrais bien ouvrir le feu sur vous», selon la société de sécurité privée Ambrey.
Aucun péage, promet Rubio
Pendant ce temps, Marco Rubio rencontrait les ministres des Affaires étrangères des six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour leur garantir que leurs intérêts seraient protégés dans tout accord conclu avec l’Iran.

Ces pays, parmi lesquels figurent d’importants producteurs d’énergie dont les exportations dépendent du détroit, ont été la cible d’attaques de la part de l’Iran après le début de la guerre.
«Aucune disposition de cet accord ne discrédite en quoi que ce soit la sécurité, la stabilité ou la prospérité de nos partenaires de la région du Golfe», a assuré M. Rubio lors de la réunion à Bahreïn, où est basée la Cinquième flotte de la marine américaine.
Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid al-Zayani, a remercié les États-Unis pour leur soutien, déclarant que grâce à cet accord, «nous voyons aujourd’hui une lueur d’espoir pour notre région», mais a souligné qu’il était «d’une importance cruciale que l’Iran respecte ses obligations».
Le Liban demeure un point chaud
La trêve entre les forces israéliennes et le Hezbollah, qui avait débuté dimanche, a commencé à s’ébrécher après qu’Israël a déclaré avoir pris pour cible des militants du Hezbollah.
Le ministère libanais de la Santé a indiqué jeudi que trois personnes avaient été tuées lors d’une frappe israélienne contre une voiture dans le sud du Liban.
Le Hezbollah a qualifié ces récentes frappes de violation du cessez-le-feu, mais n’a pas riposté. L’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat cette dernière attaque, qui est survenue alors que des responsables libanais et israéliens se trouvaient à Washington pour discuter d’un projet de retrait progressif des troupes israéliennes du sud du Liban.
L’armée israélienne a annoncé jeudi qu’un soldat de réserve avait été tué et un autre blessé dans le sud du Liban, où les troupes occupent de vastes portions du territoire.
Plus de 4000 personnes ont été tuées au Liban lors de frappes israéliennes depuis le début de cette dernière guerre entre Israël et le Hezbollah en mars, deux jours après le début de la guerre avec l’Iran et alors que le groupe militant libanais avait ouvert le feu sur Israël.
Au moins 37 soldats ont été tués au Liban ou dans le nord d’Israël au cours des combats.


