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Crise du Groenland: Bessent vante les relations solides entre les É.-U. et l’Europe

«Je pense que nos relations n’ont jamais été aussi étroites.»

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Un pêcheur navigue entre les glaces au large de Nuuk, au Groenland, le lundi 19 janvier 2026. Un pêcheur navigue entre les glaces au large de Nuuk, au Groenland, le lundi 19 janvier 2026. (Evgeniy Maloletka)

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a avancé mardi que les relations entre les États-Unis et l’Europe restaient solides et a exhorté les partenaires commerciaux à prendre leur mal en patience et à laisser les tensions alimentées par les nouvelles menaces de droits de douane de l’administration Trump concernant le Groenland se calmer.

«Je pense que nos relations n’ont jamais été aussi étroites», a-t-il affirmé en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

Donald Trump a annoncé samedi une taxe à l’importation de 10 % à compter de février sur les marchandises en provenance de huit pays européens qui se sont ralliés au Danemark à la suite de ses appels de plus en plus pressants en faveur de l’annexion du Groenland par les États-Unis.

Le président américain a insisté sur le fait que les États-Unis ont besoin de ce territoire pour des raisons de sécurité face aux menaces potentielles de la Chine et de la Russie.

Les menaces du dirigeant américain ont suscité l’indignation et une intense activité diplomatique à travers l’Europe, les dirigeants envisageant des contre-mesures possibles, notamment des droits de douane punitifs et le recours, pour la première fois, à l’instrument anti-coercition de l’Union européenne (UE).

L’UE dispose de trois principaux outils économiques pour faire pression sur Washington: de nouveaux droits de douane, la suspension de l’accord commercial UE-États-Unis et le «bazooka commercial» – terme officieux désignant l’instrument anti-coercition de l’UE, qui pourrait sanctionner les personnes ou institutions exerçant des pressions indues sur l’Union.

Plus tôt mardi, Donald Trump a mentionné sur les médias sociaux avoir parlé avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et avoir «accepté une réunion des différentes parties à Davos, en Suisse», où elles participeront cette semaine à la réunion annuelle du Forum économique mondial.

M. Trump a également publié un texto d’Emmanuel Macron dans lequel le président français suggérait une réunion des membres du G7 à Paris après Davos.

Groenland: Trump et son administration durcissent le ton sur les surtaxes douanières Washington n'a montré aucun signe d’apaisement lundi envers les Européens en lien avec la saga du Groenland.

Plus tard, Donald Trump a cependant publié des images retouchées de manière provocatrice. Sur l’une d’elles, on le voit planter le drapeau américain à côté d’un panneau indiquant «Groenland, territoire américain, établi en 2026». L’autre photo le montrait dans le bureau Ovale, à côté d’une carte où le Groenland et le Canada étaient recouverts du drapeau américain.

Signe de la montée des tensions ces derniers jours, des milliers de Groenlandais ont manifesté ce week-end pour protester contre toute tentative d’annexion de leur île. Le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a souligné lundi sur Facebook que les menaces de droits de douane ne les feraient pas changer d’avis.

Dans sa dernière menace de droits de douane, M. Trump a indiqué que ces taxes à l’importation seraient une riposte au déploiement, la semaine précédente, d’un nombre symbolique de soldats européens au Groenland. Il a également laissé entendre qu’il utilisait ces droits de douane comme moyen de pression pour négocier avec le Danemark.

Les marchés européens ont ouvert en forte baisse mardi et les contrats à terme américains ont encore chuté, sur fond de tensions croissantes autour du Groenland. Les indices de référence en Allemagne, en France et au Royaume-Uni ont reculé d’environ 1 %.

La bourse américaine étant fermée lundi pour cause de jour férié, les marchés financiers ont réagi avec une relative modération à la menace du président Donald Trump d’imposer une taxe supplémentaire de 10 % sur les exportations de huit pays européens opposés à sa volonté d’étendre son contrôle sur le Groenland.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a défendu mardi sa décision de céder la souveraineté des îles Chagos à Maurice, après que le président américain Donald Trump a attaqué ce projet, que son administration avait pourtant soutenu.

Le président américain estime que renoncer à cet archipel isolé de l’océan Indien, qui abrite une base navale et de bombardiers américaine d’importance stratégique, est une erreur monumentale qui démontre la nécessité pour lui de prendre le contrôle du Groenland.

Le Royaume-Uni a signé un accord en mai accordant à Maurice la souveraineté sur les îles, tout en louant l’île de Diego Garcia, où se trouve la base américaine, pour au moins 99 ans.