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Accident ferroviaire en Espagne: l’identification des victimes face à l’angoisse des familles

Pedro Sánchez a réaffirmé «l’engagement» de «communiquer (aux familles) le sort de leurs proches au fur et à mesure que progresse l’ensemble du processus d’identification.»

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Tragédie ferroviaire en Espagne: le premier ministre veut éclaircir les moindres détails de l'accident Au lendemain de l'accident ferroviaire ayant fait au moins 69 victimes dans le centre de l'Espagne, le premier ministre Pedro Sánchez réclame que la lumière soit faite sur les causes de la tragédie.  Les secours sont toujours déployés sur les lieux et poursuivent leurs recherches dans les voitures endommagées.

L’Espagne a intensifié vendredi le travail d’identification des victimes de la collision de deux trains qui a fait au moins 69 morts mercredi dans le centre du pays, afin de répondre à l’angoisse des familles qui restent sans nouvelles de leurs proches.

«Nous travaillons sans relâche, tous services de l’État confondus (…) pour tenter de fournir le maximum d’informations le plus rapidement possible, de manière fiable, aux familles des victimes», a déclaré le premier ministre Pedro Sánchez à l’issue d’une réunion avec les services de secours près d’Urda, où s’est produite la catastrophe, la seconde de cette ampleur en moins d’un an dans le pays, après celle d’Adamuz (sud), qui avait fait 46 morts en janvier.

M. Sánchez a réaffirmé «l’engagement» de «communiquer (aux familles) le sort de leurs proches au fur et à mesure que progresse l’ensemble du processus d’identification (…) des victimes de ce terrible accident», survenu lorsqu’un train de la compagnie publique Renfe est venu percuter par l’arrière un autre train de la compagnie privée Iryo, à l’arrêt sur la voie, à 150 kilomètres au sud de Madrid.

Des personnes à la recherche de proches qui se trouvaient à bord des trains impliqués dans une collision se rassemblent dans une résidence religieuse transformée en centre médical provisoire à Tolède, en Espagne, le 29 octobre 2026. Des personnes à la recherche de proches qui se trouvaient à bord des trains impliqués dans une collision se rassemblent dans une résidence religieuse transformée en centre médical provisoire à Tolède, en Espagne, le 29 octobre 2026. (Andrea Comas/AP Photo/Andrea Comas)

«Nous faisons ce que nous pouvons, nous pleurons, j’ai mes deux enfants ici qui me soutiennent beaucoup, mais nous traversons des moments très difficiles», a assuré de son côté Javier Barrio, à la recherche de son épouse, qui effectuait un dernier déplacement professionnel à bord de l’un des trains accidentés avant de prendre sa retraite.

«Je n’ai pas la confirmation du décès», mais «les chances» de la retrouver vivante sont «infimes», a reconnu cet homme présent à Tolède, dont la morgue accueille les opérations d’identification et où des dizaines de proches attendent des nouvelles, les nerfs à vif.

D’autres décès «pas exclus»

Emiliano García-Page, le président de la région Castille-La Manche, où les faits se sont produits, a précisé que «70 signalements pour disparition» avaient été enregistrés. Ce qui pourrait correspondre aux personnes décédées.

Pour faciliter le travail d’identification, les familles ont fourni leur ADN.

«Nous n’excluons pas qu’il puisse y avoir davantage de morts», a averti M. García-Page, en précisant qu’en plus d’avoir récupéré «des corps complets», les secouristes ont rassemblé «jusqu’à 31 sacs contenant des restes partiels et cela, comme vous pouvez l’imaginer, rend l’identification extrêmement complexe».

Accident ferroviaire: au moins six Canadiens parmi les blessés en Espagne Au moins six Canadiens ont été blessés mercredi lors d’un accident de train à grande vitesse survenu en Espagne, selon Mark Carney.

À ce stade, «48 autopsies» ont été réalisées et «5 identifications ont été communiquées aux familles des victimes», a précisé jeudi soir l’organisme judiciaire chargé de ce travail.

Trente-neuf blessés sont toujours hospitalisés, mais tous présentent «une évolution (de leur état de santé) raisonnablement positive», a ajouté M. García-Page.

Avec l’aide de trois énormes grues blanches et de chiens, les opérations de recherches de victimes se poursuivaient vendredi parmi l’amas de ferraille que sont devenus plusieurs wagons, même s’il «reste de moins en moins de choses à découvrir», a déclaré à la télévision publique TVE Esther Padilla, porte-parole du gouvernement de Castille-La Manche.

Environ 200 km/h

Parallèlement à ce travail d’identification, l’enquête sur les causes de l’accident se poursuit dans un climat de stupeur, l’Espagne étant un pays où le train est un moyen de transport très utilisé.

Le ministre des Transports, Óscar Puente, qui a pointé du doigt une «erreur» humaine et des «circonstances inexplicables», a expliqué que les faits avaient débuté par une panne informatique ayant obligé plusieurs trains à s’arrêter.

Mais, selon les premiers éléments, peu après, un «ordre erroné» a été donné depuis le centre de contrôle de Madrid pour que le train de la Renfe reprenne sa marche.

Des grues soulèvent des wagons accidentés tandis que les secouristes recherchent des victimes à la suite d'une collision entre deux trains à Urda, en Espagne, le 29 octobre 2026. Des grues soulèvent des wagons accidentés tandis que les secouristes recherchent des victimes à la suite d'une collision entre deux trains à Urda, en Espagne, le 29 octobre 2026. (Manu Fernandez/AP Photo/Manu Fernandez)

Ce train aurait ensuite percuté l’autre, à l’arrêt, «à une vitesse estimée entre 160 et 200 km/h», selon une première note d’information de l’autorité administrative indépendante chargée d’enquêter sur ces accidents.

«La confiance dans le système de trains à grande vitesse de notre pays est entamée», a reconnu vendredi Pedro Sánchez, face aux critiques croissantes de l’opposition de droite à moins d’un mois des élections législatives du 29 novembre, lors desquelles le dirigeant socialiste brigue sa réélection alors que les sondages lui sont défavorables.

«Le rôle du gouvernement n’est pas seulement d’établir un diagnostic, mais de connaître les causes» et «d’offrir des solutions pour qu’une tragédie d’une telle ampleur (… ) ne se reproduise pas», a-t-il conclu.