Une maladie de la pomme de terre qui a déjà causé des ravages dans la principale culture de l’Île-du-Prince-Édouard met une nouvelle fois à rude épreuve une relation commerciale transfrontalière majeure.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) indique que la galle verruqueuse de la pomme de terre a récemment été détectée dans des échantillons de sol prélevés dans un champ de pommes de terre de l’Île-du-Prince-Édouard. En réponse, le National Potato Council, basé à Washington, D.C., aux côtés de 13 organisations de producteurs de pommes de terre des États-Unis, demande le rétablissement d’une interdiction antérieure sur les importations de pommes de terre fraîches en provenance de l’Île-du-Prince-Édouard.
«Ce serait un coup dur pour l’industrie», a affirmé Bill Zylmans, président du Conseil canadien de la pomme de terre.
En 2024, l’Île-du-Prince-Édouard a exporté pour environ 153 millions de dollars de pommes de terre fraîches ou réfrigérées vers les États-Unis.
Alors que les groupes de producteurs de pommes de terre au sud de la frontière considèrent la maladie comme une menace, les autorités de réglementation canadiennes et les dirigeants de l’industrie affirment que cette dernière détection démontre que le système fonctionne.
Un porte-parole de l’ACIA a confirmé jeudi qu’il n’y avait actuellement aucun signe de symptômes sur les tubercules de pomme de terre ni de propagation à d’autres champs. De plus, la ferme où la détection a eu lieu n’exporte pas de pommes de terre.
La galle verruqueuse de la pomme de terre ne présente aucun risque pour la santé humaine ou animale, mais elle peut réduire les rendements et défigurer les tubercules.
Dans une lettre datée du 18 mai adressée au ministère américain de l’Agriculture, le PDG du Conseil national de la pomme de terre, Kam Quarles, a exhorté l’organisme de réglementation à prendre des mesures.
«Si la galle verruqueuse de la pomme de terre venait à se propager aux États-Unis, cela aurait de graves conséquences», a écrit M. Quarles.
Il affirme que cela pourrait entraîner une perte immédiate d’accès à tous les marchés internationaux de pommes de terre fraîches, ce qui coûterait aux producteurs américains plus de 225 millions de dollars en pertes annuelles directes à l’exportation. De plus, cela « entraînerait des conséquences économiques dévastatrices » pour les fermes familiales.
M. Zylmans a défendu ces expéditions.
«Il n’y a pas de terre sur ces pommes de terre», a-t-il soutenu.
«Ce sont des pommes de terre propres, emballées et fraîches, qui peuvent être consommées n’importe où.»
— Bill Zylmans, président du Conseil canadien de la pomme de terre
L’ACIA précise que l’Île-du-Prince-Édouard reste soumise au Plan national d’intervention contre la galle de la pomme de terre, qui comprend l’échantillonnage du sol, la surveillance, des restrictions de déplacement, des exigences de traçabilité et une surveillance réglementaire.
M. Quarles indique que la dernière détection a eu lieu dans un champ entièrement nouveau, «sans aucun lien avec les découvertes précédentes».
Mais Greg Donald, directeur général du P.E.I. Potato Board, affirme que le champ se trouve à «proximité géographique immédiate» de la zone associée aux détections précédentes.
«Il n’y a eu, et il n’y a toujours, aucun risque pour l’industrie de la pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard ni pour aucun de ses marchés nationaux et internationaux», a affirn. M. Donald dans une déclaration écrite adressée à CTV News.
Le ministère de l’Agriculture de l’Île-du-Prince-Édouard a indiqué que le ministre de l’Agriculture, Bloyce Thompson, s’était entretenu avec son homologue fédéral, Heath MacDonald, à ce sujet, et qu’il continuait de suivre la situation de près.
Le département américain de l’Agriculture n’a pas répondu aux questions visant à savoir s’il modifierait les règles frontalières actuelles avant la date limite.

