Des conditions météorologiques extrêmes sont prévues pour les mois à venir, en raison d’un El Niño qui pourrait s’avérer puissant et qui, selon les prévisions publiées mardi par les Nations Unies, entraînera une hausse des températures mondiales.
Bien que cela risque de provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes ici au Canada, David Phillips, climatologue à Environnement et Changement climatique Canada, prévient que les conséquences pourraient varier d’une région à l’autre.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Selon l’Organisation météorologique mondiale, le phénomène climatique El Niño «se caractérise par un réchauffement des températures de surface de l’océan dans le centre et l’est du Pacifique équatorial». Il se produit généralement tous les deux à sept ans et dure entre neuf et douze mois.
Le climatologue a affirmé que les prévisions comportaient beaucoup d’incertitudes, mais que c’était généralement le schéma observé.
«Il n’y a pas d’équilibre météorologique», a-t-il dit à CTVNews.ca. «Soit certaines régions subissent des conditions météorologiques extrêmes, soit d’autres n’en subissent aucune, ce qui amplifie et exacerbe les extrêmes.»
L’année suivant El Niño est généralement plus chaude
Au cours des 70 dernières années, il y a eu 29 épisodes d’El Niño, mais que seuls trois d’entre eux ont été classés comme des «super El Niño» – un seuil de réchauffement des températures de surface de la mer de deux degrés ou plus, selon le climatologue.
En examinant les trois derniers super El Niño – 1997-1998, 2015-2016 et 2023-2024 –, il a remarqué que ces conditions météorologiques extrêmes ont généralement un impact sur les hivers au Canada l’année suivante.
«Comme (El Niño) commence en 2026, mais qu’il se prolongera jusqu’à l’année suivante, une grande partie de cette chaleur résiduelle dans les océans réchauffera l’air en 2027», a expliqué David Phillips.
L’année 1998 a été la cinquième année la plus chaude en 80 ans, tandis que 2016 a été la septième plus chaude et 2024 la plus chaude jamais enregistrée.
Par exemple, en 2024, Ottawa n’a reçu que 60% de ses chutes de neige habituelles, les températures ont été supérieures de plus de quatre degrés à la normale, il n’y a eu aucun jour où la température est descendue en dessous de -20 °C (la moyenne est de 16 jours) et il n’a pas été possible de patiner sur le canal Rideau en raison du temps doux.
«Cela montre bien qu’El Niño, qu’il soit faible ou modéré, fort ou très fort, nous fait vraiment vivre des hivers plus doux et moins rigoureux au Canada», a rapporté le climatologue.

Par ailleurs, l’été suivant, certaines régions du Canada ont connu de graves feux de forêt, notamment à Jasper, en Alberta, ce qui a contraint la plupart des résidents à une évacuation massive.
Cependant, David Phillips souligne que, bien qu’El Niño ait un impact, de nombreux facteurs entrent en jeu en matière de conditions météorologiques.
«Il a un effet sur nos hivers, et l’été suivant, il peut y avoir des répercussions», a-t-il ajouté.
Selon lui, El Niño sert davantage d’alerte que de prévision détaillée de ce qui va arriver.
«C’est presque comme si on disait simplement qu’il ne fera ni chaud ni froid, mais que cela aura des répercussions», a-t-il avancé. «Vous allez connaître des sécheresses, des inondations, des tempêtes ou des crues, alors commencez à vous y préparer et faites ce que vous pouvez pour les éviter.»
