Environnement

Une saison estivale propice aux feux de forêt dans plusieurs régions du pays

Le début de la saison des feux de forêt a été plus lent qu’en 2025, mais le risque d’incendie pour la saison estivale demeure élevé.

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Un avion bombardier d'eau du Québec aide à combattre un feu de forêt dans la région d'Irishtown, au Nouveau-Brunswick, le lundi 11 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE Un avion bombardier d'eau du Québec aide à combattre un feu de forêt dans la région d'Irishtown, au Nouveau-Brunswick, le lundi 11 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Ron Ward)

Environnement et Changement climatique Canada prévoit des conditions météo favorables aux feux de forêt dans les prochains mois pour plusieurs régions du pays, dont le sud du Québec.

Le début de la saison des feux de forêt de cette année a été plus lent qu’en 2025, mais le risque d’incendie pour la saison estivale demeure élevé.

«Les conditions observées au printemps ne sont pas toujours révélatrices de ce que nous réserve le reste de la saison et les saisons des feux au Canada sont extrêmement variables et les conditions peuvent changer très rapidement», a expliqué Yan Boulanger, un porte-parole de Ressources naturelles Canada, lors d’une séance d’information technique à l’intention des médias jeudi matin.

Pour les mois de juin et juillet, les conditions météorologiques propices aux incendies devraient être au-dessus de la normale saisonnière pour presque toutes les provinces du pays, selon les fonctionnaires fédéraux.

«Nous pouvons constater des indications de températures supérieures à la normale pour presque toutes les régions canadiennes, avec des probabilités plus élevées en Colombie-Britannique, dans le sud des Prairies, dans l’est du Québec jusqu’au Labrador», incluant les provinces de l’Atlantique, a expliqué le directeur du Service météorologique d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Sébastien Chouinard.

«Nos prévisions indiquent qu’il y aura moins de précipitations que la normale saisonnière dans le sud de l’Ontario et le sud du Québec», a ajouté Sébastien Chouinard.

Une soixantaine de feux actifs

Dans l’ensemble du pays, 65 feux sont actifs en date du 28 mai, dont six qui ne sont actuellement pas maîtrisés.

Les importantes précipitations au cours des six derniers mois dans plusieurs régions pourraient retarder les conditions propices aux feux de forêt.

Yan Boulanger a précisé que la saison des feux a commencé de «manière relativement calme» cette année, avec une «superficie totale brûlée qui représente moins de 5 % de la moyenne décennale pour cette période de l’année», avec 180 kilomètres carrés recensés à ce jour, contre une moyenne de 5190 km2 sur les dix dernières années.

«Le nombre d’incendies observés depuis le début de la saison est également légèrement inférieur», a précisé le porte-parole de Ressources naturelles Canada.

La saison des feux de forêt de 2025 a été la deuxième pire jamais enregistrée au Canada, avec près de 90 000 kilomètres carrés ravagés en septembre – une superficie supérieure à celle du Nouveau-Brunswick.

On a dénombré 6000 feux de forêt au pays l’an dernier, forçant 76 000 personnes à quitter leur domicile.

Les communautés des Premières Nations sont touchées de manière disproportionnée par les feux de forêt.

En 2025 seulement, 44 920 personnes résidant dans des réserves de 61 Premières Nations ont été déplacées de leur maison en raison d’incendies de forêt.

Lors d’une conférence de presse jeudi midi, la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, a rappelé que les changements climatiques «entraînent des étés plus longs et plus secs, ce qui contribue à accroître le risque de feux de forêt».

Le gouvernement, a-t-elle indiqué, «est prêt à intervenir, en fournissant aux communautés des informations fiables et opportunes afin qu’elles puissent agir rapidement lorsque des incendies menacent la sécurité publique».

Ottawa invite les citoyens à se tenir au fait des risques dans leur région en consultant le «système d’information sur les feux de végétation», un outil qui permet de surveiller les conditions propices au feu dans les différentes régions du pays.

Différents modèles, différentes prévisions

Contrairement à MétéoMédia, qui prévoit des températures sous les normales saisonnières, ainsi que des précipitations au-dessus des normales pour l’est du pays en raison notamment d’El Niño, les modèles météorologiques d’ECCC penchent vers un été sec et chaud.

«On ne prévoit pas une influence forte d’El Niño au Canada pendant l’été», a indiqué jeudi matin Nathan Gillett, chercheur climatique à Environnement et Changement climatique Canada.

Stéphane Blais

Stéphane Blais

Journaliste