Environnement

Tondez-vous votre pelouse trop souvent? Voici une manière de faire plus avantageuse

Il y aurait des bénéfices à ne pas tondre une partie de sa pelouse de l’été.

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Tondez-vous votre pelouse trop souvent? Voici une manière de faire plus avantageuse Une pelouse en santé ne serait pas complètement et régulièrement tondue. Une étude tend à démontrer aux Québécois que réduire la tonte de sa pelouse a «des bienfaits bien au-delà des pollinisateurs».

Une pelouse en santé ne serait pas complètement et régulièrement tondue. Une étude tend à démontrer aux Québécois que réduire la tonte de sa pelouse a «des bienfaits bien au-delà des pollinisateurs».

Les Québécois ont «une très belle opportunité» de laisser leur pelouse pousser un brin, lance Tanya Handa d’emblée lors d’un entretien avec le Noovo.Info.

La chercheuse est catégorique: la tonte partielle des pelouses a des avantages considérables sur la biodiversité et au niveau de l’entretien. Cinq ans après le début de ses recherches – en collaboration avec l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie et le parc Jean-Drapeau – la professeure au Département des sciences biologiques de l’UQAM a décidé de partager le résultat des travaux de son équipe afin de démontrer les avantages à ne pas tondre.

Qu’est-ce que la tonte partielle?

La tonte partielle, comme le nom l’indique, consiste à laisser «un certain pourcentage de sa pelouse fleurir» et diversifier la fréquence de tonte dans le but de diversifier les plantes dans nos pelouses, mentionne Mme Handa. Grâce à cette méthode, de nouvelles espèces viendront s’y établir avec le temps. Et «le plus qu’on a de diversité végétale, plus ça nous aide à soutenir d’autres types de biodiversité», rappelle la professeure de l’UQAM.

Tonte partielle (Laissepousserunbrin.ca)

De plus en plus de municipalités au Québec encouragent d’ailleurs ses citoyens à être plus sensibilisés face à leur tonte de pelouse.

L’an dernier, la Ville de Sherbrooke s’apprêtait à permettre à ses citoyens à choisir d’autres alternatives au gazon traditionnel devant leurs résidences.

Les gens pourraient opter, par exemple, pour des fleurs sauvages, un couvre-sol ou un potager, ce que la réglementation permettra en juillet 2026.

Que dois-je faire avec ma pelouse?

Mme Handa ajoute que, bien qu’il soit essentiel de tondre dans certains espaces essentiels et publics, il y a plusieurs bénéfices à «laisser certains secteurs non tondus dans nos espaces verts», et ce, tout l’été. «On le voit dans les secteurs moins utilisés et plus difficiles d’entretien et d’accès. En laissant cette pelouse pousser, ça peut être gagnant-gagnant au niveau de l’entretien.»

«Ne pas tondre en mai amène aussi un supplément aux pollinisateurs, mais de laisser la pelouse pousser toute une saison et d’avoir peut-être une fauche annuelle à la fin de l’été et même aux deux ans, ça donne d’autres bénéfices», répond la chercheuse.

Elle soutient qu’une personne qui laisse environ «un 30% de sa pelouse non tondue» avec une longueur plus haute aide à «nourrir le sol et donner une chance à sa pelouse d’être en santé».

À la suite d’observations et d’analyses de secteurs qui ont opté pour la tonte partielle, l’équipe de recherche a découvert «des espaces plus frais de 2,4 °C à leur surface et des sols avec températures plus fraiches». «On peut retenir plus d’eau. La pelouse est plus en santé quand elle est plus longue», souligne Mme Handa.

La professeure ajoute que le Québec fait de plus en plus face à des sècheresses prononcées provoquées par les changements climatiques. Donc, une pelouse plus courte est une pelouse moins résiliente face à cette sècheresse, avance-t-elle.

Afin de sensibiliser les Québécois, Mme Handa a donc lancé récemment Laisse pousser un brin, un site web accompagné de plusieurs capsules vidéos montrant les avantages de la réduction de tonte, mais également les conséquences d’une tonte abusive.

«Notre gestion intensive des pelouses à travers l’utilisation de pesticides et de fertilisants, la surutilisation de l’eau et la tonte fréquente peut contrebalancer négativement les effets positifs attendus. Une gestion intensive peut même rendre les pelouses non résilientes aux conditions météorologiques extrêmes (p.ex. sécheresse) et amplifier des “problèmes” qu’on tente d’éliminer avec la tonte (e.g. herbe à poux, vers blancs).»

—  - Laisse pousser un brin

À quelle fréquence dois-je tondre ma pelouse?

«Ça dépend. La pelouse a un usage récréatif donc on est conscients qu’on ne peut pas arrêter la tonte partout», admet Mme Handa. «Chacun doit aller en fonction de ce qui est possible. Mais si c’est possible de laisser un certain pourcentage de sa pelouse fleurir, ça peut être aidant, ça apporte ces bénéfices», a-t-elle conclu.