Les déchets recyclables, et particulièrement le plastique, figurent parmi les déchets qui se trouvent le plus aux abords de nos routes et sur les rives du Québec.
Au total, près de 4,3 tonnes de déchets - dont plus de 70% sont des matières recyclables - ont été recensées le long des autoroutes et 2,5 tonnes sur les rives dans une première étude menée en 2023 par RECYC‑QUÉBEC. Parmi les matières recyclables, on parle de papier, carton, verre, métal et plastique.
L’étude rapporte que le plastique représente 40,6% du poids des matières en bordure des routes et 44% des objets trouvés sur les rives. Il est suivi par le papier et le carton (16%).
«Le plastique est omniprésent et plusieurs autres matières retrouvées pourraient être recyclées ou récupérées», a souligné Emmanuelle Géhin, présidente‑directrice générale de RECYC‑QUÉBEC.
Selon les résultats de cette étude, les résidus de construction, rénovation et démolition (CRD), comme des morceaux de bois et des briques, représentent une part importante des déchets en bordure des rives. Ils semblent toutefois provenir surtout de la détérioration de structures existantes.
Face à ces enjeux environnementaux, l’organisme RECYC‑QUÉBEC recommande de réduire les déchets à la source en favorisant les produits et contenants réutilisables ainsi que les emballages minimalistes ou sans plastique. Il propose aussi d’utiliser l’application Ça va où? pour déposer les matières au bon endroit et entretenir des gestes simples lors des déplacements, comme garder un sac dans son auto ou de jeter les déchets dans les poubelles aux haltes routières.
«Nous avons une responsabilité individuelle et collective de bien gérer nos déchets, à la maison comme dans les lieux publics et à l’extérieur», a ajouté la présidente‑directrice générale de RECYC‑QUÉBEC. «Faisons ce pas important pour protéger nos milieux naturels et réduire la pression sur l’environnement.»
Du côté de l’île de Montréal, Noovo Info avait rapporté que la municipalité sévissait peu contre les citoyens qui refusaient encore de trier leurs déchets.
En 2024, la Ville avait émis près de 5000 «avis de courtoisie», des autocollants apposés sur les sacs et poubelles des contrevenants. Mais à peine 1000 amendes ont été distribuées.
Mais au-delà de cette volonté de miser sur la sensibilisation, il est aussi très complexe pour les inspecteurs qui constatent des infractions d’identifier les contrevenants.
«Il est difficile de trouver les propriétaires des sacs-poubelle, car il n’y a pas toujours d’éléments d’identification à l’intérieur», avait soutenu le porte-parole de la Ville, Philippe Sabourin.
La Ville avait affirmé vouloir encourager les bons gestes, en rappelant que le tri des déchets est une responsabilité collective.
Le problème du plastique
Entre 2012 et 2020, l’équivalent de plus de 15 milliards de bouteilles en plastique et jusqu’à 14 milliards de sacs d’épicerie en plastique sont devenus des déchets dans l’environnement, selon des données publiées en août 2024 par Statistique Canada.
Le rapport montre que le Canada a produit ou importé 7,1 millions de tonnes de plastique en 2020, soit une hausse de 28 % par rapport à 2012. Les emballages représentaient près d’un tiers du plastique utilisé, et les plastiques de construction, un cinquième. Un septième de ce nombre a été consacré à la fabrication de véhicules et un dixième à la fabrication de pièces électroniques et électriques.
La même année, près de cinq millions de tonnes de plastique ont été jetées, la plupart dans des dépotoirs. Environ un sixième a été détourné pour être recyclé, mais les données n’indiquent pas quelle quantité a réellement été recyclée et quelle quantité a terminé ses jours au dépotoir, finalement.
Une étude réalisée en 2019 pour le gouvernement fédéral a révélé que moins d’un dixième des déchets plastiques au Canada sont recyclés.
Alice Zhu, doctorante en écologie à l’Université de Toronto et chercheuse au laboratoire de recherche Trash Team de la faculté avait souligné que les solutions se trouvent à toutes les étapes du cycle de vie du plastique. Il est essentiel d’abord de réduire la quantité de plastique vierge produit, a-t-elle déclaré, ce qui impliquera d’exiger que davantage de plastique recyclé soit utilisé et de rendre l’utilisation de plastique vierge plus coûteuse que le plastique recyclé.
Actuellement, le nouveau plastique, moins cher et plus facile à fabriquer, domine le marché.
Les données de Statistique Canada montrent que le Canada n’a produit ou importé que 362 000 tonnes de granulés de plastique recyclé en 2020, sur plus de 7,1 millions de tonnes de plastique au total.
Selon Mme Zhu, les municipalités doivent également harmoniser leurs programmes de recyclage, car il est extrêmement déroutant pour les consommateurs de constater que les produits pouvant être recyclés varient considérablement d’une ville à l’autre.
Avec des informations de Noovo Info et La Presse canadienne

